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jeudi, 01 février 2018 06:00

Ils boycottent le dialogue et répondent aux déclarations de la tutelle : Les résidents réclament la présence de Hasbellaoui

Écrit par Houria Moula et Samira Dekkiche
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À moins que le professeur Mokhtar Hasbellaoui ne revienne à la table des négociations avec les médecins résidents, le dialogue dans le cadre du comité intersectoriel chargé du suivi de leur plateforme de revendication sera boycotté. C’est la condition sine qua non des représentants du Collectif autonome des médecins résidents algériens (Camra) pour la reprise du dialogue, après avoir claqué la porte du ministère, mardi dernier, à l’occasion d’une réunion consacrée au service civil.


Dans un courrier adressé, hier, au coordinateur du comité, le Camra a regretté la manière avec laquelle est gérée cette crise, réduite à être discutée au sein d’une commission sans pouvoir décisionnel. «Nous voulons un comité d’action habilité à décider car l’espace que l’on a actuellement ne dépasse pas le cadre de la réflexion», nous a déclaré Mohamed Taïleb, membre du bureau national du Camra, joint par nos soins. D’après lui, la réunion qui se tiendra aujourd’hui et qui a pour ordre du jour les discussions sur les modalités d’attribution d’un logement de fonction aux résidents affectés dans le cadre du service civil, «n’a pas lieu d’être». «Nous allons boycotter cette réunion et le dialogue jusqu’à satisfaction de nos exigences», a-t-il affirmé. Et d’expliquer que les résidents se sont retirés « car aucune réponse favorable nous a été donnée ». « Durant toutes les réunions, aucune des revendications n’a été satisfaite », appuie-t-il.
Quant au logement de fonction dont parlent les responsables du secteur, le Dr Taileb a rappelé que c’est « un acquis depuis 1984 » avant de revenir sur la décision de la justice qui, selon lui, ne correspond pas aux droits constitutionnels, et que « personne n’a le droit de dire que la grève est illégale mais plutôt qu’une procédure de grève n’a pas été respectée ». En réponse au fait que le Camra ne soit pas une organisation agréée, il a affirmé qu’un collectif n’a pas besoin d’agrément, parce que c’est une
situation bien définie par la loi, dans les articles 49 et 50 du Code du travail. Et de les citer : « Dans l’impossibilité ou dans l’attente de créer un syndicat, on peut être représenté par un collectif ».
Impasse
Dans le chapitre des exigences pour revenir à la table des négociations, il dira qu’elles ont trait «à la présence du ministre de tutelle, à un calendrier continu pour discuter de la plateforme de revendications en bloc et enfin à la disponibilité du comité à nous faire des contre-propositions pour pouvoir avancer». Il n’y a qu’à travers la réunion de ces conditions «que l’on pourra sortir de l’impasse», soutient notre interlocuteur, ajoutant que les résidents refusent de céder suite à de simples déclarations. Allusion faite aux assurances de l’inspecteur général du ministère de la Santé, Omar Beredjouane qui a affirmé, mardi lors d’une conférence, que la tutelle a accédé à de nombreuses préoccupations soulevées notamment celle relative au service civil. «Il n’y a jamais eu de réduction de la durée du service civil. Aussi, il faut savoir d’abord que nous avons demandé la suppression du caractère obligatoire pour le rendre attractif et incitatif comme c’est le cas dans d’autres pays du monde. Après quoi, on parlera de la durée, des pôles médicaux aux chefs-lieux de wilaya, de l’augmentation de la prime de zone, de la prime de location, d’un cahier des charges et de l’intégration de la commission d’experts par spécialité et de celle des affectations », a réagi le représentant du Camra.
Sur le logement de fonction et la journée pédagogique, le Dr Taïleb explique qu’il s’agit tout simplement d’acquis qui datent depuis des années que l’on a rétablis. Quant aux œuvres sociales et au congé de maternité pour les femmes médecins, « ce sont des droits garantis par la loi, non pas offerts par la tutelle ». En ce qui concerne les indemnités exigées dans la plateforme de revendications, notre interlocuteur estime que « lorsqu’on est dans une négociation, il est tout à fait normal que l’on demande plus, et puis on avance en fonction de ce que propose l’autre, en faisant des concessions de part et d’autre ».
C’est dire que la sortie de l’inspecteur général du ministère est loin de convaincre les médecins résidents, déterminés à poursuivre le mouvement de grève entamé depuis plus de deux mois, « tout en assurant le service minimum », contrairement à ce qui a été auparavant dit. A propos du sit-in national tenu mardi au CHU Musatapha Pacha, un autre représentant du Camra, le Dr Boutaleb l’a qualifié de « réussi » vu le taux de participation et l’engagement solidaire des résidents venus des toutes les régions du pays appuyés par les médecins spécialistes à travers le Camsa. Le sit-in a eu lieu malgré la décision de la justice, selon laquelle la grève des résidents est « illégale ». Par ailleurs, le même représentant du Camra a démenti les déclarations du coordinateur de comité intersectoriel, Salah Eddine Bendib sur les ondes de la Radio nationale. « Ce discours est destiné à la consommation générale », explique le Dr Boutaleb. Ce qui a empiré la situation entre les deux parties, c’est la publication, selon le Camra, de comptes-rendus qui ne reflètent pas le déroulement des réunions. Concernant la seule proposition de la diminution de la durée du service civil, le résident a expliqué qu’il s’agit des régions du Sud et des Hauts-Plateaux où la durée a été instaurée à une année, et dans les grands hôpitaux et les périphériques la durée de quatre ans est maintenue. « Une proposition qui n’a même pas été soumise au ministre vu son absence pendant cette crise », poursuit-il.
Reste à savoir si le ministre, Mokhtar Hasbellaoui, reviendra s’asseoir en face des représentants du Camra pour faire avancer le dialogue qui reste au point mort, surtout après que ces derniers aient claqué la porte de la réunion que tenait le comité mardi dernier. En attendant, les résidents restent mobilisés et maintiennent la pression. Une veillée a été organisée mardi soir au CHU Mustapha-Pacha avec la participation de centaines de blouses blanches des quatre coins du pays. 

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