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mercredi, 14 mars 2018 06:00

Institut Cervantès : Des écrits et des luttes au féminin

Écrit par Sihem Bounabi
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«Les droits des femmes», «La nécessité de reformer les termes linguistiques machistes» ainsi que «de la littérature au féminin» en Algérie et en Espagne sont les différents sujets débattus, dimanche passé, à l’Institut Cervantès d’Alger,animés par Carme Riera et Nadia Sebkhi, sur l’initiative de l’ambassade d’Espagne, en partenariat avec l’Institut Cervantès, à l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la femme.

Carme Riera est écrivaine, scénariste et essayiste. Elle est également docteure en philologie hispanique et Professeure en littérature espagnole à l’université autonome de Barcelone. Elle est aussi membre de l’Académie royale d’Espagne. Carme Riera abordera dans son intervention «l’universalité des droits de femmes » en réitérant, à plusieurs reprises tout au long de la conférence, que «défendre cette cause est une question morale et d’éthique» Elle illustra ces propos en mettant en exergue les succès de la manifestation du 8 mars passé, dans plusieurs villes espagnoles où des milliers de femmes sont sorties dans la rue, avec le mot d’ordre d’une grève générale, afin de mobiliser l’opinion publique sur la condition féminine. « J’étais personnellement dans la rue à Madrid, où des milliers de femmes se sont mobilisées pour dire il faut faire changer les choses, que la lutte pour les droits des femmes continue. Cela autant pour réclamer les droits d’égalité des salaires et des acquis sociaux, que pour dénoncer les violences contre les femmes sous toutes leurs formes». En effet, le 8 mars, l’Espagne a été ébranlée par une forte mobilisation des femmes qui ont appelé à un profond changement des mentalités afin de garantir une place équitable de la femme dans la société.
Dans un autre registre, l’écrivaine espagnole abordera, également, le cheminement des femmes écrivaines espagnoles depuis la nécessité de prendre des pseudonymes masculins pour pouvoir être publiées. Elle citera à ce sujet la terrible phrase, «une femme doit se consacrer à faire des enfants et non à écrire des livres», jusqu’à l’émergence d’une véritable littérature féminine espagnole.
Le véritable virage littéraire de l’écriture féminine en Espagne a eu lieu dans les années quatre-vingt. Le succès des écritures féminines dans ces années-là résulte du fait que «les écrivaines étaient lors de cette décennie le reflet de la gent féminine qui se cherchait dans le reflet de l’autre», souligne Carme Riera. Elle abordera aussi la question des marginalisations de la femme à travers la langue, tant au niveau de la dénomination des métiers mais également dans les textes qui regorgent de termes «machistes» pour désigner les femmes. La linguiste citera, à titre d’exemple, le terme de «femme facile» porteur d’un aspect sexiste. Elle précise que le sujet suscite des débats très vifs chez les linguistes et à l’Académie espagnole, tout en mettant en relief la nécessité d’assainir l’écriture de la marginalisation de la femme à travers la langue et le langage». En poursuivant, «toutes les entrées linguistes sont remises en question est sont en train de changer. Il s’agit aussi de changer les références. C’est-à-dire œuvrer à l’égalité des circonstances, d’aller au-delà des voix ancestrales pour une construction de la langue avec une précision historique ». La spécialiste aborde également la problématique linguistique des traductions des œuvres de la langue castillane et catalane. Pour sa part, Nadia Sebkhi, écrivaine algérienne d’expression française, membre fondateur et directrice de publication du magazine littéraire « L’ivrEscQ » depuis 2009, aborda son propre parcours ainsi que les écrivaines algériennes qui ont marqué la littérature, à l’instar d’Assia Djebbar et Yamina Mechakra. Elle souligne à cet effet que les écrivaines de cette génération se sont démarquées par leur qualité d’écriture et ont marqué des générations de lectrices dans la dynamique de l’émancipation du patriarcat. Elle estime toutefois que « la tragédie est qu’aujourd’hui, nous n’avons pas grand monde dans l’écriture féminine ».

Dernière modification le mercredi, 14 mars 2018 12:06

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