Reporters - Reporters - Environnementhttp://reporters.dz Sat, 26 May 2018 03:28:22 +0100Joomla! - Open Source Content Managementfr-frClimat : Après trois ans de stabilité, les émissions de CO2 en haussehttp://reporters.dz/index.php/actualites/2015-03-15-21-30-21/item/88129-climat-apres-trois-ans-de-stabilite-les-emissions-de-co2-en-hausse http://reporters.dz/index.php/actualites/2015-03-15-21-30-21/item/88129-climat-apres-trois-ans-de-stabilite-les-emissions-de-co2-en-hausse  En matière d’environnement rien ne sert de parler ni de faire de beaux discours s’ils ne sont pas suivis par les actes. Selon une étude publiée hier en marge du Sommet mondial sur le…


Ces émissions de CO2, d’après la même étude, devraient croître de 2% cette année par rapport à 2016 (entre 0,8% et 2,9%), et atteindre un record de 36,8 milliards de tonnes en raison des industries et la combustion d’énergies fossiles.
Pour les défenseurs de l’environnement, c’est une mauvaise nouvelle. Entre 2014 et 2016, les émissions de gaz carbonique étaient quasiment stabilisées à la faveur d’une forte mobilisation lancée depuis bien avant le Sommet de Paris sur le climat (COP 21)- qui en a été la consécration- et l’engagement des Etats à s’impliquer davantage dans le développement des moyens contre la pollution industrielle et les énergies propres . Pour les auteurs de l’étude intitulée Global Carbon Project, «le monde n’a donc pas atteint son pic d’émission. Cela montre qu’il faut agir plus fortement. Il faut oublier toute autosatisfaction». «C’est une grande déception», souligne une des auteurs, Corinne Le Quéré, de l’université britannique d’East Anglia dont la contribution à l’étude collective publiée dans les journaux Nature Climate Change, Environmental Research Letters et Earth System Science Data. «Avec 41 milliards de tonnes de CO2 émis estimés pour 2017 (si l’on ajoute la déforestation, ndlr), on risque de manquer de temps pour garder la température sous 2°C, et a fortiori 1,5°C», objectif fixé par l’accord de Paris adopté fin 2015 contre le réchauffement climatique. Pour ce faire, «il faudrait que les émissions atteignent leur pic ces prochaines années et diminuent ensuite rapidement», rappelle la scientifique citée par l’AFP. La Chine, qui génère 28% de ces gaz à effet de serre et avait permis d’améliorer la situation des années passées en réduisant son recours au charbon, est largement à l’origine de la dégradation de 2017, notent les chercheurs. En cause, un boom de la production industrielle et une production hydro-électrique diminuée par des épisodes de sécheresse.
Aux Etats-Unis aussi, les émissions devraient baisser moins fortement (-0,4%, contre -1,2% en moyenne annuelle précédemment). C’est la première fois en 5 ans que la consommation de charbon augmentera (+0,5%), du fait de la cherté du gaz naturel.
L’Inde voit ses émissions croître un peu moins (+2%) mais ce devrait être temporaire, préviennent les chercheurs. Quant à l’UE, ses émissions reculent moins vite que la décennie précédente (-0,2%). Les dix principaux émetteurs sont, dans l’ordre, la Chine, les Etats-Unis, l’Inde, la Russie, le Japon, l’Allemagne, l’Iran, l’Arabie saoudite, la Corée du sud et le Canada (l’UE dans son ensemble se classe en 3e position). «Plusieurs facteurs montrent une poursuite de la hausse des émissions mondiales en 2018», souligne Robert Jackson, de l’université Stanford. Pour autant, il est peu probable qu’elles retrouvent les taux de croissance élevés des années 2000 (plus de 3% annuels), estiment les scientifiques, qui entrevoient plutôt des taux légèrement positifs voire une stabilité, conformes aux engagements nationaux pris à ce stade pris par les pays à Paris. Signe encourageant, sur la période 2007-2016, 22 pays ont vu leurs émissions décroître malgré la croissance économique. En revanche elles ont crû dans 101 pays.
Les énergies renouvelables se développent de manière remarquable (+14% par an ces 5 dernières années), mais il faudra «quelques années pour qu’elles aient un impact significatif sur les émissions mondiales de CO2». La communauté internationale, réunie à la COP23 à Bonn jusqu’à vendredi, tente de s’accorder sur les moyens de mettre en oeuvre l’accord de Paris, notamment pour renforcer les engagements nationaux. n

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EnvironnementTue, 14 Nov 2017 06:00:00 +0100
Patrimoine naturel mondial : Deux fois plus de sites menacéshttp://reporters.dz/index.php/actualites/2015-03-15-21-30-21/item/88128-patrimoine-naturel-mondial-deux-fois-plus-de-sites-menaces http://reporters.dz/index.php/actualites/2015-03-15-21-30-21/item/88128-patrimoine-naturel-mondial-deux-fois-plus-de-sites-menaces  Blanchiment des coraux, fonte des glaciers, incendies... Le changement climatique menace presque deux fois plus de sites naturels du Patrimoine mondial qu’il y a trois ans, s’est alarmé lundi l’IUCN, réclamant des actions «urgentes»…


