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jeudi, 13 juillet 2017 06:00

Limitation de la production pétrolière : L’Opep décrète la fin des exceptions Spécial

Écrit par Hakim Ould Mohamed
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Alors que les accords de l’Opep et ses partenaires sont globalement respectés, leurs effets sur le marché sont loin de se faire sentir jusqu’ici, à l’heure où nombre d’experts et de pétroliers réunis à Istanbul, à l’occasion du Congrès mondial du pétrole, redoutent l’accélération de l’activité du schiste et de la production de certains pays, dont le Nigeria et la Libye.


Le dernier rapport de l’Opep, diffusé hier, fait état d’une hausse fulgurante de la production de ses deux membres au mois de juin dernier. Des analystes ont rappelé à juste titre à  Istanbul que les accords en question n’auraient mécaniquement et psychologiquement aucun effet si des pays membres de l’Opep, exemptés jusqu’ici de l’effort de plafonnement de la production, continuent à pomper sans limites. Conséquemment à la hausse de la production nigériane et libyenne, l’offre pétrolière des 14 membres de l’Opep a atteint 32,61 millions de barils par jour (mbj) en juin, contre 32,21 mbj en mai, selon une estimation moyenne de sources secondaires de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole. L’offre mondiale a progressé de 0,66 mbj à une moyenne de 96,59 mbj en juin par rapport à mai, ce qui serait totalement contraire aux prévisions et aux objectifs fixés initialement par l’Opep et ses partenaires. Mais il n’y a pas qu’en Libye et au Nigeria que la production a cru, mais aussi dans nombre d’autres pays de l’Opep, tels l’Irak, le Venezuela et l’Arabie saoudite, selon un rapport de l’Organisation. Face à cette rébellion, des experts du secteur craignent que le rebond des prix du pétrole ne puisse pas tenir si aucune mesure concrète n’est prise pour contrôler rapidement la production de ces pays. En réponse à ces préoccupations, partagées d’ailleurs par l’ensemble des membres de l’Opep, le Nigeria et la Libye sont conviés à participer à la réunion de suivi de l’accord sur les quotas, prévue le 24 juillet à Saint-Pétersbourg, entre l’Opep et ses partenaires. Les observateurs s’attendent à ce que les Etats exemptés de l’accord de limitation de la production soient mis à contribution. Allusion faite au Nigeria et à la Libye. Il fallait s’y attendre. Car la hausse de l’offre provenant tant des pays de l’Opep que des producteurs non-Opep fait éloigner un peu plus le rêve d’un rééquilibrage du marché.
Les compagnies, elles, craignent que leurs résultats s’enfoncent davantage dans le rouge. Depuis trois années déjà, les majors pétroliers et gaziers affrontent des cours du pétrole qui ont été globalement divisés par deux, les poussant à contracter leurs dépenses et leurs coûts. « Nous savons tous que la demande (de pétrole) va continuer de croître (...) mais ce qui est nouveau, c’est l’augmentation de l’offre », estime Bob Dudley, le P-DG du groupe BP, intervenant lors des travaux du Congrès mondial du pétrole, citant notamment l’expansion des gaz de schiste aux Etats-Unis.

La baisse des cours devrait perdurer
Les patrons des compagnies pétrolières, réunis à Istanbul à l’occasion de la tenue dudit congrès, sont justement presque convaincus que la baisse des cours du brut devrait être de longue durée, ce qui contraint les majors à s’y adapter. Le défi est double, celui d’une abondance de l’offre de pétrole et la nécessité de devenir « compatibles » avec un monde bas carbone. Il n’y aura pas de « solution miracle », a estimé hier Bob Dudley, le P-DG du groupe BP, intervenant lors des travaux du congrès. La chute des cours pétroliers mondiaux vient à peine de boucler sa troisième année, une occasion pour les Etats et les patrons des compagnies d’estimer les effets, voire les dégâts. Le changement climatique est « un défi » auquel l’industrie pétrolière doit répondre. Et « nous devons y répondre en rendant compatible notre activité avec un monde bas carbone », a déclaré le patron de BP au Congrès mondial du pétrole d’Istanbul. L’enjeu pour le secteur du pétrole sera de « fournir plus d’énergie que jamais en réduisant les émissions » de gaz à effet de serre, a-t-il détaillé, mettant en avant notamment le rôle du gaz, moins polluant que le charbon. Mais « il n’y aura pas de solution miracle », a-t-il argumenté, mettant plutôt en avant la nécessité pour les majors pétroliers d’être plus efficaces et plus fiables, et de continuer à investir dans de nouvelles technologies pour apporter de « nouvelles solutions». C’est dans un nouveau contexte d’une « abondance de l’offre » de pétrole que ces défis doivent être relevés, selon lui. Histoire d’inviter les Etats et les groupes pétroliers à changer leur politique de consommation, mais surtout le modèle énergétique actuel centré sur les énergies fossiles. D’autant plus que les prévisions en matière d’offre pétrolière vont en augmentant, lézardant l’espoir d’un rééquilibrage du marché par la demande et par la limitation de la production Opep. 

Dernière modification le mercredi, 12 juillet 2017 23:14

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