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mardi, 14 novembre 2017 06:00

Climat : Après trois ans de stabilité, les émissions de CO2 en hausse

Écrit par Kahina Sidhoum
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En matière d’environnement rien ne sert de parler ni de faire de beaux discours s’ils ne sont pas suivis par les actes. Selon une étude publiée hier en marge du Sommet mondial sur le climat (COP23) à Bonn, les émissions mondiales de gaz à effet de serre issues des énergies fossiles sont reparties à la hausse en 2017, après trois ans de stabilité.


Ces émissions de CO2, d’après la même étude, devraient croître de 2% cette année par rapport à 2016 (entre 0,8% et 2,9%), et atteindre un record de 36,8 milliards de tonnes en raison des industries et la combustion d’énergies fossiles.
Pour les défenseurs de l’environnement, c’est une mauvaise nouvelle. Entre 2014 et 2016, les émissions de gaz carbonique étaient quasiment stabilisées à la faveur d’une forte mobilisation lancée depuis bien avant le Sommet de Paris sur le climat (COP 21)- qui en a été la consécration- et l’engagement des Etats à s’impliquer davantage dans le développement des moyens contre la pollution industrielle et les énergies propres . Pour les auteurs de l’étude intitulée Global Carbon Project, «le monde n’a donc pas atteint son pic d’émission. Cela montre qu’il faut agir plus fortement. Il faut oublier toute autosatisfaction». «C’est une grande déception», souligne une des auteurs, Corinne Le Quéré, de l’université britannique d’East Anglia dont la contribution à l’étude collective publiée dans les journaux Nature Climate Change, Environmental Research Letters et Earth System Science Data. «Avec 41 milliards de tonnes de CO2 émis estimés pour 2017 (si l’on ajoute la déforestation, ndlr), on risque de manquer de temps pour garder la température sous 2°C, et a fortiori 1,5°C», objectif fixé par l’accord de Paris adopté fin 2015 contre le réchauffement climatique. Pour ce faire, «il faudrait que les émissions atteignent leur pic ces prochaines années et diminuent ensuite rapidement», rappelle la scientifique citée par l’AFP. La Chine, qui génère 28% de ces gaz à effet de serre et avait permis d’améliorer la situation des années passées en réduisant son recours au charbon, est largement à l’origine de la dégradation de 2017, notent les chercheurs. En cause, un boom de la production industrielle et une production hydro-électrique diminuée par des épisodes de sécheresse.
Aux Etats-Unis aussi, les émissions devraient baisser moins fortement (-0,4%, contre -1,2% en moyenne annuelle précédemment). C’est la première fois en 5 ans que la consommation de charbon augmentera (+0,5%), du fait de la cherté du gaz naturel.
L’Inde voit ses émissions croître un peu moins (+2%) mais ce devrait être temporaire, préviennent les chercheurs. Quant à l’UE, ses émissions reculent moins vite que la décennie précédente (-0,2%). Les dix principaux émetteurs sont, dans l’ordre, la Chine, les Etats-Unis, l’Inde, la Russie, le Japon, l’Allemagne, l’Iran, l’Arabie saoudite, la Corée du sud et le Canada (l’UE dans son ensemble se classe en 3e position). «Plusieurs facteurs montrent une poursuite de la hausse des émissions mondiales en 2018», souligne Robert Jackson, de l’université Stanford. Pour autant, il est peu probable qu’elles retrouvent les taux de croissance élevés des années 2000 (plus de 3% annuels), estiment les scientifiques, qui entrevoient plutôt des taux légèrement positifs voire une stabilité, conformes aux engagements nationaux pris à ce stade pris par les pays à Paris. Signe encourageant, sur la période 2007-2016, 22 pays ont vu leurs émissions décroître malgré la croissance économique. En revanche elles ont crû dans 101 pays.
Les énergies renouvelables se développent de manière remarquable (+14% par an ces 5 dernières années), mais il faudra «quelques années pour qu’elles aient un impact significatif sur les émissions mondiales de CO2». La communauté internationale, réunie à la COP23 à Bonn jusqu’à vendredi, tente de s’accorder sur les moyens de mettre en oeuvre l’accord de Paris, notamment pour renforcer les engagements nationaux. n

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