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mercredi, 14 février 2018 06:00

Les États-Unis en passe de devancer l’Arabie saoudite et la Russie : Le pétrole américain inonde les marchés et plombe le prix du baril

Écrit par Rachid Bouarroudj
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Les prix du pétrole européen et américain suivaient des trajectoires opposées, hier, dans les marchés européens alors que les cours reculaient depuis la semaine dernière.

En fait, la solidité des prix a trouvé dans les bassins schisteux américains leur pire ennemi, les exploitations de pétrole non conventionnel aux Etats-Unis tournant à plein régime. Vers 11h10 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en avril valait 62,73 dollars sur l’Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en hausse de 14 cents par rapport à la clôture de lundi mais loin de son record établi début janvier de 70 dollars. A New York, le baril de « Light Sweet Crude » pour le contrat de mars cédait 4 cents à 59,25 dollars.
Les marchés, et surtout l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ainsi que ses partenaires, restent braqués sur les volumes d’extraction de pétrole de schiste américain. Les investisseurs entendaient eux aussi profiter de la vigueur du prix du baril, mais ils ont fini par provoquer une surabondance de l’offre, donc un recul des prix.
Et ce n’est pas fini! L’Agence internationale de l’énergie (AIE) compte revoir à nouveau à la hausse ses prévisions de croissance de la production américaine.
Elle estime ainsi que les États-Unis devraient dépasser à court terme l’Arabie saoudite, puis la Russie, pour devenir le premier producteur mondial de brut avant la fin de l’année. L’AIE y voit ainsi une modification majeure de l’équilibre du marché du pétrole, et souligne comme exemple la livraison de brut américain vers les Emirats arabes unis au début du mois. «Cela aurait semblé incroyable il y a quelques années, mais c’est désormais un signe précurseur du marché à venir», a estimé l’Agence hier.
L’offre de pétrole «progressera probablement plus vite que la demande» cette année, estime l’AIE, dans son rapport mensuel sur le pétrole, qui a également légèrement relevé sa prévision de demande mondiale, qui devrait croître de 1,4 million de barils par jour (mb/j) en 2018, contre une prévision de +1,3 mb/j précédemment. Au total, elle atteindrait 99,2 mb/j.
Pour autant, ce relèvement de prévision de la demande ne devrait pas permettre d’absorber l’augmentation de l’offre provenant de l’exploitation par les États-Unis des hydrocarbures non conventionnels. Le rapport souligne qu’«après avoir considérablement réduit les coûts», les producteurs américains connaissent une «croissance si extraordinaire» et que l’augmentation de leur production en 2018 «pourrait égaler la hausse de la demande mondiale».
Le pays profite ainsi pleinement de la remontée des cours, conséquence de l’accord de réduction de la production entre l’Opep et d’autres pays producteurs, dont la Russie. Cet accord, signé en 2016, court jusqu’à la fin de l’année. Si l’objectif semblait à portée de main, les stocks de produits pétroliers ayant considérablement décru dans les pays membres de l’Ocde en 2017 et les prix ayant connu une belle remontée en deux ans, l’augmentation de l’offre américaine, régulièrement revue à la hausse, commence à inquiéter les marchés.
Depuis novembre, la production américaine de brut a ainsi connu une croissance «colossale», selon l’AIE, avec 846 000 barils de plus produits chaque jour. Une situation particulièrement préoccupante pour l’Opep, qui ne dispose pas de plan ni d’alternative pour contrer le pétrole américain. Pour obtenir plus d’informations sur les niveaux de production des Etats-Unis, les investisseurs attendront la publication du rapport hebdomadaire du Département américain de l’Energie aujourd’hui, ainsi que les données indépendantes de la fédération professionnelle de l’American Petroleum Institute.

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