Sur les 241 sites naturels classés au Patrimoine mondial de l’Unesco, 62 sont désormais «menacés par le changement climatique» contre 35 en 2014 (sur 228), date du précédent «Horizon du patrimoine mondial» réalisé par l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN). «Ce rapport envoie un message clair aux délégués réunis ici à Bonn (pour la
23e Conférence de l’ONU sur le climat, ndlr) : le changement climatique agit vite et n’épargne pas les trésors les plus précieux de notre planète», a commenté la directrice générale de l’IUCN Inger Andersen.
«L’ampleur et le rythme auxquels il dégrade notre patrimoine naturel soulignent le besoin d’actions et d’engagements nationaux urgents et ambitieux pour mettre en oeuvre l’Accord de Paris», a-t-elle ajouté. Grande barrière australienne, région côtière du Belize, atoll d’Aldabra aux Seychelles: les récifs coralliens affectés par l’augmentation de la température de la mer qui les fait blanchir sont parmi les écosystèmes les plus en danger. Tout comme les glaciers dont la fonte touche notamment le parc national du Kilimandjaro en Tanzanie ou la région de Jungfrau-Aletsch dans les Alpes suisses. Le changement climatique a également un impact sur les zones humides, les basses terres de deltas ou encore certains écosystèmes vulnérables aux incendies, selon le rapport, qui estime que le réchauffement fait peser un «risque potentiel» sur 55 autres sites. Mais si le changement climatique est «la menace augmentant le plus vite», il arrive seulement deuxième derrière les espèces invasives. Le tourisme, le développement des infrastructures (routes, barrages, mines...), la chasse, la pollution ou encore l’efficacité de la gestion des sites ont également un impact sur la conservation.
Prenant en compte tous ces facteurs qui peuvent s’additionner, l’IUCN classe 17 sites (7%) comme «critiques», comme le parc américain des Everglades. La Grande Barrière de corail fait partie des 70 sites (29%) inspirant des «préoccupations élevées», tout comme le Machu Picchu au Pérou, le lac Baïkal en Russie et les îles Galapagos. Et les perspectives de 64% des sites sont «bonnes» ou «bonnes avec
quelques préoccupations», des chiffres similaires à 2014.K. S

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reporters.quotidientnationale@gmail.com (Reporters)EnvironnementTue, 14 Nov 2017 06:00:00 +0100
Les start-ups au service de l’environnementhttp://reporters.dz/index.php/actualites/2015-03-15-21-30-21/item/88127-les-start-ups-au-service-de-l-environnement http://reporters.dz/index.php/actualites/2015-03-15-21-30-21/item/88127-les-start-ups-au-service-de-l-environnementLes progrès réalisés par des entreprises de recyclage de CO2, désormais capables de l’exploiter commercialement, attestent du potentiel des nouvelles technologies dans la lutte contre le changement climatique, un des principaux thèmes du Web Summit…


Ce n’est encore rien face aux enjeux du changement climatique, qui se mesure en gigatonnes, mais nous sommes prêts à relever le défi de monter en échelle», a assuré Christoph Gebald, directeur de la société Climeworks basée en Suisse. Climeworks, issue de l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich (ETH), a développé des aspirateurs qui collectent le CO2 dans l’air ambiant et non aux sources d’émission comme les cheminées d’usine.
Ses modules, qui évoquent des climatiseurs sur les toits des immeubles mais de la taille d’une voiture, ont été installés sur le toit d’un incinérateur de déchets à Hinwil, dans le canton de Zurich. Le CO2 collecté est ensuite revendu à une entreprise agricole, qui le réinjecte dans ses serres afin d’accélérer le processus de photosynthèse. Climeworks était l’une des entreprises présente au rendez-vous annuel des start-ups et d’investisseurs qu’est le Web Summit. Le «Davos des geeks» avait pour la première fois fait de l’environnement une de ses thématiques, alors que la Conférence annuelle de l’ONU sur le climat, s’ouvrait en Allemagne pour tenter d’avancer sur
une mise en oeuvre de l’accord de Paris conclu en 2015.

Assez de carbone  pour tous

Présentée comme une des solutions les plus efficaces pour réduire les émissions de CO2 des centrales à charbon et des sites industriels, la capture et le stockage de carbone restent très limités, car cette technologie demeure coûteuse. «Pour l’heure, nous ne sommes que cinq entreprises dans notre domaine. Nous travaillons dans une logique de collaboration plutôt que de concurrence, car il y a assez de carbone pour tous», explique M. Gebald, qui a fondé la start-up Climeworks il y a huit ans.
Créée en 2005 dans une cave en Nouvelle-Zélande, LanzaTech compte également commencer à gagner de l’argent grâce à une technologie qui permet de «prendre de la pollution pour faire de nouveaux produits avec», a expliqué sa directrice environnementale, Freya Burton. «Nous sommes en train de construire nos deux premiers sites commerciaux, un en Chine et un autre en Belgique», où les émissions de CO2 des usines sidérurgiques seront transformés en carburant par un processus de fermentation provoqué par une bactérie, a-t-elle précisé. «Nos produits auront un coût équivalent à celui des carburants alternatifs les moins chers déjà sur le marché», a assuré Mme Burton.

Révolution durable

Ces nouveaux procédés peuvent contribuer à ce que le Commissaire européen à la Science et à l’Innovation, Carlos Moedas, a présenté comme l’économie circulaire, et non plus linéaire: «les déchets d’une filière doivent devenir la matière première pour quelque chose d’autre». «Nous sommes probablement face au plus grand défi de notre génération, qui consiste à garder cette planète en vie. Et la technologie jouera un rôle très important», a souligné le patron du Web Summit, Paddy Cosgrave.
Tête d’affiche appelée jeudi dernier à clôturer trois jours de conférences devant quelque 15 000 personnes, l’ancien vice-président des Etats-Unis Al Gore a affirmé que la technologie de l’environnement allait révolutionner la planète. «Ceux d’entre-vous qui bâtissez des entreprises technologiques pouvant augmenter nos niveaux d’efficacité énergétique et réduire les émissions de carbone, vous pouvez avez avoir un impact plus important que n’importe qui dans le monde», a-t-il dit.
«Notre monde est au bord d’une révolution durable de la magnitude de la révolution industrielle mais qui se joue à la vitesse de la révolution numérique», a affirmé le prix Nobel de la Paix 2007, qui vient de sortir un nouveau film une décennie après son documentaire coup de poing «Une vérité qui dérange».
(Source AFP

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EnvironnementTue, 14 Nov 2017 06:00:00 +0100
Une approche pragmatique de la politique climatiquehttp://reporters.dz/index.php/actualites/2015-03-15-21-30-21/item/88126-une-approche-pragmatique-de-la-politique-climatique http://reporters.dz/index.php/actualites/2015-03-15-21-30-21/item/88126-une-approche-pragmatique-de-la-politique-climatiqueLes efforts diplomatiques menés en vue d’un accord international permettant d’atténuer le changement climatique sont en train de radicalement changer. L’approche descendante, du haut en bas, qui caractérisaient ces efforts depuis 1992 est peu à…

