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mardi, 15 novembre 2016 06:00

Maroc / COP 22 : A Marrakech, une marche pour associer «justice climatique» et «justice sociale»

Écrit par  Thinhinane Makaci
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Quelque 3 000 manifestants ont battu, mardi dernier, le pavé à Marrakech près du site où le Maroc accueille la Conférence internationale sur le climat la COP 22. Cette initiative des organisations de la société civile mondiale est une tradition qui accompagne chaque conférence onusienne sur le climat.

L’exception, cependant, a été la tenue de la COP 21 l’année dernière en France, pays qui avait décrété l’état d’urgence au lendemain des attentats terroristes qui avaient ciblé Paris et sa proche banlieue à Saint-Denis. Elle se distingue par ses acteurs qui viennent presque tous du monde associatif et de groupes militants du monde entier aux yeux desquels l’»approche climat» doit se faire dans sa globalité, en abordant les rapports Nord/Sud et l’» injustice » qu’ils imposent à une grande partie de la planète, l’Afrique notamment : un continent qui subit les effets de l’industrialisation des pays du Nord et auquel on demande de « payer la facture », comme on l’a entendu lors de la marche. Pour les participants à cette marche mondiale, « le changement ne se fera pas avec des gouvernements et des institutions qui ratifient des textes et des accords avant de les oublier. Il se fera avec les gens du terrain, les associations, les syndicats, les collectifs qui connaissent les difficultés que subissent les paysans en raison de l’emballement du climat et qui luttent pour la survie de leur patrimoine écologique et agricole ». « Depuis le coup d’envoi de la COP 22, tous les pollueurs du monde sont à Marrakech. On veut leur transmettre un message pour leur dire que les populations du tiers-monde sont aujourd’hui conscientes des enjeux climatiques et des dangers qui menacent la planète », lancera Laïla Madjdouli. La secrétaire générale de l’association de défense des droits des femmes Solidarité Féminine Maroc, comme d’autres militantes associatives et syndicalistes, estime qu’il faut sortir des «grandes messes» pour «proposer et imposer» des mesures concrètes pour une «justice climatique» dans le monde. « Il ne sert que les gouvernements et les firmes industrielles, celles du Nord notamment, produisent des discours qui sont le contraire de ce qu’ils font : rester sur des modèles de consommation énergétique qui représentent un péril pour l’équilibre écologique et climatique de la planète », s’indigne-t-elle.

 

Pour un rapport équitable

Dans son discours, le « plaidoyer nécessaire» pour une « convergence entre les luttes pour les droits de l’Homme et la démocratie et les luttes pour des rapports équitables entre le Nord et le Sud face aux effets de l’industrialisation effrénée. «Les acteurs de la société civile africaine s’alarment du fait que le continent africain subit la pollution sans en être l’auteur «, tandis que les pays industrialisés s’exonèrent de leur responsabilité », dira à ce propos Albert Michele Wright. Ce spécialiste nigérian, ancien ministre de l’Enseignement supérieur, alerte sur «les dangers qui menacent le continent africain bien qu’il n’émet que 4% des émissions mondiales du gaz à effet de serre». Il s’alarme également quant aux «rachats des terres agricoles africaines « par des multinationales spécialisées dans la l’agroalimentaire. « La principale centrale du continent «, soutient notre interlocuteur. « On ne peut dissocier justice climatique de la justice sociale », ajoute-t-il en dénonçant le fait qu’en Afrique « des terres sont vendues à des multinationales qui cultivent pour exporter ailleurs en Afrique où des populations sont menacées dans leur sécurité alimentaire ». Des terres dans la région du Lac Tchad sont aujourd’hui rachetées par des Saoudiens qui cherchent également à exploiter du pétrole via l’ARAMCO. Au final, on aura des paysans sans terre, s’insurgera-t-il, avant d’appeler à considérer avec sérieux la question des énergies renouvelables. Leur technologie est aux mains de grandes firmes, notamment américaines. Il faut veiller à ce qu’elles profitent aux Africains et qu’elles ne soient pas considérées uniquement comme des gisements pour de nouveaux marchés dont les débouchés et les bénéfices risquent d’être uniquement pour ceux qui la détiennent. L’enjeu de la COP 22, rappelle-t-on, est que les chefs d’Etat trouvent un terrain d’entente pour concrétiser l’Accord de Paris signé par 92 pays dans le but de limiter « l’augmentation des températures en deçà de 2 °C «. Un objectif difficile à atteindre, selon certains observateurs qui pointent notamment le discours inquiétant du président élu des Etats-Unis, Donald Trump, sur le climat. M. Trump a déclaré pendant sa campagne électorale qu’il ne tiendrait pas compte de l’Accord de Paris.

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