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mardi, 09 janvier 2018 06:00

75e cérémonie des Golden Globes : Triomphe des œuvres dédiées aux femmes battantes Spécial

Écrit par Sihem Bounabi
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«Time’s up !» (C’est fini) le leitmotiv de la 75e cérémonie des Golden Globes, annonce une nouvelle aube à Hollywood, où les femmes prennent leur destin en main. Une cérémonie marquée aussi par un palmarès plébiscitant les personnages féminins pétris de force et un large ralliement dénonçant la violence et le harcèlement suite à l’onde de choc de l’affaire Weinstein.

 

Les femmes héroïnes, solidaires et leaders ont marqué la 75e cérémonie des Golden Globes, avant-hier, dimanche, au Beverly Hilton où l’actualité de la parole donnée aux femmes était au cœur de l’événement.
Le ton de la soirée est donné dès le passage glamour des stars de tous bords, sur le tapis rouge avec la déferlante de robes et smokings noirs. Presque tous les participants à la soirée portaient d’ailleurs du noir, répondant à l’appel de l’organisation Time’s up, Time’s up ! (C’est fini) fondée pour financer la défense de victimes d’agressions sexuelles au travail par plusieurs centaines d’actrices, dont Natalie Portman et Reese Witherspoon.
Dénonçant la culture du harcèlement sexuel dans les milieux du divertissement, cette volonté de protester avec un code couleur a été résumée par Debra Messing, la star de la série «Will and Grace» qui a déclaré au micro de la chaîne E! : «C’est fini. Nous voulons de la diversité, nous voulons l’égalité entre les sexes à tous les niveaux, l’égalité salariale (…) Nous voulons que les gens commencent à avoir cette discussion, et qu’ils réalisent que les femmes ont autant de valeur que les hommes».
Pour sa part, l’humoriste Seth Meyers, présentateur de cette édition, a débuté la soirée en déclarant aux présents «Bonjour mesdames et les hommes qui restent» : «Cela fait des années que les hommes blancs n’ont pas été aussi nerveux à Hollywood». Il avait annoncé au New York Times avant la cérémonie qu’«il y a des gens qui ont clairement passé une ligne rouge et ça devrait être ressenti comme quelque chose de positif de se moquer d’eux».
L’humoriste a ainsi enchaîné les railleries sur l’affaire Weinstein et les hommes qui abusent de leur pouvoir à Hollywood en ajoutant : «On est en 2018, la marijuana est finalement autorisée et le harcèlement sexuel ne l’est plus. Ça va être une bonne année».
Pour rappel, le producteur déchu Harvey Weinstein a été accusé par plus de 100 femmes de harcèlement, d’agressions sexuelles ou de viols. Depuis ces révélations, une litanie de personnalités d’Hollywood, comme les acteurs Kevin Spacey, Dustin Hoffman ou Jeffrey Tambor, les producteurs et cinéastes Brett Ratner et John Lasseter, ont à leur tour été accusés d’abus sexuels.


Oprah, leader pour une nouvelle aube
La grande star de la soirée, incarnant le mouvement des femmes leaders dans la société, est la présentatrice et femme d’affaires américaine Oprah Winfrey qui a reçu un prix pour l’ensemble de sa carrière. «Dire notre vérité est l’outil le plus puissant que nous ayons. Je suis particulièrement fière et inspirée par toutes les femmes qui se sont senties suffisamment fortes pour élever la voix et partager leurs histoires personnelles», a déclaré une des femmes parmi les plus puissantes de l’industrie américaine du film, la puissante femme de la télévision.
«Depuis trop longtemps, les femmes n’ont pas été entendues ou crues si elles osaient dire la vérité face au pouvoir de ces hommes. Mais c’est fini pour eux ! C’est fini pour eux !», a-t-elle ajouté, recevant une ovation debout et déclenchant des larmes parmi les actrices dans la salle de bal du Beverly Hilton.
Saluant également le rôle de la presse, elle a souligné : «C’est l’insatiable dévouement de découvrir la vérité absolue qui nous empêche de fermer les yeux sur la corruption et l’injustice», a-t-elle déclaré. «Je veux dire que j’attache de l’importance à la presse plus que jamais auparavant tandis que nous essayons de naviguer dans ces temps complexes». Oprah Winfrey a aussi mis en exergue qu’elle est la première femme noire à recevoir le prix Cecil B. DeMille après Sidney Poitier, premier homme afro-américain, en 1982.