 

Cette évolution est, d’une certaine manière, l’aveu d’un échec. Il est peu probable que cette approche parvienne à limiter la hausse des températures moyennes mondiales en deçà de 2°C, l’objectif fixé par les Nations unies en 2010. Mais compte tenu du peu de progrès enregistré jusqu’à présent, de petites avancées pragmatiques par chaque pays pourraient être plus productives que les tentatives faites pour conclure un accord de grande ampleur qui ne sera jamais appliqué. Les négociateurs internationaux ont réalisé des progrès considérables au cours des cinq dernières années, mais ils sont encore loin de parvenir à un accord qui réponde à l’objectif des 2°C. En conséquence, les diplomates, craignant qu’un nouvel échec discrédite tout le processus de négociation, ont revu leurs ambitions à la baisse. En particulier, l’idée de fixer des limites strictes aux émissions a été discrètement abandonnée. L’accent n’est plus mis sur ce qui serait souhaitable au plan de l’environnement ou sur les mesures nécessaires pour maîtriser le changement climatique. Les négociateurs privilégient aujourd’hui ce qui est politiquement envisageable – les possibilités et les contraintes du processus de négociation, en particulier dans l’espoir d’obtenir une large participation à ce processus. Compte tenu de la lenteur des progrès accomplis depuis le premier sommet des Nations unies sur les changements climatiques en 1995, tout accord auquel souscrivent toutes les parties prenantes à la Convention-cadre sur les changements climatiques sera accueilli comme un succès historique.
C’est pour cette raison, alors que les dirigeants mondiaux et les ministres de l’Environnement se préparent à participer à la conférence sur le changement climatique à Paris, la COP-21, de fin novembre à la mi-décembre, que persuader tous les principaux émetteurs de gaz à effet de serre à s’engager à adopter des réductions ambitieuses et juridiquement contraignantes n’est plus considéré comme une option réaliste. Les principaux pollueurs mondiaux – notamment, la Chine, l’Inde et les États-Unis – ont clairement fait savoir qu’ils détermineraient eux-mêmes les engagements qu’ils jugeront nécessaires. Ayant unilatéralement fixé leurs objectifs, il est peu probable qu’ils participent plus avant à des négociations multilatérales. Bien sûr, peu de diplomates le diraient de manière aussi franche. Le faire reviendrait à reconnaître l’échec des vingt dernières années de politique climatique des Nations unies. Ils ont donc choisi de ne pas considérer l’approche descendante comme une rupture avec le principe ascendant, mais comme un supplément pragmatique qui accommode les principaux émetteurs et qui crée un cadre pour les initiatives climatiques des acteurs sous-nationaux, comme les grandes villes et les entreprises.
Mais la vérité est que l’approche descendante est déjà en train d’être abandonnée. Sa caractéristique principale n’est pas le cadre dans lequel sera conclu l’accord (le système onusien), mais son objectif politique global (éviter un changement climatique dangereux). Et il est déjà évident que les négociations à Paris ne permettront pas de parvenir à l’objectif de 2°C établi en 2010 – ou de fixer tout autre seuil contraignant. Si l’on additionne les contributions des plus de 160 pays à avoir fait part de leurs mesures volontaires d’atténuation – les contributions qui présentent les décisions prises à l’échelle nationale – l’ampleur de l’échec est évidente. Même si tous les pays adhéraient rigoureusement à leurs engagements, il faut s’attendre à une augmentation de 3°C au moins des températures mondiales.
En fait, l’objectif déclaré de l’accord sur lequel doit déboucher la conférence de Paris sera de «garder l’objectif de 2°C à portée de main». Les négociateurs prévoient d’inclure des mécanismes d’ajustement à la hausse dans le cas où les pays voudraient progressivement augmenter leurs contributions. Mais si l’on se fie aux enseignements de l’histoire, il est peut probable que ces mécanismes soient utilisés au cours de la prochaine décennie. Leur principale fonction est de donner un vernis positif à une issue décevante et de préserver l’espoir qu’une politique plus ambitieuse reste possible.
Il n’en reste pas moins de la place pour l’optimisme : le pragmatisme se révèle plus agissant que l’idéalisme. Après plus d’une décennie de tentatives de mise en place de limites strictes des émissions, l’approche de haut en bas a clairement fait long feu. L’adoption furtive de l’approche contraire, de bas en haut, est l’aveu tacite du fait qu’il n’est pas possible de forcer les pays à se conformer à un régime centralisé strict, même s’il se fonde sur des preuves scientifiques. L’adoption de mesures volontaires a déjà permis des progrès, en particulier les engagements coordonnés de la Chine et des États-Unis. Parce que l’approche ascendante respecte les manières établies dont les pays souverains agissent sur la scène internationale, elle a le potentiel de créer un élan positif. La plupart des gouvernements donnent la priorité à leur survie politique et à des gains économiques à court terme. Ils ne contribueront à la lutte contre le dérèglement climatique que s’ils savent que leurs principaux concurrents le font aussi. Tout bien considéré, l’émergence d’un mouvement ascendant dans la lutte contre les changements climatiques est un grand pas en avant. Un monde 3°C plus chaud n’est pas l’idéal. Mais il reste préférable à un monde où le changement climatique a échappé à tout contrôle.n

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EnvironnementTue, 14 Nov 2017 06:00:00 +0100
Tewfik Hasni, expert en transition énergétique : « Les Etats-Unis peuvent encore surseoir à leur décision »http://reporters.dz/index.php/actualites/2015-03-15-21-30-21/item/80963-tewfik-hasni-expert-en-transition-energetique-les-etats-unis-peuvent-encore-surseoir-a-leur-decision http://reporters.dz/index.php/actualites/2015-03-15-21-30-21/item/80963-tewfik-hasni-expert-en-transition-energetique-les-etats-unis-peuvent-encore-surseoir-a-leur-decisionReporters : Quelles sont les conséquences de l’annonce des Etats-Unis de leur retrait de l’Accord de Paris sur le climat l’avenir des énergies renouvelables?

