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mercredi, 10 janvier 2018 06:00

Ressources halieutiques / Face à la surexploitation et aux mauvaises pratiques : L’association Home plaide pour «une pêche responsable»

Écrit par Seddiki Djamila
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Un atelier de formation, intitulé «pour une pêche responsable», qui a duré trois jours au niveau de l’Ecole de formation aux techniques de pêche et d’aquaculture de Cherchell, s’est clôturé par l’adoption d’une charte et d’un guide de bonne conduite distribué aux participants. Ils définissent les principes pour une pêche responsable tenant compte de tous les aspects biologiques, technologiques, économiques, sociaux, environnementaux et commerciaux.


Organisée par l’association écologiste «Home» de Tipasa, présidée par Samia Balistrou (une férue de plongée sous-marine), en partenariat avec le ministère de l’Environnement et de l’ambassade de Belgique, cette formation qualifiée de première nationale a réuni, pour la première session, une vingtaine de pêcheurs sur les 60 retenus et exerçant dans les différents ports de la wilaya. Cette rencontre a permis de faire un tour d’horizon des problèmes qui affectent le milieu marin et, par conséquent, la ressource halieutique, de manière générale, en vue de proposer des solutions pour y remédier. Ce qui ne semble pas être une mince affaire étant donné l’état des lieux dans ce domaine. A l’ouverture des travaux, Samia Balistrou ne manquera pas de dire que ses 32 ans d’expérience de plongée sous-marine lui ont permis de prendre conscience des dégâts provoqués par l’homme aussi bien sur la faune que sur la flore marines qui doit devenir aujourd’hui l’affaire des professionnels faute d’avoir pu sensibiliser le grand public.

Situation catastrophique
Tout a été dit ou presque, durant ces trois journées de formation, à commencer par la situation de la pêche en Algérie appréhendée à travers les quatre catégories d’activités de pêche, à savoir les engins utilisés et leurs conséquences sur les ressources, la réglementation en vigueur qui, de l’avis de tous, est complète, mais pas appliquée, les aires marines protégées (anses de Kouali à Tipasa, îles Habibas à Oran et l’île Rachgoune à Tlemcen) en Algérie et en Méditerranée, le stock exploité et les pêcheries, la pêche en Algérie et à Tipasa à travers les espèces ciblées, le recensement des mauvaises pratiques des usagers de la mer et enfin les recommandations sous forme de charte et de guide de bonnes conduites pour protéger la ressource.
L’association Home a fait appel à des professionnels pour animer cet atelier, en l’occurrence le professeur Nouar Ahmed, spécialiste en halieutique à l’université Houari-Boumediène et M. Méziani, enseignant à l’Ecole de pêche de Cherchell, riches d’une longue expérience. Ils étaient face à un auditoire très conscient de la situation catastrophique dans laquelle se trouvent les ressources halieutiques, qui constituent, pour tous, leur gagne-pain quotidien, mais n’en sont pas moins responsables de mauvaises pratiques qui se sont généralisées faute de conscience et de coercition des pouvoirs publics.
D’aucuns reconnaîtront qu’eux-mêmes pratiquent une pêche irresponsable, surexploitent la ressource, quelquefois, la détruisent en utilisant des engins inadéquats… Mais devant le laxisme et l’indifférence des pouvoirs publics et l’appât du gain immédiat, qui a pris le dessus sur toute valeur, ils n’hésitent pas à mettre en danger leur métier de pêcheur et de détruire le milieu marin devenu une jungle où les prédateurs sont légion.
La présidente de l’association Home, Samia Balistrou, riche de son expérience de 32 ans sous l’eau (elle dirige, depuis des lustres, une école de plongée à Tipasa), a eu tout le loisir de voir les dégâts en mer. Elle a pris cette initiative, avec le soutien financier de l’ambassade de Belgique dans le cadre d’une convention avec le ministère de l’Environnement, d’aller directement aux acteurs que sont les pêcheurs pour les inciter à respecter le milieu marin qui les fait vivre au lieu de faire dans la sensibilisation tous azimuts du grand public qui n’a pas, hélas, donné de résultats probants.
Selon la présidente de l’association «Home» (appelée ainsi en hommage au film américain qui a décrit la situation écologique catastrophique de la planète terre), il est prévu l’organisation de trois sessions de formation (dans le cadre d’un programme de 18 mois) qui se dérouleront, après Cherchell, à Tipasa puis Bou Haroun pour toucher les 60 pêcheurs retenus dans le cadre de ce projet.
Eveiller les consciences contre les mauvaises pratiques
Celui-ci qui ne vise pas moins que d’éveiller les consciences et faire en sorte que les mauvaises pratiques, bien identifiées, que sont l’exploitation irrationnelle des ressources, l’utilisation de l’explosif pour ramasser gros, la pollution de la mer, en particulier, par le plastique et la présence de pesticides utilisés par l’agriculteur et qui se déversent en mer suite au ruissellement des pluies, pour ne citer que ceux-là, soient bannies à jamais.
Il ressort des communications présentées lors de l’atelier, il y a quelques décennies, les ressources marines étaient considérées comme inépuisables. Aujourd’hui, selon des statistiques (de 2011) de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO)«30% des populations marines sont surexploitées et pour juguler cette surexploitation, la démarche suivie a consisté à diminuer ou arrêter la pêche des espèces ciblées en encadrant les prélèvements et l’effort de pêche pour ajuster la pression de pêche aux potentiels de croissance et de reproduction des ressources», comme cela a été le cas dans l’Union européenne pour le thon rouge. Mais si la pêche est, en grande partie, responsable de cette diminution et de l’état des ressources, elle n’est pas la seule. D’autres facteurs, qui peuvent être importants, comme la pollution du milieu, la destruction des habitats, l’aménagement et l’urbanisation des zones côtières, le réchauffement climatique sont responsables et peuvent aussi modifier l’écosystème.

