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francealgerie

lundi, 12 février 2018 06:00

Théâtre : Le monologue «Dis que t’as tort !» décortique la sociologie algérienne par l’absurde

Écrit par Fadila Djouder
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Intitulé «Dis que t’as tort», le nouveau monologue, mis en scène par Ahmed Rezzag, interprété par le comédien Chaker Boulmedais, a été présenté, avant-hier soir, en présence d’un nombreux public à la salle ex-Casino rebaptisée récemment «Le Théâtre d’Alger-Centre ».


Dans le cadre de la promotion du théâtre de proximité, l’ex-salle de cinéma Casino, reconvertie en théâtre communal de l’APC d’Alger-Centre, a accueilli, samedi passé, le one man show «Dis que t’as tort » interprété par le comédien Chaker Boulmedais dans le rôle de « Salah Ben Sayad».
Mis en scène par Ahmed Rezzag, le spectacle évoquant les désillusions de la société algérienne est une nouvelle version actualisée de l’ancien monologue «Ezzaim» (Le Caïd), incarné par le metteur en scène lui-même dans les années 1990.
Présentée face à un nombreux public, la pièce relate les déboires de «Salah Ben Sayad», un jeune Algérien, issu d’une famille nombreuse pas comme les autres, qui essaye à tout prix de trouver sa place, en tentant de gravir par tous les moyens les échelons de la société.
Le comédien, endossant différents personnages tout le long du spectacle, se fond dans la personnalité des parents, accentuant leurs caractères grotesques. Chaker Boulmedais incarne ainsi les personnages de ces parents irresponsables qui continuent à enfanter malgré la crise financière qui touche le pays. Le père «Lemnouar», ouvrier dans la commune, n’a qu’un seul rêve, voir son fils devenir pilote afin de lui permettre de voyager gratuitement. Tandis que sa mère Nouara veut que son fils devienne « caïd » pour être respectée et aimée. Le show se concentre sur les parents et également les frères et sœurs souffrant de handicap physique ou de laideur. Dans ce contexte marqué par l’absurde, la plupart de la fratrie n’a pas réussi ses études, à part une des sœurs qui est devenue architecte mais que le père a forcé à se marier avec un maçon. Une autre sœur du personnage principal se retrouve déscolarisée par son père à cause d’une faute stupide commise par son enseignant.
Ce dernier au lieu de mentionner sur le bulletin une « bonne note », a écrit « belle note », ce qui a mis le père en colère qui a interdit à sa fille de sortir de la maison ou de reprendre les cours. Au milieu de cette famille, dont le quotidien et marqué par l’absurde et les décisions grotesques, Salah essaye par tous les moyens de changer la vie qu’il mène en voulant devenir «Dictator », d’où le nom de ce spectacle « Dit que t’as tort ».


Le grotesque d’une vie absurde
Le seul but de ce jeune homme est de se faire respecter et vénérer par le peuple. Il se bat pour sauver l’image que les autres ont de lui et de sa famille. Il fait des discours à la fac mais personne ne le prend en considération. Pour cela, le jeune homme imite les présidents algériens tels que Chadli Bendjedid, Liamine Zéroual, Houari Boumediène, Abdelaziz Bouteflika en terminant avec Mouammar Kadhafi, sous le regard admiratif de sa bien-aimée et voisine Kheira.
Voyant qu’il n’arrive pas à amasser foule avec ses discours, il décida alors d’enfiler le quamis blanc pour rejoindre les rangs de la mosquée. Avec son nouvel attirail, il passe tout son temps à récolter de l’argent pour son imam. Se rendant compte que cela ne lui apporte pas la notoriété, il décide de rejoindre le maquis, pour être sûr d’être célèbre et enfin craint. Il se nomma alors « Salah Baqqa,» en attendant que les autorités le retrouve et le mettent en prison. Mais là aussi personne ne le prend en considération, ni les médias ni les services de sécurité. Finalement, ne voyant personne à sa recherche, il décide encore une fois de changer de veste. Il se rend aux autorités et dénonce ses compagnons du maquis. Mais, nouvelle déception, les autorités lui demandent de rentrer chez lui car il bénéficie lui aussi d’une amnistie générale. Le jeune se retrouve à son point de départ face à l’absurdité de son quotidien portant le poids de l’échec.
Au tomber de rideau, la performance du comédien a été fortement applaudie par les présents. Mais, il est à souligner que la pièce a été marquée par un discours direct, qui aurait mérité plus de subtilité. La mise en scène a également été desservie par l’absence d’une véritable scénographie, pourtant l’un des points forts d’Ahmed Rezzag. De même, en voulant aborder plusieurs sujets à la fois, le metteur en scène s’est éparpillé dans la dramaturgie. Reste la direction du comédien menée de main de maître et sauvant le monologue grâce au talent Chaker Boulmedais. 

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