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jeudi, 09 novembre 2017 06:00

Secteur agroalimentaire : Agropoles, technopoles et clusters agroalimentaires en débat à Mascara

Écrit par Rafik AIOUAZ
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Acteurs scientifiques et industriels du secteur agricole et agroalimentaire étaient en nombre à l’occasion de la tenue durant deux jours (7 et 8 novembre) du 13  Forum sur les agropoles et clusters agroalimentaires dans les pays du Maghreb à l’université de Mascara.

Riches de l’expérience acquise au sein de leurs clusters respectifs, les responsables de ces structures en Algérie, au Maroc et en Tunisie ont évoqué leurs expériences sous l’observation d’émissaires mauritaniens qui représentent leur pays pour la première fois au forum. Cette première rencontre à Mascara, ville d’ores et déjà considérée comme un réel pôle agricole, selon les organisateurs, s’inscrit dans l’objectif d’impulser des réseaux d’agropoles et de clusters agroalimentaires. Secteur classé prioritaire par le gouvernement, l’agroalimentaire connaît une croissance mitigée et qui peine à résister à la concurrence des fournisseurs sur la scène internationale. «Ce sera l’occasion pour les participants de s’interroger sur les stratégies d’appropriation et de diffusion des savoirs qui permettront la création de valeurs et de l’innovation tout au long de ces filières agroalimentaires», explique Mohamed Benslimane, vice-recteur de l’université Mustapha-Stambouli de Mascara, assurant que pour parvenir à cet objectif, cela suppose «une synergie des différents partenaires sur le terrain». Ce qui induirait l’émergence de pôles compétitifs et innovants dans le secteur agroalimentaire. «Dans ce sens, l’université de Mascara s’engage à entreprendre un plan de développement basé sur le principe d’une recherche utile, tendant à la dynamique de notre agriculture», affirme le responsable. A noter que dans les pays du Maghreb, les notions de technopoles, agropoles, clusters ou pôles de compétitivité sont timidement apparues au cours de la décennie 1990, et se sont progressivement imposées à partir des années 2000. «Au cours des deux dernières décennies, chacun des trois pays a effectivement lancé plusieurs programmes de développement préconisant ces formes d’organisation en réseau, sous différentes dénominations : technopoles, agropoles, clusters, pôles agricoles intégrés, pôles d’excellence», explique Abdelhamid Bencharif, professeur associé à l’université de Montpellier. Cependant, il n’est pas possible d’évaluer le nombre exact de ces types d’organisations. En effet, plusieurs projets n’ont jamais démarré, d’autres ont fait l’objet d’études sans suite, certains ont pu fonctionner avec un appui de la coopération internationale mais ont disparu à la fin du financement. Le nombre de clusters agroalimentaires qui fonctionnent est en définitive réduit: trois à quatre au Maroc et en Tunisie. Le même nombre de clusters agroalimentaires est en construction en Algérie, selon les experts interrogés. «Pourtant, les opportunités de cette forme d’organisation des acteurs sont fort prometteuses pour les trois pays», estime Abdelhamid Bencharif.  Parmi les clusters en activité, l’on cite le pôle de compétitivité de Bizerte, en Tunisie, le Cluster Menara, au Maroc, bien qu’étant d’une envergure beaucoup plus modeste et, dans une moindre mesure, les agropoles de Meknès et de l’Oriental, également au Maroc. En Algérie, il existe principalement deux pôles actifs : le cluster boisson de la Soummam et le pôle agroindustriel intégré (PAI) dédié à la filière lait à Sétif, initié en 2012 par le ministère de l’Agriculture, avec l’appui de la Banque mondiale. «La mise en place d’organisations collectives en réseau est une construction délicate et difficile, qui rencontre un grand nombre d’obstacles ; les risques d’échec sont très élevés et plusieurs projets n’ont jamais atteint leur maturité», tempère M. Bencharif. 

D’autre part, les organisateurs du Forum de Mascara s’accordent à dire que dans les pays du Maghreb, les clusters présentent une opportunité certaine. En effet, en tissant les relations entre les acteurs d’un territoire, estiment-ils, les clusters peuvent apporter une réponse adaptée aux problèmes posés par les cloisonnements sectoriels et contribuer à la construction de chaînes de valeur dans les territoires, à travers une amélioration des performances des acteurs des filières agroalimentaires.
Il s’agira d’améliorer les performances notamment à travers le gain de compétitivité face aux perspectives des marchés et à la fracture économique Nord-Sud, tout en organisant les ressources scientifiques aptes à convertir leur savoir en savoir-faire. Sur ce point, selon l’ancien ministre de l’Agriculture, Sid Ahmed Ferroukhi, «il faut avoir les bons instruments» pour mettre en place ce genre de réseaux. «L’évolution qui nous attend est plus qualitative que quantitative, et ce sont ces nouveaux instruments qui permettent d’y parvenir. La qualité suppose un projet commun entre les différents intervenants d’une même filière, ça va de la passerelle où l’agriculteur suit un itinéraire technique jusqu’aux différents autres intervenants, notamment ceux de la transformation, de l’emballage et de la commercialisation. Maintenant, la question est de savoir si on doit initier ces agropoles ou bien les laisser émerger et les développer par la suite», estime-t-il.

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