 

Tewfik Hasni : Le président Trump a eu à bâtir sa campagne électorale sur une stratégie de remise en cause des engagements de son prédécesseur. Le symbole des républicains est l’éléphant et sa stratégie est celle de l’éléphant dans un magasin de porcelaine. Il faut tout détruire pour reconstruire dans les intérêts seuls des Etats-Unis. L’« Obamacare » a été remis en cause, alors il ne pouvait en être autrement pour les accords de la COP 21. Sachant qu’il faudrait 5 ans pour formaliser cette décision, il peut encore y surseoir. Tout le monde savait que la crise économique actuelle allait donner des alibis à certains pays pour ne pas respecter leurs engagements. L’avenir des énergies renouvelables n’est pas remis en cause aux Etats-Unis. Le programme actuel est très ambitieux. Certains Etats ont précisé qu’ils continueraient leur programme. C’est le cas de la Californie. Il est clair qu’il y aura un effet sur la  COP 23. Je pense que les autres Etats membres ne sont pas surpris, même s’ils marquent leur désapprobation. La prochaine COP23 devrait être affectée par les grandes variations géopolitiques en cours. Une Europe avec le couple germano-français en tête de proue et avec un dynamisme affirmé. La Chine et l’Inde, menacés par un nationalisme américain, devraient examiner cette opportunité présentée par le couple européen. Nous avons aussi une place à prendre. Une fenêtre qui risque de se refermer aussitôt si nous ne réagissons pas.

Quel signal donne-t-il aux pays du Sud qui ont un important potentiel dans le schiste, à l’image de l’Algérie ?

Il faut savoir que les engagements de Paris impliquent la réduction des émissions des gaz à effet de serre, mais prévoient pour les pays riches le financement des programmes énergétiques des pays pauvres par un Fonds de 100 milliards de dollars. Le plus difficile pour les Américains reste le financement. Les caisses sont vides et l’effort de guerre a augmenté malgré les annonces de Trump lors de la campagne électorale.
Il est vrai que l’atteinte des objectifs fixés à Paris nécessitait une réduction de la consommation des énergies fossiles. Cela ne peut pas être le gaz, car l’usage le plus polluant est le transport. Le pétrole est le carburant principal, 80% du pétrole sert en tant que carburant.
En ce qui concerne le gaz de schiste, la question semble tranchée par le gouvernement qui a précisé que le gaz de schiste n’est pas à  l’ordre du jour. Ceci devrait se traduire par un développement de la recherche pour acquérir le savoir et pouvoir lancer la production des gaz de schiste par nos enfants lorsque nous aurons consommé tout le gaz naturel conventionnel d’ici à 2030. Ceux qui prétendent qu’il y a eu des expériences positives en dehors des Etats-Unis se trompent.

Sur le plan financier, quel sera l’impact sur l’approvisionnement du fonds avec un plancher de 100 milliards de dollars par an ?
Les Etats-Unis n’envisageaient pas une contribution. Rappelez-vous les remises en cause des recommandations de Paris. Elles avaient été vidées de toute contrainte par l’amendement des Américains à la clôture. L’avenir de ce Fonds a été toujours aléatoire, dès l’instant où les priorités allaient à la sécurité contre le terrorisme.
Cependant, nous restons optimistes pour notre pays. Dans la mesure où nous n’avons pas à solliciter des aides financières, nous pouvons envisager un développement des projets sur des bases commerciales. Ceci est possible à présent avec la réduction des coûts des énergies renouvelables au point d’atteindre la compétitivité avec le gaz. Ceci reste la préoccupation des véritables experts dans ce domaine. Cela ne peut pas être le rôle d’un ministère. Un ministère comme facilitateur est un rôle très important, comme j’ai eu souvent à l’exprimer. Il y a tant de contraintes qui dépassent les acteurs économiques.
Il est donc nécessaire qu’un ministère qui a la volonté d’aller jusqu’au bout de ces défis qui attendent notre pays puisse comprendre son véritable rôle. Il faut cependant qu’il en fasse sa priorité. Nous avons cette chance aujourd’hui. C’est pour cela que nous restons optimistes.

Ce retrait sera une carte électorale pour les futurs candidats US à la présidentielle de 2020. Quel impact pour l’avenir de cet accord à partir de 2020 sur le climat et sur le marché de l’énergie ?

D’ici à 2020, l’eau aura coulé sous les ponts. L’impact sur le marché de l’énergie ne s’apprécie pas par le retrait provisoire des Etats-Unis. Cette décision n’est pas définitive. L’avenir de l’accord sur le climat se joue sur un autre terrain, celui de la transition énergétique. Les programmes de transitions vers les voitures électriques sont surprenants. Les grands marchés de demain restent la Chine et l’Inde. Nous avions longuement répété, le marché de l’énergie ne connaît pas un changement de paradigme comme le prétendent certains. C’est une véritable rupture à laquelle nous assistons. Il faut savoir que 80% du pétrole est du carburant pour les transports. L’Inde a décidé qu’en 2032, tout son parc sera électrique. La Chine vise un objectif similaire avec 35 millions de véhicules en 2030.
Aujourd’hui, tous les grands constructeurs mondiaux se bousculent pour prendre une part de ces marchés. Ils délocalisent en Chine la construction de leurs véhicules électriques. Le premier est Volvo.
Vous pouvez donc tirer les conclusions. Les Saoudiens avaient raison. Ils avaient su interpréter l’Adage « l’âge de pierre ne s’est pas arrêté parce qu’il n’y avait plus de pierres ». Le pétrole voit une bonne partie de son usage en tant que carburant se rétrécir. Le gaz devrait le remplacer pour l’usage thermique (chaleur). Le solaire thermique est aujourd’hui moins cher que le gaz. A 2 dollars/MBTU, le gaz de schiste n’a plus de rente et même pas une rentabilité économique classique. 

