Pokemon Go app download for android. Get Prisma app for android and edit pics. prisam apk.

Video a la une

Incendie  à bord du ferry algérien Tariq Ibn Ziyad 

mercredi, 15 novembre 2017 06:00

Parlement Quand le PLF 2018 devient une tribune électorale

Écrit par Azzeddine Bensouiah
Évaluer cet élément
(0 Votes)

Le dernier jour de débat consacré au projet de loi de finances 2018 aura été comme les précédents : une absence remarquée des députés et une indigence dans les interventions, y compris celles des chefs des groupes parlementaires.

La retransmission en direct de la journée d’hier devait permettre à certains chefs de groupes parlementaires à faire carrément dans la campagne électorale pour les élections locales, ignorant superbement que ce n’était ni le lieu ni le moment de le faire. C’est que, dans les couloirs de l’APN, et parmi les vieux routiers du Parlement, ceux de l’opposition estiment que « quoi que nous disions, le projet passera. Les gouvernements successifs n’ont jamais pris en compte nos remarques et nos suggestions. Ce n’est pas aujourd’hui que cela risque de se produire ». Le ton est, donc, à la résignation. N’empêche, certains chefs de groupes parlementaires n’ont pas mâché leurs mots pour dire tout le mal qu’ils pensent du projet, à commencer par Ramdane Taâzibt, au nom du Parti des travailleurs, qui reprochera au gouvernement son hésitation à recouvre les dettes colossales auprès des hommes d’affaires et qui soupçonne l’Exécutif de vouloir accorder à ces derniers une amnistie fiscale. Le chef du groupe parlementaire du PT suggère au gouvernement d’imposer une vraie taxe sur la fortune « au lieu de cette modeste proposition », avant de renchérir « nous sommes le seul pays au monde où la contribution fiscale des salariés est plus importante que celle des patrons ». M. Taâzibt appelle le gouvernement à mettre fin à la fuite des capitaux vers l’étranger, et à la nécessité de geler l’accord Algérie-Union européenne. Il estimera que le financement non conventionnel constitue « une fuite en avant » et que la loi de finances 2018 est la quatrième du genre qui annonce « des mesures d’austérité, au moment où les patrons continuent de bénéficier de cadeaux fiscaux ». Le député accuse le gouvernement de vouloir établir des cartes pour les nécessiteux, une façon, selon lui, rappelle des souvenirs de triste mémoire et qui créera deux catégories de population : les riches d’un côté et les pauvres de l’autre. Pour atténuer la portée de ces propos, la parole sera donnée, par la suite, au président du groupe parlementaire du Mouvement populaire algérien (MPA). Hadj Mohamed Barbara dira, d’emblée, que son groupe allait soutenir le projet du gouvernement. Il s’étalera sur les aspects positifs dudit projet, notamment l’augmentation du budget d’équipement de 60% et l’octroi aux communes d’un budget trois fois plus important dans le cadre des Plans communaux de développement (PCD), ainsi que l’augmentation de 7% des transferts sociaux.
Mais le représentant du MPA estime qu’il est nécessaire de revoir la politique de soutien aux couches sociales défavorisées, suggérant que ce soutien devrait être versé directement dans les comptes des nécessiteux.
Par ailleurs, il appellera le gouvernement à engager en urgence des réformes économiques profondes, tout comme il l’invitera à engager un débat sérieux sur la question de l’économie informelle.
Autre intervenant, autre ton : Chafaa Bouaïche, président du groupe parlementaire du Front des forces socialistes (FFS), ne va pas de main morte pour fustiger l’esprit ayant guidé l’élaboration de ce projet de loi.
Tout en estimant que le gouvernement privilégie, encore une fois, « la solution de facilité », réduisant la crise à une simple « crise de liquidité », le représentant du FFS rappellera au gouvernement ses avertissements quant aux risques de chute des cours de pétrole. Il lui rappellera également l’époque de l’aisance financière où l’argent était distribué à tort et à travers et l’émergence des nouveaux milliardaires de la rente, avant de conclure qu’il n’y avait aucune chance que le gouvernement change d’attitude aujourd’hui. Lui succédant, El Hadj Belghouti, du Front El Moustaqbal, déplore le fait que le gouvernement ne fasse rien pour moderniser l’administration fiscale, ni renforcer la lutte contre la corruption et les passe-droits. Pour lui, l’augmentation de la taxe sur le carburant influera négativement sur l’agriculture et les services, ce qui pousserait vers une détérioration de la situation sociale, avec tous les risques de déstabilisation que cela suppose.
Tout en estimant que les transferts sociaux ne bénéficient pas qu’aux nécessiteux, il dira que la taxe sur la fortune aurait dû être précédée par la détermination exacte des personnes qui seront concernées. Pour lui, il suffit de regarder les signes extérieurs de richesse, les villas et autres véhicules de luxe pour s’en apercevoir, avant de suggérer au gouvernement d’aller chercher cette fortune auprès des clients des marchés parallèles des devises.
Lakhdar Benkhellaf, le président de l’Alliance Ennahda, justice et édification, a rappelé les deux dernières lois de finances, pour conclure que le gouvernement, « au lieu de rectifier ses erreurs, enfonce le clou et persiste dans sa démarche ». Pour lui, « c’est une loi aléatoire, qui dépend des cours de pétrole, de la météo et de la planche à billets ». Nacer Hamdadouche, du MSP, pense que même avec un baril de pétrole à 120 dollars, la balance sera encore déficitaire et de rappeler que durant la dernière décennie, avec des cours très avantageux, le déficit s’était creusé, pour affirmer que le gouvernement n’a pas de solution à la crise. Quant à Said Lakhdari, du FLN, il a tenu à répondre à ceux qui se posent la question « où sont passés les mille milliards de dollars ? » et d’énumérer tous les projets de développement socio-économique réalisés depuis l’arrivée du président Bouteflika au pouvoir en 1999.