90% des ressources marines de la Méditerranée surexploitées
Selon les animateurs, on retiendra que 90% des ressources marines de la Méditerranée sont surexploitées, la transformant presque en une mer sans poissons. La surpêche est l’un des principaux problèmes écologiques et ce malgré les quotas instaurés. Même s’il est difficile de vérifier que ces quotas sont bien respectés par les pays et surtout les patrons pêcheurs, il y a d’autres manières, selon les spécialistes, de soutenir une pêche durable même en tant que simple consommateur.
Qu’est-ce que la pêche durable se sont interrogés les participants à l’atelier ? Existe-t-il une charte et comment fonctionne-t-elle ?
Selon la FAO, la pêche (qui englobe la gestion, les captures, la transformation, la commercialisation du poisson) et l’aquaculture apportent une contribution à l’alimentation, à l’emploi et aux loisirs des populations du monde entier. Des millions de personnes dépendent de la pêche pour leur existence et si nous voulons que l’offre de poisson soit suffisante pour les générations futures, il faut, tous, contribuer à la conserver et à aménager les pêches mondiales en réduisant le rythme actuel d’appauvrissement de la diversité biologique.
Pour ce faire, des recommandations ont été émises, à partir de 2010, pour appliquer l’approche éco systémique, c’est-à-dire créer un «réseau représentatif de zones marines protégées et de restaurer les stocks à un niveau permettant de produire le rendement maximal durable (RMD)».
C’est dans ce contexte que plus de 170 membres de la FAO ont adopté, dès 1995, le Code de conduite pour une pêche responsable. Il a un caractère facultatif plutôt que contraignant et ceux qui y adhèrent doivent s’engager à prendre des mesures pratiques dans les pêches et l’aquaculture, que ce soit dans des zones continentales ou en mer. Le Code est, donc, le fruit des efforts déployés par de nombreux groupes qui s’occupent de pêche ou d’aquaculture et à cet égard traduit un consensus ou un accord mondial sur des sujets ayant trait aux pêches ou à l’aquaculture.
Les gouvernements, en coopération avec le secteur halieutique et les communautés de pêcheurs de leur pays, ont à charge de le faire appliquer.
Ils devraient encourager les communautés de pêcheurs et le secteur halieutique à élaborer des codes d’usage qui soient compatibles avec les objectifs du Code de conduite et en réaffirmant les principes.
La charte, proposée aux participants, a pour objet de décrire de manière non technique plusieurs aspects importants afin que ces informations touchent et sensibilisent davantage les populations et les encourageront à l’appliquer dans tous les secteurs des pêches, que ce soit la pêche artisanale, hauturière, ou dans l’aquaculture.
La communication du Professeur Nouar, un halieute de l’université de Bab Ezzouar, qui connaît bien la biodiversité marine algérienne, a permis d’expliquer les dangers induis par l’utilisation de certains engins et techniques sur une faune qui se caractérise par un grand nombre de groupes d’animaux marins dont certains présentent un intérêt économique et des possibilités réelles d’exploitation.
Selon lui, ces ressources halieutiques sont exploitées, en général, par trois types de navires : les chalutiers, les senneurs et les petits métiers dans les différents ports et abris de pêche. Les espèces qui ont fait l’objet d’études exhaustives sont celles dont l’abondance et la valeur commerciale sont les plus évidentes : sardine (Sardina pilchardus), sardinelle ou allache (Sardinellaaurita) et anchois (Engraulis encrasicolus) pour le petit pélagique.
L’espadon (Xiphias gladius) et thon rouge (Thunnusthynnus) pour le grand pélagique, le rouget (Mullusbarbatus et M surmuletus), le merlan (Merlucciusmerluccius), les pageots (Pagelluserythrinus, P. acarne, P. bogaraveo), la rascasse profonde (Helicolenusdactylopterus) et quelques sélaciens (raies et requins) pour les poissons démersaux.
La crevette rouge (Aristeusantennatus et Aristeomorphafoliacea), crevette blanche (Parapenaeuslongirostris) et crevette caramote (Penaeuskerathurus) pour les crustacés décapodes, la seiche (Sepiaofficinalis) pour les mollusques céphalopodes ainsi qu’une espèce de coelentérés à très haute valeur commerciale : le corail rouge (Coralliumrubrum). A part ces espèces à haut rendement commercial et, par conséquent, plus recherchées, beaucoup restent inconnues ou inexploitées.

