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mardi, 23 mai 2017 06:30

Tunisie : Djerba, domaine d’extension de l’offre touristique aux Algériens Spécial

Écrit par Fayçal Djoudi

Au Sitev, cette année, les opérateurs du tourisme tunisien sont nombreux à venir défendre les produits de leurs pays. Depuis le milieu de la décennie 2000 au moins, ce sont des dizaines de professionnels du secteur à se rendre à ce salon,

mais d’être à l’affut aussi de toutes les manifestations dédiées pour intéresser une clientèle algérienne qu’ils considèrent, au moins depuis le milieu de la décennie 2000, comme importante pour leur maintien de leur marché fortement concurrencé par d’autres destinations confirmées à l’échelle régionale et internationale telles que le Maroc, l’Egypte et la Turquie.


Avec Anis Allik)
Depuis les tragiques attentats de 2011, et la désertion des opérateurs européens qui « vendaient » la destination Tunisie, un abandon qui s’est accompagné d’un effondrement jamais observé de l’industrie touristique tunisienne depuis sa création au tout début des années 1960, l’importance de la clientèle algérienne a gagné en valeur pour devenir quasi stratégique : en particulier durant la période estivale qui reste pour le moment la saison phare pour laquelle se mobilisent aujourd’hui la plupart des voyagistes algériens et leurs partenaires tunisiens, en raison du fait notable que le touriste algérien, en majorité, demeure encore un touriste « familial » qui tient compte avant du congé estival du conjoint quand il travaille et des grandes vacances scolaires pour les enfants. Souvent, il voyage en nombre et par route comme le font constater chaque année le rush vers les postes frontaliers d’Oum Tboul au nord et de Bouchebka plus au sud : des heures à attendre avant de passer en territoire tunisien ; pour des destinations devenues quasi mythiques : Hammamet et Sousse ! Mais comme le mythe peut perdre de son éclat, il semblerait qu’aujourd’hui ces deux belles stations balnéaires perdraient de leur attraction auprès de l’estivant algérien. Il paraît surtout qu’il s’y sent de moins en moins dépaysé et ne retrouve plus l’ambiance de changement qu’il attend durant le reste de l’année : « A Hammamet et Sousse, de plus en plus de touristes algériens affirment qu’ils n’ont pas l’impression d’avoir bougé de chez eux et qu’ils rechignent à croiser plus qu’il n’en faut, sur les promenades et les lieux de loisirs des deux villes côtières, des gens de leur quartier et de leur connaissance », affirme en excellent observateur Mourad El Magroun. Avant de devenir un voyagiste en vue à Sousse, propriétaire de Sun Travel, qui dispose certainement d’un des réseaux d’agences de voyage algériennes les plus étoffées, M. El Magroun a travaillé plusieurs années en Algérie dans le secteur de l’industrie à la fin de la décennie 2000. Quand il parle de l’Algérie, donc, il sait de quoi il parle. A ses yeux, Hammamet et Sousse resteront cette année et dans les deux à trois prochaines années deux « produits sûrs » pour le touriste algérien lambda, mais une « tendance à la banalisation se dessine quant à leur fréquentation et beaucoup de nos clients cherchent à voir autre chose en Tunisie », affirme-t-il à partir d’une « observation partagée » avec son partenaire algérien Youcef Aouchiche de Sun Travel Algérie, un opérateur de Chéraga considéré par les responsables d’agences de voyage algériennes qu’on a pu rencontrer comme le « spécialiste » de la destination Tunisie. « Il est temps d’anticiper », s’éveille M. El Magroun au cours de la discussion sur les perspectives du marché. « Je travaille avec près d’une centaine de voyagistes des quatre coins de l’Algérie et je sais que le temps est venu d’élargir l’offre tunisienne pour les touristes algériens, ceux de la période estivale tout spécialement ». Et d’insister : « aujourd’hui, que ce soit au Sitev, à Alger, en Tunisie, ou en b to b, je cherche à convaincre tous mes partenaires algériens pour qu’ils intègrent dans leur offre de nouvelles destinations. Certains sont convaincus que Hammamet et Sousse resteront imbattables pour des années encore. Ils ont certainement raison, notamment pour les petites et moyennes bourses, mais je suis persuadé qu’il faut vite aller au-delà de l’horizon actuel ».