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EnvironnementSat, 03 Jun 2017 06:00:00 +0100
Washington, un acteur incontournable et inconstant de la diplomatie climatiquehttp://reporters.dz/index.php/actualites/2015-03-15-21-30-21/item/80962-washington-un-acteur-incontournable-et-inconstant-de-la-diplomatie-climatique http://reporters.dz/index.php/actualites/2015-03-15-21-30-21/item/80962-washington-un-acteur-incontournable-et-inconstant-de-la-diplomatie-climatique  Longtemps premier pollueur mondial, les Etats-Unis ont toujours été un acteur incontournable du combat climatique, mais un acteur changeant, au gré des majorités politiques.


Bien avant Donald Trump, d’autres présidents ont, depuis 25 ans, freiné les négociations internationales contre le réchauffement menées sous l’égide de l’ONU. Quand d’autres, en particulier Barack Obama en 2015, auront permis des avancées spectaculaires, devant l’urgence grandissante de la crise climatique.

Rio
Tout commence en 1992 au Sommet de la Terre de Rio. Le rendez-vous installe la Convention de l’ONU sur les changements climatiques (CCNUCC) et lance les négociations en vue d’un accord mondial, qui passe par la réduction des émissions de gaz à effet de serre, issues largement des énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon). Déjà, les Etats-Unis résistent à toute idée de restrictions imposées d’»en-haut» pour leurs émissions. «Le mode de vie américain ne se négocie pas. Point final», déclare le président George H. W. Bush à Rio.

Kyoto
Pour le protocole de Kyoto, là encore Washington refuse de se voir imposer des obligations, et estime que les pays en développement doivent assumer une part du fardeau.
Les tractations durent jusqu’à ce qu’un accord soit finalement scellé en 1997, satisfaisant les demandes américaines. Le traité est signé par le vice-président démocrate Al Gore, mais n’a pas le soutien du Sénat.
Le républicain George W. Bush qualifie le texte d’»injuste et inefficace», et en 2001, annonce qu’il ne sera pas ratifié. Le protocole de Kyoto entre en vigueur en 2005, engageant 37 pays développés à réduire leurs émissions, mais pas les Etats-Unis. Le retrait américain facilitera plus tard celui du Canada, de la Nouvelle-Zélande, du Japon et de la Russie.

Copenhague
En 2007, les délégués des pays se retrouvent à Bali pour leurs négociations annuelles et tenter de remplacer Kyoto.
L’administration Bush de nouveau s’oppose à tout traitement différent entre les pays développés, pollueurs historiques, et les pays en développement. Mais cette fois la délégation américaine est huée. Finalement, un «plan d’action de Bali» est entériné, visant à l’adoptiond’un nouveau traité climat en 2009. Pourtant la COP de Copenhague cette année-là s’achève sur un âpre conflit entre pays du Nord et du Sud. Les Etats-Unis, soutenus par d’autres Etats, refusent que l’accord soit contraignant. La conférence se termine sans le pacte mondial espéré.

Paris
Les Etats-Unis, aux côtés de la Chine, devenue le premier pollueur mondial dans les années 2000, jouent un rôle moteur dans l’adoption de l’Accord de Paris fin 2015. Au final ce pacte est un compromis, avec des principes contraignants et des «contributions» nationales fixées par chaque pays sur la base du volontariat. La forme très souple du texte et des obligations permet aussi à l’administration Obama de se passer de la ratification d’un Sénat hostile. Mais c’est justement cette souplesse, et l’absence de sanctions, qui ont permis à Donald Trump de renoncer aux engagements américains sans répercussions immédiates. n

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reporters.quotidientnationale@gmail.com (Reporters)EnvironnementSat, 03 Jun 2017 06:00:00 +0100
Cinq choses à savoir sur l’accord de Parishttp://reporters.dz/index.php/actualites/2015-03-15-21-30-21/item/80961-cinq-choses-a-savoir-sur-l-accord-de-paris http://reporters.dz/index.php/actualites/2015-03-15-21-30-21/item/80961-cinq-choses-a-savoir-sur-l-accord-de-parisL’accord de Paris est le premier pacte engageant l’ensemble de la communauté internationale dans la lutte contre le changement climatique, qui constitue l’un des grands défis du XXIe siècle.

1) 147 pays
L’accord a été signé en décembre 2015 à Paris par 195 pays plus l’Union européenne, à l’issue de plusieurs années d’âpres négociations. A ce jour, 147 pays sont allés au bout de leur processus de ratification. Parmi les grandes économies, la Russie et la Turquie manquent à l’appel.

2) Préavis
Pour se retirer de l’accord, un pays doit le notifier au secrétariat de la Convention climat de l’Onu (CCNUCC), mais il ne peut le faire que trois ans après l’entrée en vigueur du texte, effective depuis le 4 novembre 2016. Ensuite, il y a un préavis d’un an avant d’être réellement «sorti» de l’accord. Plus rapide mais aussi plus radical : un pays peut se retirer de la Convention climat de l’Onu, qui compte 197 membres. Cela est effectif un an après la notification. Dans les faits, à partir du moment où un pays dit qu’il se retire, il ne participe plus aux réunions de négociations, selon Todd Stern, l’ex-négociateur américain. Il ne finance plus la CCNUCC ou les programmes climat internationaux.

3)- 2°C
L’accord fixe un objectif global de maintenir la hausse de la température moyenne mondiale «bien en deçà 2°C» par rapport à l’ère pré-industrielle et si possible à 1,5°C, un seuil déjà synonyme de profonds changements selon les climatologues. Le plafond de 2°C n’est pas atteignable avec les engagements actuels de réduction de gaz à effet de serre que les pays ont pris sur une base volontaire. L’accord prévoit que ces objectifs soient révisés.