Plaidoyer pour un renouveau du secteur

Pour le chercheur, il est temps de mettre la science au service du renouveau de ce secteur, dont les richesses sont exploitées de manière anarchique et parfois irresponsable.
Selon notre interlocuteur, l’Algérie, qui dispose d’un tel potentiel, reste l’un des pays de la Méditerranée où le taux de consommation annuel moyen en poisson par tête d’habitant est des plus faibles et le développement de la pêche ne saurait se passer d’une opération de recueil et de traitement d’informations qui ne négligent aucune espèce et aucune aire d’intervention. Cet investissement dans la recherche, qui conditionne la réussite d’un programme d’aménagement halieutique envisagé dans le cadre du programme national de relance économique, passe avant tout, au-delà de la disponibilité de moyens d’exploration, par la formation d’équipes pluridisciplinaires d’intervention et la promotion de la recherche océanographique. Le professeur Méziani de l’Ecole de pêche de Cherchell a insisté, quant à lui, sur l’aspect réglementation qui existe depuis 2004 sans pour autant être appliqué et encore moins suivi par les pouvoirs publics qui laissent faire et deviennent par conséquent complices dans ce massacre des ressources halieutiques. Selon les nombreux intervenants dans le débat, en majorité des pêcheurs qui ont fait, pour certains, leur mea culpa, allant jusqu’à raconter chacun ses anecdotes, son expérience du milieu marin, ont été unanimes à reconnaître leurs fautes et dire leur désir de remédier à la situation pour peu qu’ils trouvent des oreilles attentives et surtout des structures à qui se plaindre et dénoncer tous les mauvais comportements des prédateurs de la mer. 

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