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jeudi, 12 octobre 2017 06:00

Salim Brahimi, directeur de la maison d’édition Z-Link : Tout sur le Fibda 2017 ou presque

Écrit par Fadila Djouder
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Reporters : Le Fibda 2017 vient de fermer ses portes sur une note de « succès », selon Mme Dalila Najem. Partagez-vous cette appréciation exprimée par la commissaire du festival ? Et pourquoi ?

Salim Brahimi : Je suis plutôt nuancé. Les deux premiers jours, le public était timide mais, en weekend, la fréquentation était vraiment appréciable, forte même. Ce qui est contestable, c’est l’organisation cette année avec le choix de deux sites qui était vraiment inadéquat. Le public se perdait dans une confusion palpable. Il fallait leur demander, certains ont raté plusieurs conférences à cause de la confusion entre les deux lieux, malgré la présence de navettes. Il aurait été judicieux de placer le festival dans un seul lieu : le Palais de la culture, et cela aurait coûté moins cher. Aussi, nous étions (Z-Link) le seul éditeur spécialisé de BD dans le festival, en présentant trois nouveautés BD et un nouveau numéro de Laabstore, en plus du stand de l’organisatrice, qui a proposé une seule nouveauté. Un festival de BD sans ou avec peu de BD a des questions à se poser…


Vous avez été l’un des acteurs de ce festival ? Pensez-vous que son format actuel est le bon ou faut-il penser à de nouvelles transformations pour les éditions à venir ?
Le format est à revoir, il ne faut pas refaire l’erreur de le placer dans deux sites, j’en avais parlé à la commissaire, lors de la réunion pré-festival. Elle se plaignait du manque de moyens. Je ne comprends pas pourquoi louer à l’esplanade de Riadh El Feth pour créer une confusion. Le Fibda, même s’il reste le rendez-vous par excellence du neuvième art en Afrique, il a besoin d’un nouveau souffle, une nouvelle impulsion. Il faudrait changer son équipe organisatrice. Cela est une évidence, après dix ans, il est temps de le revivifier.


A chaque édition se pose la même question et on vous la repose cette année encore : pourquoi n’y a-t-il pas de marché de la BD en Algérie alors que le Fibda draine les foules ?
Le problème est exogène au neuvième art, il est lié au livre, en général. Les problèmes de distribution, les points de ventes et les librairies sont très peu nombreux, sans parler des libraires qui ne savent même pas ce qu’est une BD.


Que faut-il pour développer ce marché alors que les « créatifs » et les talents ne manquent pas ? Est-ce uniquement une question de ressources et de financement ou est-ce un problème de politique générale et d’édition du livre, en général ?
Les deux à la fois. Le Fibda se doit d’être fédérateur de tous les acteurs du monde du neuvième art dans notre pays et, sur ce plan il a failli à sa tâche. Il faut le vérifier : pourquoi tous les éditeurs qui ne participent plus au festival ou ont disparu ? Nous avons failli ne pas participer, car employer nos moyens pour sortir perdants pour plusieurs éditions, n’est pas possible au vu de nos faibles moyens. Le Sila, par contre, nous est plus profitable. Maintenant, les problèmes du livre, en général, y sont aussi pour beaucoup.


Vous-même êtes dans l’édition. Comment se porte votre activité et quel bilan en faites-vous aujourd’hui ?
Nous sommes le premier éditeur à se spécialiser dans la bande dessinée dans notre pays. Nous entamons notre 11e année d’existence. Nous avons édité 59 numéros de la revue Laabstore et plus de 54 albums BD indépendants. Malgré toutes les difficultés, nous luttons pour maintenir nos parutions et développer le neuvième art dans notre pays. Nous sommes passionnés par la bande dessinée et nous comptons travailler le plus longtemps possible dans ce domaine.


On remarque que votre genre de prédilection reste le manga uniquement. Pourquoi ? Est-ce parce qu’il est le plus demandé en Algérie ? Combien d’auteurs avez-vous édité jusqu’ici et y aura-t-il de nouvelles éditions pour 2018 ?
En fait, c’est une erreur, notre ligne éditoriale depuis le départ, en 2007, était de se spécialiser dans la bande dessinée quel que soit son format. Il est vrai que nous éditons beaucoup de DZ-Manga mais cela n’est pas notre exigence. Nous recevons tout simplement beaucoup de projets mangas. C’est le choix des auteurs. Nous, quand on trouve que le niveau est éditable nous publions. Pour 2018, nous avons plusieurs nouveautés, nous en reparlerons en temps voulu…


Qu’est-ce qui coûte le plus cher dans l’édition de la BD chez nous aujourd’hui ?
Ce qui coûte cher, c’est l’impression, vu la qualité du papier et des couleurs. Ce qui coûte cher, ensuite, c’est la rémunération des auteurs. Nous tenons à bien payer nos auteurs car ils font un travail assez contraignant.


Un mot pour le Fibda 2018. Y serez-vous ? Comment le percevez-vous, sachant que le contexte est à la crise ?
Nous réfléchirons à la question une fois le moment venu, néanmoins, ce festival doit être maintenu et soutenu, car il est parmi les rares dans notre pays à drainer des milliers de gens des quatre coins du pays passionnés de bandes dessinées.

 

Salim Brahimi, directeur de la maison d’édition Z-Link et éditeur de la revue Laabstore, est aussi journaliste de Radio à la Chaîne III. Passionné de Manga, sa maison d’édition dédiée au genre a vu le jour en 2007. Au compteur, 59 numéros de la revue Laabstore et plus de 54 albums BD réalisés avec de jeunes auteurs. Sa passion de la bande dessinée et du manga a été récompensée au pays du Soleil levant, suprême reconnaissance, après l’acquisition de publications de Z-Link par le musée international du Manga de Kyoto en 2013. C’est lors de la participation de Z-Link au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême, qu’un chercheur japonais représentant le musée japonais découvre le travail de sa maison d’édition algérienne. Salim Brahimi, connu également par le sobriquet de Sayan, est l’initiateur aussi de Cosplay qui connait un véritable engouement au Fibda.

 

Dernière modification le jeudi, 12 octobre 2017 02:24

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