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samedi, 03 juin 2017 06:00

Washington, un acteur incontournable et inconstant de la diplomatie climatique

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Longtemps premier pollueur mondial, les Etats-Unis ont toujours été un acteur incontournable du combat climatique, mais un acteur changeant, au gré des majorités politiques.


Bien avant Donald Trump, d’autres présidents ont, depuis 25 ans, freiné les négociations internationales contre le réchauffement menées sous l’égide de l’ONU. Quand d’autres, en particulier Barack Obama en 2015, auront permis des avancées spectaculaires, devant l’urgence grandissante de la crise climatique.

Rio
Tout commence en 1992 au Sommet de la Terre de Rio. Le rendez-vous installe la Convention de l’ONU sur les changements climatiques (CCNUCC) et lance les négociations en vue d’un accord mondial, qui passe par la réduction des émissions de gaz à effet de serre, issues largement des énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon). Déjà, les Etats-Unis résistent à toute idée de restrictions imposées d’»en-haut» pour leurs émissions. «Le mode de vie américain ne se négocie pas. Point final», déclare le président George H. W. Bush à Rio.

Kyoto
Pour le protocole de Kyoto, là encore Washington refuse de se voir imposer des obligations, et estime que les pays en développement doivent assumer une part du fardeau.
Les tractations durent jusqu’à ce qu’un accord soit finalement scellé en 1997, satisfaisant les demandes américaines. Le traité est signé par le vice-président démocrate Al Gore, mais n’a pas le soutien du Sénat.
Le républicain George W. Bush qualifie le texte d’»injuste et inefficace», et en 2001, annonce qu’il ne sera pas ratifié. Le protocole de Kyoto entre en vigueur en 2005, engageant 37 pays développés à réduire leurs émissions, mais pas les Etats-Unis. Le retrait américain facilitera plus tard celui du Canada, de la Nouvelle-Zélande, du Japon et de la Russie.

Copenhague
En 2007, les délégués des pays se retrouvent à Bali pour leurs négociations annuelles et tenter de remplacer Kyoto.
L’administration Bush de nouveau s’oppose à tout traitement différent entre les pays développés, pollueurs historiques, et les pays en développement. Mais cette fois la délégation américaine est huée. Finalement, un «plan d’action de Bali» est entériné, visant à l’adoptiond’un nouveau traité climat en 2009. Pourtant la COP de Copenhague cette année-là s’achève sur un âpre conflit entre pays du Nord et du Sud. Les Etats-Unis, soutenus par d’autres Etats, refusent que l’accord soit contraignant. La conférence se termine sans le pacte mondial espéré.

Paris
Les Etats-Unis, aux côtés de la Chine, devenue le premier pollueur mondial dans les années 2000, jouent un rôle moteur dans l’adoption de l’Accord de Paris fin 2015. Au final ce pacte est un compromis, avec des principes contraignants et des «contributions» nationales fixées par chaque pays sur la base du volontariat. La forme très souple du texte et des obligations permet aussi à l’administration Obama de se passer de la ratification d’un Sénat hostile. Mais c’est justement cette souplesse, et l’absence de sanctions, qui ont permis à Donald Trump de renoncer aux engagements américains sans répercussions immédiates. n

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