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lundi, 21 août 2017 06:00

Mohamed Ould Akeik, ministre sahraoui des Affaires des territoires occupés et de la diaspora : « Les résolutions de l’ONU sont restées lettre morte »

Écrit par Meriem Kaci

Reporters : Quelle est la situation des droits de l’Homme qui prévaut dans les territoires occupés sahraouis ?

 

Mohamed Ould Akeik : La souffrance de nos compatriotes est immense. Le régime colonial, chaque fois qu’il se sent encerclé et davantage isolé par la communauté internationale, a recours à la violence et à la brutalité contre les citoyens sahraouis. Pas uniquement une violence physique, mais aussi morale et symbolique. Le Maroc affame aussi les Sahraouis pour les mater et les faire s’incliner, sachant que la terre est la leur et qu’elle est l’une des plus riches dans le monde en ressources halieutiques et minières.
Nous comptons actuellement quelque 60 prisonniers politiques dans les prisons marocaines, et leur audition se passe dans des conditions jugées inéquitables. Le Maroc vise à terroriser les Sahraouis et à anéantir leurs actes de militantisme. Il veut effrayer la population pour qu’elle ne revendique plus le droit à l’autodétermination.

Le Front Polisario a sollicité l’UA et l’ONU pour la libération du groupe de Gdeim Izik…
Nous avons sollicité l’UA et l’ONU, mais nous n’avons pas obtenu de réponse pour le moment. Nous avons aussi sensibilisé des Etats sur ce qui se passe dans les territoires occupés en matière de violations des droits de l’Homme.

Est-ce que l’Union africaine a rouvert un bureau à Laayoune occupée, comme il a été décidé lors de son sommet de janvier dernier, tenu à Addis-Abeba ?
Les résolutions de l’UA ne diffèrent pas de celles de l’ONU ou de l’Union européenne. Le royaume n’accorde pas d’importance aux résolutions prises concernant le dossier sahraoui, car elles ne sont pas suivies de pressions pour imposer leur application. Le Maroc est dans la tourmente et a peur de s’asseoir autour d’une table avec les représentants de la République sahraouie. Le Maroc n’est pas habilité à décider dans quelle institution on doit examiner le dossier sahraoui, alors qu’il tente de dissuader les chefs d’Etat africains de laisser l’examen du dossier sahraoui à l’ONU. L’UA se heurte à l’obstination marocaine. Je peux dire que cette institution est victime de machination et de manœuvres pour entraver ses efforts pour le règlement du dossier sahraoui

Cela veut-il dire que les résolutions de l’UA et autres institutions restent lettre morte ?

Oui, absolument. Le roi du Maroc évite d’évoquer le Sahara occidental dans ses discours. Il essaye de faire de la cause sahraouie un dossier exclusivement onusien, alors qu’il est, en premier lieu, africain. La France, qui est membre permanent du Conseil de sécurité, a aussi de l’influence en Afrique, notamment dans l’Ouest. Ce pays protège le Maroc.

Quid de la Minurso et de M. Köhler, fraîchement désigné en qualité d’envoyé onusien au Sahara occidental ?

La Minurso subit un blocus comme celui imposé aux autres ONG, observateurs et médias internationaux. Elle est prise en otage dans des zones limitées par l’occupant. Je pense que la situation va encore persister avec M. Guterres et l’arrivée de son envoyé spécial, comme cela a été le cas avec ses prédécesseurs et probablement le sera avec ses successeurs.
Concernant M. Köhler, on ne dispose pas d’éléments pour l’évaluer. Tout ce que je peux dire, c’est que son travail est arrêté aux caprices des grandes puissances. Si M. Köhler obtient l’aval des grandes puissances pour le règlement du dossier sahraoui, il le réglera. Dans le cas contraire, le nouvel envoyé spécial onusien n’ira pas loin dans sa mission. 

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