Abderrahmane Raouia se montre rassurant
Le ministre des Finances, Abderrahmane Raouia, même grippé et avec une voix cassée, s’est voulu rassurant dans sa réponse, en évitant de répondre aux attaques des députés, tout en veillant à apporter certains éclaircissements. Tout en rappelant que le projet de loi entre dans le cadre de la démarche du gouvernement visant à maîtriser les dépenses, le ministre citera les grands axes du programme du gouvernement récemment adopté par le Parlement. M. Raouia reviendra sur la question des prévisions de croissance pour 2018. Il maintiendra le taux de 4%, alors que les prévisions des institutions financières internationales sont nettement inférieures. Pour lui, l’explication est toute simple : en décidant d’augmenter de 60% le budget d’équipements, et en comptant sur l’augmentation de la production pétrolière, le gouvernement est certain de booster d’autres secteurs à l’instar des travaux publics, ce qui conduira à une évolution du PIB. Pour le ministre, les institutions internationales n’avaient pas ces informations, et vont, donc, certainement revoir à la hausse leurs prévisions de croissance pour l’Algérie. Il défendra le choix du gouvernement de maintenir le prix référentiel du baril de pétrole à 50 dollars, estimant que les marchés demeurent instables, pour des raisons géostratégiques. Il tentera de rassurer l’assistance concernant le financement non conventionnel et les risques inflationnistes qu’il comporte. Les prévisions du gouvernement tablent sur un taux d’inflation se situant autour de 5% en 2018, avec une prévision de baisse pour les deux années à venir, tout en indiquant que la Banque d’Algérie surveillera de près l’évolution de l’inflation. Contrairement aux affirmations des députés, l’augmentation de la taxe sur le carburant n’influera pas sur l’agriculture et la pêche, selon le ministre qui rappelle que ces deux secteurs bénéficient du soutien de l’Etat, tout en rappelant que le prix du carburant reste le plus bas au monde. Le ministre s’étalera sur la question de la fiscalité, où le gouvernement table sur le remplacement de la fiscalité pétrolière par la fiscalité ordinaire et citera les efforts en cours en vue de moderniser l’administration fiscale. Il y a lieu de noter que les partis de l’opposition ont introduit 52 amendements qui seront tous rejetés, a-t-on appris. Le PT a introduit 23 amendements, le MSP 11 et le groupe des partis islamistes composés du parti Ennahda, El-Adala et El-Bina 10 propositions d’amendements. Les députés devraient retourner à l’hémicycle après les élections locales pour la séance d’adoption du projet de loi de finances. 

Dernière modification le mercredi, 15 novembre 2017 00:21

Laissez un commentaire

Environnement

Climat : Après trois ans de stabilité, les émissions de CO2 en hausse

  En matière d’environnement rien

Environnement -
14-11-2017
Patrimoine naturel mondial : Deux fois plus de sites menacés

  Blanchiment des coraux, fonte de

Environnement -
14-11-2017
Les start-ups au service de l’environnement

Les progrès réalisés par des entreprises

Environnement -
14-11-2017
Une approche pragmatique de la politique climatique

Les efforts diplomatiques menés en vue d

Environnement -
14-11-2017