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samedi, 06 janvier 2018 06:00

Syndicats et classe politique se solidarisent après la répression qu’ils ont subie : Les résidents braquent les regards

Écrit par Houria Moula
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Si depuis le début de leur mouvement il y a deux mois, les médecins résidents n’ont pas pu braquer les projecteurs, la sanglante répression du rassemblement organisé le 3 janvier dernier au CHU Mustapha-Pacha d’Alger a attiré tous les regards. Partis politiques, militants et syndicats de la santé tout comme d’autres secteurs ont été unanimes à dénoncer le recours à la force, appelant les autorités à prendre en charge les revendications des grévistes.

 

L’Ordre des médecins, tout en qualifiant l’intervention des forces de l’ordre mercredi, de «répression violente, brutale et inhumaine», estime que ce n’est pas la réponse que l’on doit réserver à une manifestation pacifique de revendications légitimes.
Dans une déclaration rendue publique, le Conseil régional de l’ordre des médecins de Blida s’est dit «choqué par les images de têtes ensanglantées de résidents tabassés par la répression policière», interpellant dans «ces circonstances dramatiques», le ministre de la Santé, de surcroît professeur en médecine, «pour que ces revendications anciennes, récurrentes et légitimes autour du service civil et du service militaire, trouvent leurs réponses dans le dialogue et la concertation». Le syndicat des praticiens de santé publique (Snpsp), a, pour sa part, exprimé son «inquiétude» devant de «graves dérapages» des forces de l’ordre. Dénonçant «une violente répression» dont sont victimes des dizaines de confrères venus de plusieurs wilayas pour réclamer des solutions à des revendications «justes et légitimes», le syndicat de Lyès Merabet regrette que «les pouvoirs publics font dans l’entretien des conflits et de la répression violente de toute action de protestation au lieu de privilégier la voie du dialogue et de la négociation, qui reste et restera le seul et unique moyen de sortie de crise».
Quant aux spécialistes, «le sang qui a coulé le 3 janvier dernier et entaché les blouses blanches est celui de tous les médecins d’Algérie». «Une image honteuse de trop... Un dépassement intolérable et non justifié qui interpelle à la réflexion l’ensemble des représentations de la corporation médicale de carrière hospitalo-universitaire ou de santé publique que le Snpsp a invité à l’union et au rassemblement», écrit le Syndicat national des praticiens spécialistes de santé publique (Snpssp). Les enseignants chercheurs, eux, sont allés plus loin que tous autres, décidant de réagir sur le terrain en boycottant l’examen du DEMS (Diplôme d’études médicales spécialisées) dont les épreuves débuteront demain.

Solidarité syndicale

Le Syndicat national des enseignants chercheurs hospitalo-universitaires (Snechu), a dénoncé «un acharnement» des forces de l’ordre sur les résidents, précisant que la décision de boycott «ne sera levé qu’après organisation des assemblées générales locales à travers le territoire national». Le syndicat a appelé en outre tous ses adhérents à participer aux actions de protestation qui seront organisées ce mardi 9 janvier à travers l’ensemble des structures hospitalo-universitaires du pays, en observant un arrêt de travail avec l’assurance du service minimum. Chez la classe politique, le RCD et Talaie El Hourriyet n’ont pas raté l’occasion pour s’en prendre au gouvernement. «L’interdiction des manifestations publiques, en vigueur depuis 2001 dans la capitale ne suffit pas, le pouvoir réprime toute voix discordante sur les lieux de travail et les universités», dénonce le RCD dans un communiqué. Pour le parti de Mohcine Belabbas, par le biais de sa Jeunesse libre (JL-RCD) dénonce «l’attitude du ministère de la Santé» qui dit ne pas disposer des prérogatives pour prendre en charge les doléances des grévistes, et «le recours à la violence et la répression subie par les médecins-résidents», tout en réitérant son «soutien aux luttes pacifiques de toutes les catégories sociales pour défendre leurs droits et exprimer leurs revendications».
Le parti d’Ali Benflis n’a pas non plus mâché ses mots. «Le pouvoir en place continue d’adopter une démarche répressive contre toute forme de protestations sociales et n’hésite pas à violer les franchises, notamment universitaires et hospitalières pour réprimer les mouvements syndicaux», fustige Talaie El Hourriyet, ajoutant que ces dépassements intolérables constituent des violations flagrantes
des droits consacrés dans la Constitution, notamment le droit à l’expression et au rassemblement».

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