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mercredi, 14 février 2018 06:00

L’Afrique du Sud en proie à une grave crise politique : Jacob Zuma, une fin de règne qui s’éternise

Écrit par Adlène Badis
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Jacob Zuma campe toujours sur ses positions en refusant d’obtempérer à son parti le Congrès national africain ANC et démissionner de son poste de président. L’ANC tente de le convaincre de prendre la bonne décision pour le pays celle de partir et tourner la page de son passage à la présidence qui n’a pas été de tout repos.

 

 

L’ANC lui donne deux jours en guise de temps lui adressant comme réponse à sa demande de conserver son poste encore deux mois dans une lettre lui ordonnant de céder le pouvoir. La direction de l’ANC a le pouvoir de «rappeler» tous ses membres délégués à une fonction gouvernementale. Elle l’avait fait en 2008 pour le président Thabo Mbeki. Ce dernier avait obtempéré et accepté de démissionner. Mais sur le plan de la procédure, le chef de l’Etat n’est pas obligé d’accepter cette décision. L’ANC peut alors décider de présenter devant l’Assemblée nationale une motion de défiance et contraindrait Zuma à partir. Un scénario qui se profile tant les parties campent sur leurs positions respectives. Elu en décembre, le nouveau chef de l’ANC, Cyril Ramaphosa, essaie vainement depuis plusieurs semaines d’obtenir le départ anticipé de Zuma dont le deuxième mandat s’achève normalement à l’issue des élections générales prévues en 2019. Mais le président en exercice empêtré dans de nombreux scandales de corruption refuse de rompre face au nouvel homme fort de l’ANC. Le refus du chef de l’Etat a plongé le pays dans une grave crise politique, qui s’est notamment accentuée avec le report, la semaine dernière, du discours présidentiel annuel sur l’état de la nation, une première dans l’histoire de l’Afrique du Sud post apartheid. L’opposition qui exige depuis des années le départ de Zuma veut encore aller plus loin en demandant la dissolution du Parlement et la tenue d’élections anticipées refusant même son remplacement par Ramaphosa synonyme de perpétuation du même « système ». L’opposition réclame une motion de défiance, inscrite à l’ordre du jour du Parlement le 22 février. L’autorité du président Zuma a commencé à vaciller depuis l’élection en décembre de Ramaphosa qui lui a succédé à la tête de l’ANC. Pour l’actuel vice-président sud-africain, la mise à l’écart de Zuma est la condition inévitable pour redorer le blason du parti avant les élections générales de 2019.


Une réputation sulfureuse
A 75 ans Jacob Zuma se retrouve poussé à la démission par ses pairs après dix ans de pouvoir ponctués par les scandales de corruption. Au terme d’une énième réunion de crise, la direction de l’ANC l’a sommé de quitter ses fonctions s’il veut éviter l’humiliation d’un vote hostile de son propre parti. Personnage iconoclaste arrivé à la tête du pays en 2009 portant l’espoir d’un changement en faveur des plus défavorisés, Zuma risque une sortie peu glorieuse. « Pourquoi voulez-vous que je démissionne ? Je n’ai rien fait de mal », lance-t-il ces derniers jours aux plus hauts dirigeants de l’ANC venus lui demander de partir pour l’intérêt du parti et de l’Afrique du Sud. Mais malgré sa réputation sulfureuse Zuma reste un animal politique. Fin 2007, il réussit à évincer de la direction du parti Thabo Mbeki qui l’avait limogé de la vice-présidence du pays deux ans plus tôt à cause d’accusations de corruption. Quelques mois plus tard, il se venge en obtenant la tête de son rival, contraint de quitter son poste de chef de l’Etat. Menacé de toutes parts, le président a toujours résisté. Aux motions de censure à répétition de l’opposition comme aux frondeurs qui se sont ligués contre lui au sein-même de l’ANC. Né le 12 avril 1942 il est le premier chef d’Etat officiellement polygame du pays. Marié six fois, il a quatre femmes et une vingtaine d’enfants. Il est en outre divorcé de l’ex-patronne de l’Union africaine Nkosazana Dlamini Zuma, dont il a soutenu la candidature à sa succession à la tête de l’ANC en décembre 2017. Fier de ses origines zouloues, grand danseur et remarquable chanteur, Zuma a acquis sa légitimité politique dans les geôles de l’apartheid. Il a passé dix ans au bagne de Robben Island, au large du Cap avec Nelson Mandela. A sa libération Jacob Zuma dirige la mise en place des structures clandestines de l’ANC dans sa région d’origine, avant de prendre le chemin de l’exil. Il y dirige les services de renseignements de l’organisation à la fin des années 1980. Après la légalisation de l’ANC en 1990, il retourne en Afrique du Sud. Cadre du parti, il participe aux négociations qui mènent aux premières élections démocratiques de 1994 et à la victoire de son parti et de l’icône Nelson Mandela. Une fois l’ANC au pouvoir, « JZ » devient ministre provincial au KwaZulu-Natal, puis vice-président de la République en 1999 jusqu’à son limogeage en 2005. Sa traversée du désert n’est que de courte durée. Il devient président de la nation arc-en-ciel le 9 mai 2009 en s’appuyant sur l’aile gauche de l’ANC et les syndicats.

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