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jeudi, 11 janvier 2018 06:00

Formation professionnelle : L’agriculture, la maçonnerie, le bâtiment, le tourisme... «boudés»

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Des dizaines de milliers de jeunes, issus des déperditions scolaires, finissent par se rendre à l’évidence en gagnant les différents centres de formation professionnelle, comme ultime refuge pour échapper à l’oisiveté et à terme décrocher un diplôme qui leur permettra l’accès à un métier d’avenir.

Sauf qu’au bout d’un certain temps, beaucoup de ces jeunes décrochent, pour se retrouver une seconde fois dans le carcan de la déperdition. Peut-on expliquer l’état des lieux par le fait de former des jeunes en fonction des besoins économiques de chaque région et non pas suivant le penchant de chacun d’entre eux ? « Non », répondra M. Azrouh, directeur de la formation professionnelle. «Toutefois, nous essayons de faire la part des choses en tentant d’orienter l’élève vers une spécialité que nous jugeons convenable pour lui, et suivant son niveau scolaire, tout en lui laissant une marge de manoeuvre pour choisir la filière dans laquelle il pourrait exceller», explique-t-il, en poursuivant : «Nous appliquons un programme élaboré par l’Etat et qui consiste à former des apprentis au profit des entreprises, publiques ou privées, qui, à leur tour, sont impliquées aussi dans la formation pratique suivant une carte pédagogique. Mais pour éviter d’imposer des contraintes à l’apprenti, celui-ci est soumis, avant toute inscription, à un entretien pour évaluer ses motivations et agir en conséquence pour l’orienter vers telle ou telle spécialité, notamment, vers les domaines «boudés », tels que l’agriculture, la maçonnerie, le bâtiment, le tourisme... tout en assurant son accompagnement », explique-t-il encore. Néanmoins, la formation d’un nombre important d’apprentis implique un nombre important de chômeurs. « En effet, ces derniers temps, on a remarqué un nombre important de diplômés par rapport aux offres d’emploi. Autrement dit, on a formé des jeunes sans tenir compte des opportunités du travail sur le marché. Or, avant l’élaboration de la carte pédagogique, il fallait charger une commission de faire un diagnostic sur les besoins de chaque région pour éviter cet écart disproportionnel entre l’offre et la demande. Et c’est ce que nous faisons désormais», ajoute notre interlocuteur. A noter que le secteur de la formation professionnelle comptabilise 9 054 inscrits, reconduits pour la rentrée prochaine, répartis sur les différentes spécialités, dont 2 526 postes d’apprentissage, 270 pour les cours du soir, 470 pour la femme au foyer, 1 100 pour les détenus... Pour ce qui est des motifs des déperditions, M. Azrouh les explique par certaines conditions familiales des apprentis, soit comme chef de famille pour les garçons ou pour le motif du mariage pour les filles. «Nos jeunes veulent des formations de courte durée qui leur permettent d’accéder immédiatement au monde de l’emploi. Du coup, nous essayons de faire dans le social pour certains d’entre eux, en les encourageant à faire des formations qualifiantes sanctionnées par des certificats de qualification professionnelle. En outre, la DFP s’attèle à organiser périodiquement des ateliers avec les différents dispositifs Ansej, Anem, Cnac... pour avoir une vision globale sur la carte à élaborer. D’ailleurs, nous préparons un guide de formation professionnelle continue, destiné à toutes les entreprises afin de leur faciliter l’organisation de leurs plannings en termes d’accueil des apprentis et de formation de leurs employés ». Enfin, pour préparer l’apprenti, le futur actif et peut-être à la tête d’une start-up, créatrice d’emplois et surtout éviter les déperditions, la direction de la formation professionnelle consacre, selon notre interlocuteur, un module dédié aux meilleurs moyens pour sensibiliser et accompagner le jeune après la durée de formation. Une formule louable si on ne veut pas former des futurs chômeurs.

M. A.

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