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mercredi, 03 janvier 2018 06:00

L’affaire opposant le porte-parole du comité de soutien aux travailleurs de Cevital au directeur général du port de Béjaïa : Trois mois de prison avec sursis pour Mourad Bouzidi

Écrit par CHAFIK AÏT M’BAREK
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Le tribunal correctionnel de Béjaïa a prononcé, hier matin, son verdict concernant l’affaire opposant le porte-parole du comité citoyen de soutien aux travailleurs de Cevital et aux investissements économiques, Mourad Bouzidi, au directeur général de l’Entreprise portuaire de Béjaïa (EPB), Djelloul Achour. Trois mois de prison avec sursis assortie d’une amende de 20 000 DA,

telle est la sentence prononcée à l’encontre de Mourad Bouzidi, poursuivi pour « diffamation », suite à la plainte déposée, en juillet 2017, par le directeur général du port de Béjaïa. Ce dernier, rappelons-le, accuse M. Bouzidi d’avoir tenu des propos « calomnieux » à son égard lors de ses déclarations publiques faites à l’occasion de la marche populaire organisée le 2 juillet dernier, au chef-lieu de la wilaya de Béjaïa, par le comité citoyen de soutien aux travailleurs de Cevital. Le principal mot d’ordre de cette manifestation de rue était la dénonciation des « blocages » subis par ce groupe industriel privé dans la réalisation de sa nouvelle unité de trituration de graines oléagineuses à Béjaïa. Convoqué le 5 décembre passé, ce procès en diffamation a été d’abord renvoyé au 19 du même mois, avant de mettre en délibéré l’affaire pour une période de quinze jours. Réagissant à cette décision de la justice, Mourad Bouzidi a écrit, hier, sur sa page Facebook : « Nous prenons acte du verdict prononcé par le tribunal de Béjaïa, mais nous disons que cette décision ne reflète pas la réalité. Nous maintenons nos premières déclarations quant à l’accusation de diffamation dont la partie adverse nous accuse. Nous avons dit et nous le maintenons, que le directeur du port se comparait au président de la République ». 

Avant de s’interroger : « Où est donc le caractère diffamatoire ? Où est l’insulte dans les propos que nous avons tenus ? Les extrapolations de la défense adverse ont fait que nos propos, imagés, ont été dénaturés et sortis de leur contexte. ».
Le porte-parole du comité citoyen de Béjaïa affirme, en outre : « Nous ne nous tairons pas face à ces tentatives de blocages qui ne servent aucunement notre région et par-delà, notre pays. » Pour lui, « il ne s’agit plus, aujourd’hui des 1 000 emplois que comptait créer Cevital mais du million d’autres emplois projetés à Cap Djinet. Il s’agit aussi d’agissements de lobbys occultes qui travaillent dans l’ombre et qui veulent faire la pluie et le beau temps ». Fidèle à lui-même, M. Bouzidi se dit prêt à « assumer toujours ses déclarations et s’il faut aller en prison, ces gens-là doivent savoir que nous sommes déjà prisonniers de nos convictions et de nos valeurs ! » Il est à noter que Mourad Bouzidi a déjà instruit ses avocats pour user de son droit d’interjeter appel auprès de la Cour de Béjaïa. Pour sa part, la Coordination des comités de soutien aux travailleurs de Cevital et aux investissements économiques a, également, réagi, hier, à ce verdict, à travers une déclaration transmise à notre rédaction.
« Nous sommes consternés et scandalisés par une telle décision qui porte atteinte aux droits de l’homme, à la liberté d’expression et d’opinion et qui va à l’encontre des attentes des travailleurs et de tout citoyen épris de justice et de liberté », écrivent les rédacteurs de ladite déclaration. La même coordination considère qu’« une fois de plus, la justice algérienne est instrumentalisée ». Tout en invitant son porte-parole (M. Bouzidi, NDLR), à faire appel de cette décision tout comme elle lui apporte son « soutien indéfectible » et sa « solidarité agissante ». Elle appelle, à ce titre, l’ensemble des partis politiques, hommes politiques, responsables d’association, militants des droits de l’homme et les élites à « se prononcer sur ce déni de justice ».
Enfin, les membres de cette coordination nationale réitèrent leur engagement à poursuivre leur combat pour « le déblocage des équipements de Cevital, le développement économique de notre pays, l’espoir pour notre jeunesse, l’équité, la liberté d’entreprendre, l’emploi et le droit à l’expression ». 

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