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dimanche, 20 novembre 2016 14:26

Samir Abi, secrétaire permanent de l’Observatoire ouest-africain de l’immigration : «Faire avancer la terminologie de migrant climatique»

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L’Observatoire ouest-africain de l’immigration est un réseau qui englobe 16 pays d’Afrique de l’Ouest et membres de la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) en plus de la Mauritanie, et qui lutte pour les droits des migrants. Avec son secrétaire permanent, Samir Abi, nous revenons sur la question des migrants de l’Afrique de l’Ouest et le rôle de l’observatoire pour faciliter l’accueil des migrants et leur mobilité.


Reporters : Pouvez-vous nous dire en quoi consiste votre travail ?
Samir Abi : Mon travail consiste à relayer les travaux sur l’immigration des populations de l’Afrique de l’Ouest au sein des pays de la Cedeao et dans les autres pays africains. Ainsi, les faits sur cette question, en particulier la mobilité, c’est-à-dire son monitoring, nous aident à faire que la mobilité soit plus simple sur les frontières des pays. Nous vérifions aussi sur le terrain les exactions commises à l’encontre des droits des migrants, en particulier au niveau des frontières des pays où les migrants sont souvent victimes principalement de racket de policiers ou de tortures. Pour vitrifier cela, on traverse les frontières signalées comme dangereuses en tant que migrants. Nous travaillons aussi sur le terrain pour vérifier si les migrants vont à l’école, travaillent, se marient… L’autre question centrale pour notre observatoire, c’est la mobilité des migrants de l’ouest africain dans d’autres pays d’Afrique. Nous estimons aussi que les migrants sont une richesse pour les pays qui les accueillent et nous enquêtons pour savoir ce que ces migrants apportent aux pays qui les accueillent. On travaille aussi sur la migration hors du continent. Après, le monitoring, on entre dans l’action politique. Dans un premier lieu, on interpelle qui de droit non seulement sur les droits mais aussi
sur le développement et les questions économiques. L’Europe présente aujourd’hui la migration comme un frein pour le développement, mais les chiffres montrent que le plus grand nombre de migrants dans le monde sont européens. De plus, l’argent du fonds fiduciaire, créé en 2015 pour lutter contre les causes profondes de l’immigration, sert juste à donner du travail aux Européens sur le continent.

Quel constat faites-vous des politiques d’accueil des migrants de l’Afrique de l’Ouest au sein des pays africains ?

Chaque pays a sa propre politique. Certaines sont très progressistes et d’autre archaïques. Et bien évidement, certains pays sont plus évolués sur cette question que d’autres, à l’exemple de la politique migratoire du Maroc qui a beaucoup changé pour les migrants subsahariens auxquels il leur a été facilité non seulement l’entrée, mais aussi l’intégration. Ou encore l’Ouganda. D’ailleurs, la politique migratoire de ce pays est la plus progressiste au monde. Cela dit, les pays sont en train de modifier leurs lois répressives en faveur des migrants. Récemment, la Tanzanie a accordé la nationalité à plus de 200 000 réfugiés. Je pense vraiment que les politiques migratoires africaines sont bien plus efficaces que celle de l’Europe.

Pourquoi prenez-vous  part à la Cop22 ?
Je suis ici à cause de la migration climatique. L’Europe joue beaucoup sur les terminologies, on ne sait plus ce qu’est un migrant, alors on parle juste de migrants économiques et ce concept s’étend jusqu’aux migrants de zones de guerre. Mais nous, on veut faire avancer notre terminologie pour contrecarrer celle européenne. Depuis plusieurs années, on constate en Afrique de l’Ouest un mouvement des populations à cause de la désertification et des inondations… Et ce climat qui change est en train d’engendrer des zones de conflit entre éleveurs et agriculteurs - plus de 300 personnes ont été tuées au Nigeria, des éleveurs et agriculteurs en conflit - sans oublier la pollution à cause de l’exploitation des ressources naturelles. On est là pour dire que la migration a toujours été un mécanisme d’adaptation et, aujourd’hui, on doit le réexpliquer aux pays européens qui refusent l’immigration bilatérale. Paris fut un tournant pour la migration climatique.

Pensez-vous que cette Cop peut faire avancer votre lutte ?
Non, le problème, c’est que la victoire de Trump a biaisé cette Cop. Tout le monde craint que Trump ne renie les accords de Paris. Vous savez bien que les négociations ne sont pas démocratiques, ce sont les grands pays du G20 qui décident lors des négociations au sein des Cop ; où chacun pense plus à ses intérêts qu’a la question liée au climat. Pour preuve, pour l’heure, on ne parle pas de la reconnaissance de la dette écologique...T. M.

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