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mercredi, 06 décembre 2017 06:00

En compétition dans la catégorie fiction au FICA 2017 : «A United Kingdom», quand l’amour catalyse la lutte pour la dignité et l’indépendance

Écrit par Sihem Bounabi
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«A United Kingdom », un film romantique, inspiré de l’histoire vraie de Seretse Khama et sa femme Ruth Williams, dont le mariage a marqué l’histoire de l’Afrique, en défiant les lois de l’apartheid, le protectorat britannique et personnifia la lutte politique de toute un peuple jusqu’à obtenir l’indépendance du Botswana.

La compétition dans la catégorie fiction du 8e Festival international du cinéma d’Alger (Fica) dédié au film engagé s’est poursuivie, lundi passé, avec la projection de « A United Kingdom », réalisé par Amma Assante. Le film, adapté du roman « Colour Bar » de Susan Williams, projeté pour la première fois en Algérie dans le cadre du 8e Fica, sera ensuite diffusé dans le réseau des salles de l’Office national de l’information et de la communication (ONIC) distributeur officiel du film et partenaire du Fica 2017.
« A United Kingdom », tel qu’il est souligné dans le synopsis, relate « la rencontre, en 1947, de Seretse Khama, jeune roi du Botswana, et de Ruth Williams, une Londonienne de 24 ans, qui tombent éperdument amoureux l’un de l’autre. Tout s’oppose à leur union. Leurs différences, leurs familles, les lois anglaises et sud-africaines. Mais Seretse et Ruth vont défier les diktats de l’apartheid, changer leurs pays et inspirer le monde».
Cette fiction met en relief la personnalité de Seretse Khama, jeune roi, puis Premier ministre Bechuanaland (ancien nom du Botswana), Président du Botswana indépendant, qui a marqué l’histoire tant par ses qualités politiciennes, son intelligence, sa droiture que pour son amour inconditionnel pour sa femme Ruth, que l’on surnommera plus tard « Lady Antiapartheid ».
La réalisatrice met ainsi en lumière l’histoire de l’engagement d’un homme pour sa patrie et la femme qu’il aime. Une histoire vraie prenant une ampleur particulière, aujourd’hui, dans le contexte des replis identitaires exacerbés, de la montée de racisme et de l’image d’une Afrique meurtrie, en proie à tous les maux.
Les deux personnages principaux sont talentueusement interprétés par David Oyelowo et Rosamund Pike. L’acteur David Oyelowo, d’origine nigériane, avait confié aux médias britanniques à la sortie du film : « Je suis fier d’être africain et je suis passionné par cette histoire. » C’est lui qui avait contacté la réalisatrice Amma Asante, qui a tout de suite accepté le projet et d’aller tourner au Botswana.
Au-delà de la romance, des paysages magnifiques, de l’esthétisme bluffant du long métrage, Amma Assante aborde avec finesse les enjeux politiques et économiques du système du protectorat britannique en terres africaines.
En effet, le mariage du jeune roi noir avec une anglaise blanche va déclencher un cataclysme chez son voisin l’Afrique-du-Sud, qui installe sa politique d’apartheid. Après avoir interdit le mariage, dit interracial, sous le régime de l’apartheid, l’Afrique-du- Sud refuse cette union.
Comme le Bechuanaland était un protectorat et non une colonie, le gouvernement sud-africain exerce immédiatement des pressions pour que Khama soit expulsé. Les membres du Parti travailliste britannique dans le gouvernement et, à leur tête Churchill, inquiets par la dette massive britannique contractée à cause de la Seconde Guerre mondiale, abdique car ils ne peuvent pas se permettre de perdre l’or de l’Afrique-du-Sud et l’approvisionnement en uranium.
La réalisatrice avait déclaré dans les médias qu’elle désirait « montrer la véritable complexité de la situation politique dans laquelle se trouvait le gouvernement britannique. Des politiciens britanniques dont les actes ont pu paraître foncièrement racistes agissaient pour servir l’intérêt national ». Suite à cette pression, le couple sera séparé, le jeune roi exilé à Londres, avant d’être rejoint plus tard par sa femme et sa fille Jacqueline. Après des années de combat, Seretse Khama et Ruth sont autorisés à retourner au Botswana en tant que simples particuliers, après avoir renoncé au trône tribal. Une ruse politique de Khama pour mener son pays à l’indépendance. En effet, en 1961, il fonde le Parti démocratique du Bechuanaland (BDP) qui remporte les élections en 1965. Ce qui mena Khama à être nommé Premier ministre du Bechuanaland. Il œuvre alors pour l’indépendance du Botswana, dont la nouvelle capitale serait Gaborone. En 1965, une constitution définit le nouveau système politique du Botswana. Et le 30 septembre 1966, le Botswana obtient son indépendance, avec Khama pour premier Président. Le talent de la réalisatrice est d’avoir donné une dimension humaine à ce parcours exceptionnel, en mettant en exergue dans de nombreux plans des scènes chargées d’émotions et une direction d’acteurs remarquables.
Un pari réussi pour la réalisatrice anglaise, fille d’immigrés ghanéens, qui trouvait important de « raconter des histoires africaines du point de vue des personnages africains »..

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