Triomphe de «Big Little Lies»
C’est Nicole Kidman qui a remporté le premier prix de la soirée, sacrée meilleure actrice dans une mini série pour la télévision «Big Little Lies», dans laquelle elle joue une femme battue par son mari. Elle a rendu hommage à ses co-stars, en particulier à la coproductrice, comme elle, de la mini série, Reese Witherspoon. «Wouah, le pouvoir des femmes !», a-t-elle déclaré en recevant le 4e Globe de sa carrière.
«Big Little Lies» a ainsi triomphé avec les Globes de la meilleure minisérie et des prix pour ses interprètes Nicole Kidman en femme battue, Alexander Skarsgard qui joue son mari violent lors de scènes terrifiantes et Laura Dern en mère d’une petite fille harcelée en classe.
La série «La Servante écarlate», qui dépeint un monde apocalyptique où les Etats-Unis sont aux mains d’une secte fondamentaliste maintenant les femmes fertiles en esclavage, a remporté la statuette de meilleure série dramatique. Son créateur, Bruce Miller, a encouragé à continuer «tous ceux et celles qui font ce qu’ils peuvent pour que ‘’la Servante écarlate’’ ne devienne pas réalité». Elisabeth Moss a également été primée pour cette série et a dédié son prix à Margaret Atwood, auteure du roman dont est adaptée la série. «C’est pour vous et les femmes (…) suffisamment courageuses pour s’élever contre l’intolérance et l’injustice», a affirmé la comédienne.
Peu de surprises pour les séries durant cette cérémonie finalement. HBO domine toujours la télévision malgré les faibles nominations de ses shows phares. En revanche, on peut noter la montée en puissance des plateformes de streaming puisque Hulu, Netflix et Amazon repartent, à elles trois, avec 5 Golden Globes.
Netflix ne repart pas bredouille puisque Aziz Ansari a été récompensé du Golden Globe de meilleur acteur dans une série comique ou musicale pour la sublime saison 2 de Master of None.


«3 Billboards» en route pour les oscars
Dans la catégorie cinéma, c’est «3 Billboards : les panneaux de la vengeance», sur une mère qui demande justice (à l’aide de trois panneaux publicitaires) et dénonce l’inertie de l’enquête policière après l’assassinat de sa fille, a été couronné meilleur film dramatique avec quatre prix au total. Son interprète principale, Frances McDormand, le scénario de son auteur-réalisateur Martin McDonagh et l’acteur dans un second rôle Sam Rockwell, ont aussi été primés. Frances McDormand s’est dit heureuse de «participer au changement tectonique dans la structure de pouvoir dans notre industrie».
«Lady Bird», fable douce-amère sur une adolescente tourmentée mise en scène par Greta Gerwig - pourtant occultée de la sélection pour le prix des metteurs en scène, qui a décroché le titre de meilleure comédie, son interprète Saoirse Ronan, repartant avec la statuette de meilleure actrice dans cette catégorie.
La romance fantastique entre une muette solitaire et un monstre reptilien, «La forme de l’eau», du Mexicain Guillermo del Toro, est repartie avec le Globe du meilleur réalisateur et de la meilleure bande originale pour le compositeur français Alexandre Desplat. Le drame sur le terrorisme «In the Fade», du cinéaste allemand d’origine turque Fatih Akin, une coproduction germano-française, a remporté le prix du meilleur film en langue étrangère.
Les projecteurs braqués sur les violences sexuelles ont toutefois occulté le débat sur le manque de diversité à Hollywood et le palmarès dimanche était presque entièrement blanc, à l’exception de Sterling K. Brown pour «This is Us» et Aziz Ansari pour «Master of None».
Les Golden Globes sont décernés par un petit groupe de 90 membres de l’Association de la presse étrangère d’Hollywood. Ils forment un baromètre à la fiabilité variable sur les titres et artistes les mieux placés pour les oscars, apogée de la saison des prix à Hollywood qui se tiendra le 4 mars prochain. 

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