4) Energies fossiles
Selon les experts du Giec, pour rester sous 2°C, il faut que les émissions de gaz à effet de serre soient diminuées de 40 à 70% d’ici 2050. Cela implique de se détourner progressivement des énergies fossiles (80% des émissions de gaz à effet de serre), ce que l’accord ne dit pas explicitement. Le texte indique seulement que les pays recherchent «un plafonnement des émissions dans les meilleures délais ».

5) Transparence
Si les objectifs nationaux sont volontaires, les pays se sont engagés à rendre compte de leurs politiques climat et de leurs résultats et à faire des bilans collectifs des efforts mondiaux. L’organisation de ce processus doit encore être précisée. La transparence doit aussi s’appliquer à l’aide fournie par les pays riches aux plus pauvres.

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reporters.quotidientnationale@gmail.com (Reporters)EnvironnementSat, 03 Jun 2017 06:00:00 +0100
Dr Mourad Ahmim, biologiste et spécialiste des chiroptères, à Reporters : «Les chauves-souris, ces indispensables et bienfaitrices méconnues !»http://reporters.dz/index.php/actualites/2015-03-15-21-30-21/item/72405-dr-mourad-ahmim-biologiste-et-specialiste-des-chiropteres-a-reporters-les-chauves-souris-ces-indispensables-et-bienfaitrices-meconnues http://reporters.dz/index.php/actualites/2015-03-15-21-30-21/item/72405-dr-mourad-ahmim-biologiste-et-specialiste-des-chiropteres-a-reporters-les-chauves-souris-ces-indispensables-et-bienfaitrices-meconnuesMourad Ahmim, docteur en sciences biologiques, est enseignant-chercheur à l’université Abderrahmane-Mira de Béjaïa, où il exerce comme Maître de conférences à la faculté des sciences de la nature et de la vie.  Gérant d’un bureau…

Reporters : En votre qualité de biologiste, spécialiste en mammifères d’Algérie, vous vous intéressez ces dernières années aux chiroptères. Pouvez-vous nous faire un point de situation sur ces espèces animales ?
Dr Mourad Ahmim : Ces dernières décennies ont été les témoins de l’atteinte progressive portée par l’espèce humaine sur l’ensemble de la biodiversité à l’échelle planétaire. La perte pure et simple d’habitats, mais aussi leur fragmentation et la dégradation de leur qualité sont les principales causes de cette situation d’envergure planétaire si bien que la majorité des espèces, entre autres les chiroptères ou chauves-souris, sont actuellement menacées d’extinction à travers le monde.  Sur les 1 232 espèces de chiroptères recensées à travers la presque totalité des biomes de la planète, près de la moitié sont inscrites sur la liste des espèces menacées ou vulnérables par l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN). Parmi les principales causes de cette situation, les conséquences de l’urbanisation, la destruction des habitats naturels et la fragmentation de ce qui en reste en îlots relativement isolés et de tailles variées, le degré d’artificialisation des espaces verts induisant un manque de végétation spontanée porteuse de la faune d’insectes associée. Cet  état de fait a conduit les chauves-souris à exploiter les « gîtes anthropiques » comme les ponts, les entrepôts et mines désaffectés, les greniers et les avant-toits des habitations. Ces animaux profitent de la concentration des proies présentes sous les éclairages électriques qui sont parfois non favorables.  

Y a-t-il réellement une prise de conscience ici en Algérie, par rapport justement au rôle majeur que jouent les chiroptères ?

L’Algérie est un vaste pays qui présente, grâce à sa position géographique, une grande diversité floristique et faunistique. Si de nombreux travaux y ont été réalisés sur la faune mammalogique, très peu concernent les chiroptères, malgré leur rôle écologique majeur dans le maintien des écosystèmes.  Ce manque de données de base sur la chiroptérofaune d’Algérie constitue une barrière à la connaissance et la compréhension de leur rôle dans le maintien de la stabilité des écosystèmes naturels car elles présentent, en effet, des intérêts d’ordre systématique, écologique, vétérinaire, médical, économique et pharmacologique. De ce fait, les précieux services écologiques rendus par les chiroptères restent encore ignorés par la majorité des populations et même par les autorités en charge de la gestion de la faune et de la flore.  

Quelles sont les conséquences de cette situation d’absence de prise de conscience ?

La principale conséquence de cet état des choses est que les chauves-souris ne sont nullement prises en compte dans les projets de conservation et de gestion de la faune et de la flore des écosystèmes dans beaucoup de pays où elles sont menacées ou en déclin. Les chiroptères sont les seuls mammifères pratiquant le vol battu. Avec une richesse spécifique estimée à  1 232 espèces, elles représentent le quart des mammifères. C’est le premier ordre le plus diversifié de cette classe, suivi par celui des rongeurs. Mais en dépit de cette forte et caractéristique diversité, très peu d’informations sont disponibles sur ce groupe de mammifères, ceci en raison du faible nombre, voire de l’absence d’études menées.  

Existe-t-il une étude scientifique sur ces espèces animales en Algérie ?

Il existe chez nous 25 espèces appartenant à 7 familles. Elles sont toutes insectivores et protégées par la loi (décret 12-135 relatif aux espèces animales non domestiques protégées de  A ce jour, il faut considérer que l’étude des chauves-souris en Algérie ne fait que commencer vu que les dernières études remontent à 1991. Ce qui rend difficile la définition de l’évolution des populations ainsi que l’étude des paramètres à prendre en compte pour leur conservation car les chauves-souris comptent parmi les animaux les plus menacés, mais aussi parce qu’elles sont des indicateurs de biotopes à grande valeur pour d’autres espèces animales.

Dans quelles régions trouve-t-on plus de chiroptères ?

