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dimanche, 20 novembre 2016 14:28

Massa Koné, membre du réseau NO VOX : «Les perspectives d’avenir, c’est de voir une justice climatique qui passe par une justice sociale »

Écrit par  Thinhinane Makaci
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Rencontré lors de la contre-Cop 22, qui s’est tenue en marge de la Cop officielle, Massa Koné, membre du réseau NO VOX et secrétaire général chargé des relations extérieures de l’Union des associations et des coordinations de l’Association pour le développement et de la défense des droits des démunis (UACDDDD/CMAT) au Mali, créée en 2002, explique que le réseau lutte principalement pour le droit à la terre et contre l’accaparement des terres et de l’eau, tout en œuvrant pour une justice climatique basée sur l’adaptation et la justice sociale. 

Reporters : Pourquoi la COP 22 est importante pour la UACDDDD/CMAT ?
Massa Kone : La COP22 est importante pour nous, puisque depuis la Cop21, on travaille sur des propositions d’actions en faveur des démunis. Mais nos propositions n’ont pas été prises en considération lors de la signature des accords de Paris. On est revenu cette année pour réitérer nos propositions et tenter de faire du forcing pour que notre voix soit entendue. Nous luttons pour la souveraineté alimentaire, en particulier agricole. Et on veut que cette problématique soit prise en compte lors des négociations. On veut aussi sensibiliser les autres organisations qui travaillent sur le climat sur le fait que les changements climatiques ont aujourd’hui un impact direct sur les petits agriculteurs et leurs récoltes. Notre organisation estime qu’il ne faut pas se contenter des chiffres et des degrés, les dégâts sont déjà là, et ils touchent les plus défavorisés.

Pensez-vous que les négociations de la Cop22 sont en faveur du continent africain et de ses populations ?

C’est aujourd’hui que les négociations de la Cop22 vont être publiques. D’ailleurs, cette journée est la plus importante de toutes. Cela dit, on le sait, cette Cop, comme celles tenues par le passé, est en faveur des pays occidentaux et des grandes entreprises internationales. Cela dit, j’estime qu’une victoire morale est déjà remportée par cette Cop. C’est la première du genre qui se déroule sur notre continent et cela n’est pas négligeable. Puisque beaucoup de petits producteurs, d’organisations et d’activistes africains ont pu prendre part à cette rencontre. Et même proposer des activités. Deuxième victoire, cette rencontre a permis au Maroc de montrer son avancée sur le plan du développement durable. Evidemment, cette Cop a aussi permis aux petites entreprises africaines de faire leur propre marketing dans les stands. Je pense même que ce que nous avons raté à Paris, on a pu le rattraper ici, puisque il est question de la mise en exécution des Accords de Paris. Cela dit, on ne doit pas oublier que les négociations sont purement techniques, c’est-à-dire développer l’accord de Paris en termes de chiffres et de degrés calculés en zones (climat technique). La déclaration sortie le 16 de ce mois parle d’atténuation et non d’adaptation et la grande attente a été le fonds pour l’adaptation. Mais il semble bien que toutes les décisions ont été reportées en Occident, puisque toutes les questions importantes ne seront pas discutées avant la Cop 23 qui se déroule l’année prochaine à Bonn (Allemagne).

Quelles seront alors les perspectives d’avenir des pays d’Afrique ?

Les perspectives d’avenir, c’est de voir une justice climatique qui passe par une justice sociale. Mais aussi de mettre des garde-fous sur la production excessive de certaines de nos ressources. Et surtout faire en sorte que le fonds d’adaptation concerne les couches les plus défavorisées. Nous devons aussi mettre en œuvre la déclaration et la feuille de route de la société civile sur la justice climatique. Et bien évidement une dynamique des différentes associations et ONG autour de la justice climatique.

Pouvez-vous nous en dire plus sur le réseau No Vox et la Conférence globale des luttes contre l’accaparement des terres et de l’eau en Afrique de l’Ouest ?

Le phénomène de l’accaparement des terres et de l’eau nous a affectés beaucoup en Afrique de l’Ouest. Les communautés des Tamiens, dans M’urabain, subissent des expulsions en plus accompagnées de violence. Ces terres sont le seul moyen de survie de ces populations, des milliers et des milliers d’hectares de terres arables, des forêts… sont donnés aux grandes multinationales et grandes entreprises au détriment des communautés qui y vivent. Ce qui s’accompagne de violences, d’arrestations et même de tueries contre les communautés qui sont sciemment montées les unes contre les autres par les politiques, entraînant des guerres civiles et des départs en masse de populations. Des villages entiers sont dépeuplés. C’est pour éviter cela que nous, groupe victime d’accaparement de terre, on s’est organisé pour faire pression sur nos politiques afin de faire passer des articles de loi qui nous protègent et qui protègent nos terres des multinationales. Mais aussi former nos frères paysans, pêcheurs, éleveurs et bergers sur le phénomène d’accaparement des terres et les enjeux qui en découlent. On travaille aux côtés des instances internationales pour des directives contraignantes sur les violations de droits des communautés sur la terre, l’eau et les ressources naturelles.n

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