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mardi, 17 avril 2018 06:00

Mila : Les lieux payants du «savoir» pullulent

Écrit par Zaoui Abderaouf
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A voir ces groupes de jeunes enfants et adolescents rassemblés en certains endroits des villes et villages de la wilaya, avec cartables ou sacs-à-dos, l’on croirait être devant un établissement scolaire, mais à regarder de plus près, on ne trouve trace ni d’école ni de collège ni de lycée, seuls des garages, des baraques ou des maisons servant de lieux du « savoir » se dressent devant vous.

Des filles et des garçons rentrent, d’autres en sortent, c’est la fin des cours pour les uns et le début pour d’autres. Les vendredis, samedis et mardis après-midi, journées coïncidant avec les repos hebdomadaire des élèves des établissements scolaires, l’on se bouscule devant ces soi-disant lieux du savoir. Mathématiques, physique, chimie, langues étrangères et autres matières sont enseignées dans ces établissements de fortune par des enseignants en activité ou en retraite et, comble de l’ironie, des fois, par des individus qui ignorent tout de la pédagogie et de la méthodologie. C’est dire que même dans l’enseignement, l’informel écrase le régulier. Il faut l’avouer, inculquer le savoir n’est pas chose aisée. En effet, l’on peut être excellent dans une matière mais incapable de la transmettre à autrui comme l’on peut être à peine moyen et faire passer le message aisément. L’enseignement est un métier difficile. Dans les établissements scolaires officiels, les enseignants ne cessent de se plaindre de la surcharge des classes, mais dans leurs « écoles privées » cela ne les dérange nullement car plus le nombre est en hausse, plus les recettes sont meilleures. Les prix des cours varient d’un enseignant à un autre, mais 1 000 dinars est le prix minimum requis pour quelques heures de cours. Certains professeurs en activité ne se gênent nullement « d’inviter » leurs propres élèves à prendre des cours de soutien moyennant un pécule. Un élève pourrait-il refuser une « invitation » d’un de ses professeurs ? Refuser, aux yeux de certains professeurs, c’est accepter sa mise en quarantaine. Les cours de soutien scolaire, avec le temps, sont devenus une véritable source de revenus pour certains enseignants et une « mode » entrée dans les mœurs des familles, ces dernières envoient leurs enfants dans ces « baraques »par peur de représailles ou parce que tout simplement il faut « copier » les voisins. De bons enseignants existent encore dans les écoles publiques, ils se donnent corps et âme à leurs élèves et font tout ce qui est en leur pouvoir pour transmettre leurs connaissances, ils n’enseignent pas dans des baraques et se contentent de leurs salaires. Ils enseignent parce qu’ils aiment leur métier. Heureusement pour l’école publique. Tous les enseignants ne sont pas des « donneurs de cours payants ». 

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