Nouveaux gisements
A la recherche de nouveaux filons, Mourad El Magroun et Youcef Aouchiche ont organisé depuis le début de l’année 2017 deux « éductours », ou deux voyages organisés pour professionnels, pour faire un tour de Tunisie des nouvelles stations touristiques devant diversifier l’offre aux Algériens. En janvier dernier puis cette fois, en mai, les deux opérateurs ont monté une véritable opération durant laquelle ils ont accompagné une soixantaine d’agences de voyage algérienne à Djerba, Mahdia et Monastir : un parcours routier de plus d’un millier de kilomètres qui a débuté au poste frontalier de Bouchebka pour atteindre jusqu’à près de Zarzis au sud-est du pays dans le gouvernorat de Médenine limitrophe de la Libye pour se terminer, plus au Nord, à Djerba après une traversée d’une quinzaine de minutes à bord des bacs qui relient quotidiennement et à toute heure l’île au continent.
Le bilan de l’opération de janvier dernier, qui a concerné Djerba essentiellement, a été un succès. Selon Mourad El Magroun, 300 touristes algériens s’y sont rendus dans les « petites semaines » qui ont suivi le voyage organisé : « un afflux prometteur parce la quasi majorité d’entre eux a rejoint l’île non pas par avion via Tunis mais par route ». « Un signe de vrai changement », a estimé ce professionnel qui s’attend à ce que Djerba, « cet été », gagne en audience auprès du vacancier algérien « qu’il connait déjà par son label de prestige », a-t-il ajouté. L’annonce d’ouverture d’une ligne directe Alger-Djerba par Nouvel Air le convainc davantage dans ses prévisions. « Je suis pour que le plus grand nombre possible de touristes algériens visitent Djerba et profitent de son cadre exceptionnel. Pour cela, je conseille l’usage de la route qui permet d’apprécier aussi une partie de la Tunisie profonde, c’est bien de ramener des touristes algériens sur Djerba, il y en a qui s’y rendent depuis longtemps déjà parce qu’ils en connaissent le label de prestige, mais ce qui m’intéresse, c’est le nombre, c’est la masse et nous faisons tout pour expliquer aux gens que faire un millier de kilomètres peut être agréable. Mais je crois aussi à l’apport de l’aérien pour rendre cette destination plus largement accessible ». « Nous avons entamé des contacts depuis plusieurs mois avec cette compagnie et il semble qu’ils sont sur le point d’aboutir après les efforts entrepris pour convaincre ses responsables de desservir l’île directement à partir de l’Algérie », a indiqué M. El Magroun.

Des observateurs parmi les voyagistes algériens jugent qu’en assurant la desserte Djerba, cet été, Nouvel Air pourrait renforcer sa position sur le marché traditionnellement occupé par Air Algérie et Tunisair. Il y a quelques jours, au SITEV, un responsable de l’antenne algérienne de Nouvel Air a annoncé en effet le lancement par la compagnie tunisienne privée d’une ligne Alger-Djerba « à partir du 28 juillet prochain », une ligne test qui sera assurée « chaque 10 jours » à raison de 26 000 dinars algériens le billet. Aux yeux des mêmes observateurs interrogés, cette annonce s’inscrirait dans le nouveau positionnement du tourisme tunisien, un dossier pour lequel le ministère du tourisme et de l’artisanat tunisien a réuni le 3 mai dernier tous les professionnels du secteur pour dessiner l’avenir du tourisme tunisien avec un objectif : 10 millions de touristes en 2020 et le doublement des recettes globales. C’est ce que nous avons appris à Mahdia à l’occasion de l’« éductour » organisé durant ce mois de mai. Après Djerba, Mahdia. Cette coquette ville, avec des structures hôtelières de niveau mondial, que Mourad El Magrouni et Youssef Aouchiche veulent intégrer cette année dans leur offre à la clientèle algérienne. Cette destination, deuxième étape après Djerba, est encore méconnue des Algériens, selon Youssef Aouchiche qui ne tarit pas d’éloges sur cette station balnéaire « parmi les plus préférées des Tunisiens eux-mêmes », a-t-il assuré. « A 200 kilomètres de Tunis et à 70 de Sousse, nos vacanciers devraient vraiment connaitre cette ville où les plages sont exceptionnelles », a-t-il affirmé avec raison. « Nous allons faire en sorte, avec nos partenaires en Algérie, qu’elle figure parmi nos meilleures propositions cette année, rapport qualité-prix compris ». « Son atout est qu’elle ne sort pas de nulle part, qu’elle a une histoire millénaire et que, outre les beaux hôtels et les plages de sable blanc, c’est une vraie cité qui offre une immersion totale dans la vie quotidienne des Tunisiens », nous dira un connaisseur. Mohamed Lamine Triki, un propriétaire d’agence de voyage et véritable globe-terre qui dit « préférer la Tunisie plus que tout » estime que Mahdia est « parmi les meilleures destinations balnéaires du pays ». Elle convient « à toutes les bourses, du 3 au 5 étoiles », dit-il avant de pronostiquer : « à partir de cette année, les touristes algériens viendront à Monastir et pousseront jusqu’ici ». Selon un opérateur tunisien de la chaine espagnole Iberostar, très présente sur le marché tunisien, l’arrivée attendue des Algériens à Mahdia et Monastir coïncidera avec le retour « timide mais réel » des touristes européens. Entre le 1er et le 20 mars, les entrées de visiteurs en Tunisie ont augmenté de 32% par rapport à 2016, ont déclaré des responsables tunisiens du secteur. Les Russes, clientèle classée « low coast » comme les Algériens, s’y sont rendus en masse et continuent d’affluer dans le pays, notamment à Sousse. A Djerba, où il s’est rendu pendant une journée pour le pèlerinage juif d’El Ghriba, une visite aux allures de promotion «first class », indispensable pour son pays dont le tourisme souffre encore terriblement de l’impact du terrorisme, le Premier ministre Youssef Echahed a annoncé que le nombre de nuitées a augmenté de 38% durant le premier trimestre 2017. Une performance relativement encourageante que les Algériens vont certainement consolider et confirmer cet été. « Nous en sommes persuadés », nous diront à l’union Mourad El Magrouni et Youssef Aouchiche. Ils ont mis à la disposition aux agences de voyage algériennes qu’ils ont invité à l’« éductour » une plateforme de réservation dédiée – looktobook – à laquelle ils se sont familiarisés par un court, mais efficace programme de formation.

Dernière modification le mardi, 23 mai 2017 02:29

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