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mercredi, 15 février 2017 06:00

Berlinale : «L’autre côté de l’espoir», plaidoyer pour les réfugiés

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«Où est passée notre humanité?», s’interroge Aki Kaurismäki avec «L’autre côté de l’espoir», deuxième volet de sa trilogie sur l’exil qui livre une vision grinçante de l’accueil des migrants en Finlande et espère faire changer le regard des Européens.

«Demain, c’est peut-être vous qui serez un réfugié», a lancé, mardi, à la Berlinale, le cinéaste finlandais dont le film est en compétition pour l’Ours d’or qui sera remis samedi. Avec ce film, «je veux changer le monde, je vais essayer de changer l’Europe» où le sentiment anti-immigration est croissant, a-t-il déclaré. «J’essaie au moins pour les trois personnes qui verront ce film», a-t-il plaisanté, devant une presse conquise. Après son long-métrage sur les déboires d’un jeune Africain sans-papiers au Havre, Kaurismäki orchestre la rencontre entre un migrant syrien échoué contre son gré dans la grisaille finlandaise et un restaurateur local séparé de sa femme alcoolique. Ce sont les mêmes plans dépouillés, les décors presque monochromes, les aubes ou crépuscules brumeux, les visages blafards, qu’affectionnent tant Kaurismäki, peintre économe des laissés pour compte. Les deux hommes commencent par s’échanger de généreuses mornifles avant que Khaled, joué par l’acteur syrien Sherwan Haji, ne devienne l’obligé du taciturne Wikström, incarné par Sakari Kuosmanen. Kaurismäki, 59 ans, brosse un portrait peu amène de son pays et de la froide bureaucratie qui refuse un permis de séjour à Khaled alors que Wikström désespère de le faire travailler. «Mon message au gouvernement de ce pays vieillissant, qui se dépeuple et se désertifie, est qu’il est absurde d’empêcher des jeunes gens diplômés et dynamiques de s’installer en Finlande», a récemment écrit le cinéaste dans un courriel au quotidien Helsingin Sanomat. En 2015, la Finlande a accueilli plus de 32.000 demandeurs d’asile en majorité irakiens, afghans et somaliens, un afflux a priori gérable pour ce vaste et homogène pays de 5,4 millions d’habitants mais une des proportions par habitant les plus élevées d’Europe. Il pose un sérieux défi à la cohésion et à l’intégration tant les Finlandais, à la proverbiale réserve, sont jaloux de leur mode de vie et méfiants face à l’étranger. Le pays nordique est en outre en phase de redressement après plusieurs années de marasme et craint le coût social de l’immigration. A l’instar d’autres capitales européennes, Helsinki a fortement resserré ses conditions d’asile en 2016. Profitant de son séjour à Berlin, Aki Kaurismäki a «remercié» la chancelière allemande Angela Merkel qui, en 2015, a ouvert son pays à des centaines de milliers de demandeurs d’asile. Elle «au moins, s’est intéressée au sort des réfugiés». A la Berlinale, festival à la dimension politique assumée, la crise migratoire avait été le grand sujet de 2016, la récompense suprême étant allée au film italien sur les migrants «Fuocoammare». Cette thématique est encore bien là cette année avec le film de Kaurismäki mais aussi des actions de solidarité envers les dizaines de milliers de demandeurs d’asile arrivés à Berlin depuis 2015. L’acteur Sherwan Haji, 31 ans, est arrivé, lui, avant cette grande vague migratoire, en 2011, après s’être amouraché d’une Finlandaise rencontrée à Damas. Le jeune acteur a découvert l’œuvre de Kaurismäki pendant ses études dramatiques dans la capitale syrienne en visionnant «L’homme sans passé», récompensé en 2002 par le Grand Prix du festival de Cannes.

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