On trouve les chauves-souris dans le monde entier, exception faite de la zone arctique et de certaines îles océaniques éloignées. Elles sont divisées en 2 sous-ordres, les microchiroptères, qui comptent environ 800 espèces, de petite taille relative, capables d’écholocation, et les mégachiroptères, qui comprennent environ 170 espèces, dont les roussettes, de grande taille relative. On pense que les chauves-souris sont apparues sous un climat chaud, probablement au début de l’éocène. Le plus ancien fossile connu icaronycteris index remonte à environ soixante millions d’années. Grâce à une forte longévité, une position assez haute dans le réseau trophique et une très large répartition, les chiroptères représentent de bons candidats pour constituer un indicateur de biodiversité  

On croit savoir que le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) attache une grande importance à ces espèces menacées. Qu’en est-il réellement ?

Absolument. D’ailleurs, l’année 2012 a été déclarée, « Année internationale des chauves-souris par le PNUE, et ce, pour rappeler les nombreux services rendus par les chauves-souris et faire oublier certains préjugés qui persistent concernant ces noctambules inoffensives pour l’homme. Selon Merlin Tuttle, ambassadeur honoraire pour cet événement planétaire, cette initiative a été prise au vu des rôles essentiels des chauves-souris. Elles fournissent des services inestimables que l’homme ne doit pas se permettre de perdre. Elles interviennent dans le maintien de la santé des écosystèmes et ont un impact très important sur  l’économie de l’homme.  Parce que n’étant actives que la nuit et difficiles à observer et à comprendre, les chauves-souris sont rangées parmi les mammifères les plus incompris et les plus intensément persécutés de notre planète.  

On dit que les chauves-souris
sont aussi des insectivores qui contribuent au confort et au bien-être de l’homme. Est-ce vrai ?
Effectivement. Les espèces insectivores (microchiroptères pour la majorité et les seuls présents en Algérie) sont les principaux prédateurs d’un  grand nombre d’insectes qui volent la nuit, sur toute la planète. Les chauves-souris s’attaquent aux moustiques - jusqu’à 6 000 moustiques par nuit, selon certains auteurs - et aux ravageurs des récoltes dans beaucoup de pays du monde. Elles consomment des centaines d’autres espèces d’insectes que l’homme déclare nuisibles à son confort ou à son économie car, ils provoquent des pertes estimées en milliards de dollars par an. Elles participent ainsi dans une certaine mesure aux moyens prophylactiques de lutte contre les maladies dont ils sont vecteurs, comme le paludisme ou la dengue. Quelle que soit leur répartition géographique, tous les auteurs s’accordent à dire que les chiroptères représentent l’un des plus puissants insecticides naturels. Une étude, publiée dans la revue Science, fait le lien entre le déclin des chauves-souris aux Etats-Unis et l’impact financier pour l’agriculture. Selon les chercheurs, la disparition des chauves-souris pourrait coûter 3,7 milliards de dollars par an aux agriculteurs du fait d’un recours accru aux pesticides. Les roussettes (mégachiroptères) qui se nourrissent de nectar sont tout aussi importantes dans le maintien des écosystèmes entiers de la vie végétale, leur dispersion des graines et la pollinisation sont essentielles à la régénération des forêts tropicales qui sont le poumon de notre planète.  Beaucoup de plantes qui dépendent de ces chauves-souris sont en outre d’une grande valeur économique, leurs produits allant du bois au fruit, d’épices, de noix et de pesticides naturels. En somme, les chiroptères sont utiles à plus d’un titre, ils ont un rôle écologique très important.   

Ces mammifères nocturnes sont-ils protégés par la loi ?

La valeur écologique des chiroptères justifie que toutes leurs espèces soient considérées comme « espèces de faune strictement protégées » par la Convention de Berne, 1979, relative à la Conservation de la vie sauvage et du milieu naturel. Les chiroptères figurent également dans l’annexe II de la Convention de Bonn, 1979, relative à la Conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage.  Les chauves-souris sont étudiées et suivies par de nombreuses organisations internationales et nationales. On peut citer Bats Conservation International (BIT), Bats conservation (Batcon), Eurobats (chauves-souris d’Europe). En 2013 l’Afrique a vu son organisation naître après le sommet de Naivasha au Kenya le 15 février 2013. Cette organisation, qui a vu la participation de 19 pays africains, l’Algérie n’ayant pas été présente, est créée pour contribuer à la préservation des chauves-souris d’Afrique et des Iles de l’ouest de l’Océan indien, il s’agit de la Bats Conservation Africa (BC). En Algérie un groupe de travail a été créé récemment, l’Algerian BAT Group.

Vous êtes à l’origine de la célébration de la Fête internationale de la chauve-souris à Béjaïa. Y a-t-il vraiment un engouement pour cet événement au sein de la population béjaouie ?

Chaque année, on fête au niveau mondial la « Nuit de la chauve-souris », qui coïncide avec le 28 août, sous l’égide des Nations unies (Eurobats-Unep). Au moins, 122 pays participent à cet événement planétaire. Béjaïa en est à sa deuxième édition. Un travail de proximité a été fait auprès de la population et de plus un appel à questions a été lancé sur la page facebook « Les chauves-souris d’Algérie Algerian BAT Group, pour répondre aux questionnements des personnes qui ne connaissent pas les chauves-souris. Même le wali de Béjaïa est un fervent défenseur de ces mammifères dont il connaît l’importance. C’est un bon signe pour faire de Béjaïa la wilaya pilote pour la protection des chauves-souris, vu leur importance dans l’économie (agriculture, foresterie et santé publique). Il y a une bonne réaction de la part des internautes et les questions continuent à nous parvenir sur la page. Et tant mieux !
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EnvironnementThu, 01 Dec 2016 06:00:00 +0100
Dérèglement climatique : Les maires des grandes villes de la planète réunis à Mexicohttp://reporters.dz/index.php/actualites/2015-03-15-21-30-21/item/72404-dereglement-climatique-les-maires-des-grandes-villes-de-la-planete-reunis-a-mexico http://reporters.dz/index.php/actualites/2015-03-15-21-30-21/item/72404-dereglement-climatique-les-maires-des-grandes-villes-de-la-planete-reunis-a-mexico  Les maires des plus grandes villes du monde se réunissaient hier mercredi pour trois jours à Mexico pour tenter de lutter contre le dérèglement climatique et faire front face au président américain élu Donald…
Le Cities 40 (C40), le plus grand réseau de villes mondiales, sera présidé pour la première fois par la maire de Paris Anne Hidalgo, qui succède au maire de Rio de Janeiro (Brésil) Eduardo Paes à la tête de l’organisation. Mme Hidalgo s’est engagée à lutter «pour que les plus grandes et influentes villes du monde se mobilisent pour faire respecter l’Accord de Paris» sur le climat conclu il y a presque un an, à l’issue de la COP21. «A Mexico, Paris et d’autres villes pionnières annonceront de nouvelles mesures de lutte contre la pollution de l’air», indique la maire de la capitale française. Ce sommet sera également l’occasion de partager des solutions pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et créer des villes «écologiques et vivables» pour les citoyens, selon les organisateurs qui s’apprêtent à accueillir plus de 60 maires parmi les plus influents. L’ombre du président américain élu Donald Trump planera toutefois sur les débats, tant le flou sur ses positions concernant le climat a ouvert la voie aux interprétations et inquiétudes. Présents à Mexico, les maires de plusieurs villes américaines, dont ceux de Chicago (nord), Washington, La Nouvelle-Orléans (sud), Austin (sud) et Phoenix (sud-ouest), s’exprimeront sur le futur de la lutte contre le réchauffement climatique aux Etats-Unis pour sans doute dresser une digue face au bouillonnant magnat de l’immobilier, qui avait qualifié le changement climatique de «canular» inventé par les Chinois. Durant sa campagne, le milliardaire populiste avait également promis de revenir sur l’engagement des Etats-Unis de respecter l’Accord de Paris avant de sembler adoucir sa position, se disant «ouvert» sur cette question. «Après cette élection, le moment n’a jamais été aussi important pour ces leaders de ville de maintenir le cap, le monde entier compte sur eux», estime la maire de Sydney (Australie), Clover Moore, présente à Mexico, qui a bataillé pour réduire les émissions dans sa ville en dépit d’un gouvernement australien climatosceptique dirigé par Tony Abbott (2013-2015). Anne Hidalgo prend la tête de cette organisation de maires engagés dans la lutte contre le réchauffement climatique, qui représentent ensemble 650 millions de citoyens et dont les territoires génèrent 25% du PIB mondial. Le temps du sommet, la station de métro Hidalgo dans le centre de Mexico, du nom du héros de l’indépendance mexicaine, sera rebaptisée du nom de la maire de Paris. Créé en 2005, le «Cities Climate Leadership Group» (C40), dont le siège est à Londres, rassemble 85 villes parmi lesquelles New York, San Francisco (Etats-Unis), Vancouver (Canada), Londres, Paris, Moscou, Rome, Milan (Italie), Athènes, Séoul, Bombay (Inde), Djakarta, Melbourne (Australie), Hong Kong (Chine), Pékin, Sao Paulo (Brésil), Buenos Aires, Le Cap et Le Caire.
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reporters.quotidientnationale@gmail.com (Reporters)EnvironnementThu, 01 Dec 2016 06:00:00 +0100
Accord de Paris sur le climat : Bruxelles dévoile ses plans pour doper les énergies renouvelableshttp://reporters.dz/index.php/actualites/2015-03-15-21-30-21/item/72403-accord-de-paris-sur-le-climat-bruxelles-devoile-ses-plans-pour-doper-les-energies-renouvelables http://reporters.dz/index.php/actualites/2015-03-15-21-30-21/item/72403-accord-de-paris-sur-le-climat-bruxelles-devoile-ses-plans-pour-doper-les-energies-renouvelables  La Commission européenne a dévoilé, hier mercredi, un important paquet de mesures visant à promouvoir une transition énergétique basée sur les énergies renouvelables, dans l’esprit de l’Accord de Paris sur le climat.
Bruxelles cherche à mettre en place un cadre législatif davantage tourné vers les marchés pour des énergies renouvelables qui ont été jusqu’à présent largement subventionnées.  Pourtant depuis 2011, les investissements dans le secteur ont chuté, a déploré le commissaire européen chargé de l’Action pour le climat, Miguel Arias Canete. La Commission veut aussi accélérer l’effort imposé en termes d’économies d’énergie au sein de l’UE d’ici 2030, à 30% (par rapport aux niveaux de 1990) et le rendre contraignant pour ses Etats membres. L’Exécutif européen cherche ainsi à mettre rapidement en place un cadre législatif pour parvenir à respecter son engagement de réduire de 40% ses émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030. « Ces nouvelles règles mettront l’Europe au premier plan de la transition vers une énergie propre. Après l’accord de Paris, l’UE poursuit avec des actions concrètes qui doivent définir les bonnes motivations pour les investissements si nécessaires en Europe», a déclaré M. Canete dans un bref communiqué adressé à l’AFP. Pour la Commission européenne, l’élimination progressive du carbone dans l’économie de l’UE (dite «décarbonation») passe par une refonte du marché de l’électricité. Depuis octobre 2014, l’UE s’est fixée un objectif de 27% d’énergie renouvelables dans la consommation totale d’énergie par rapport à 1990. La politique proactive de l’UE en la matière lui permet d’espérer dépasser le taux de 20% qu’elle s’était fixée pour 2020. Dans la lignée de son grand projet d’«Union de l’Energie», Bruxelles continue de vouloir faciliter la coopération entre Etats membres. Elle propose ainsi un «mécanisme de capacité» au niveau européen.
Déjà mis en place sous différentes formes par plusieurs Etats membres, ce mécanisme permet de compenser des producteurs d’électricité qui gardent opérantes des capacités de production nécessaires pour franchir les pics de consommation, mais pas forcément rentables. Toutefois, Bruxelles veut imposer une limite de 550 grammes de CO2 produit par kilowatt/heure pour éviter que les centrales à charbon les plus polluantes ne soient maintenues en vie à ces fins.
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reporters.quotidientnationale@gmail.com (Reporters)EnvironnementThu, 01 Dec 2016 06:00:00 +0100