Pokemon Go app download for android. Get Prisma app for android and edit pics. prisam apk.

ESPACE PUB

300X 250 site reporter

mardi, 06 février 2018 00:16

Troisième mois de grève des médecins résidents : Autopsie d’un dialogue de sourds et d’une pathologie annoncée

Écrit par Hamid Bellagha
Évaluer cet élément
(0 Votes)

Malgré les propositions du ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière et la garantie que d’autres suivront, le mouvement de grève, initié par les résidents des CHU sur tout le territoire national, tend à se durcir. Le porte-parole des résidents estime, en effet, que les propositions pour une sortie de crise sont «insuffisantes».

De notre côté, nous avons essayé depuis plusieurs jours de cerner les tenants et les aboutissants d’une crise qui risque d’emporter le frêle esquif de la santé. Nous avons recueilli des témoignages de tous les acteurs de ce mauvais vaudeville et, curieusement, plusieurs personnes qui nous ont informés à visage découvert, il y a quelques semaines, ne veulent plus dévoiler leur identité. D’accord pour nous parler, mais en off. La raison ? «Un pourrissement de l’affaire est plus que probable, et plusieurs personnes des deux côtés de la barrière œuvrent pour ça», selon leurs dires. Un professeur en médecine, qui ne veut pas que sa spécialité soit dévoilée, nous raconte sa perception de la plus importante grève initiée par les résidents. Nous pouvons quand même dire qu’il exerce au CHU de Batna : «Je suis outré. Je viens de terminer une intervention chirurgicale, et du fait de la grève des résidents, j’ai été assisté par quatre maîtres-assistants. Cela veut dire que chacun d’eux a laissé tomber ses patients, ses étudiants ou sa récupération. La grève dans son essence est légitime, mais il ne faut pas être imperméable à toutes les propositions. Je vous rappelle qu’il y a d’abord eu une grosse grève en 2011. C’est durant cette année-là qu’est né le Camra. Les résidents avaient déjà commencé à se faire entendre pour des revendications, dont la principale a été et reste toujours l’abrogation du service civil. Ce dernier existe dans quatre zones. La première zone, qui nécessite quatre années de service civil, englobe les grandes agglomérations comme Oran, Annaba, Constantine, et Alger bien sûr. La seconde, avec trois années de service, concerne les Haut-Plateaux et les villes dites moyennes comme les daïras de l’intérieur, Azzaba, El Harrouch ou Akbou, par exemple. La troisième zone comprend les villes du proche Sud à l’instar de Biskra ou Laghouat, pour ne citer que celles-là, où il faut deux années de service civil. Enfin, il y a le Grand-Sud, comme Tamanrasset, Djanet ou In Guezzam, et là, le service civil se résume à une seule année.»


Grève des résidents et ponctions sur salaires
Comme vient de nous le confirmer le professeur du CHU de Batna, il y a de fortes perturbations au sein des programmations de toutes sortes dans les hôpitaux. Les directeurs des CHU ont été instruits pour des coupes dans les salaires des résidents grévistes, comme nous le confirmera le secrétaire général du CHU de Constantine. «Une instruction du ministère de la Santé nous somme de défalquer les jours non travaillés par les résidents. Pour Constantine, sur les 1 317 résidents du CHU, 1 160 verront leurs salaires sérieusement touchés». Nous aurions voulu nous entretenir avec M. Benyessad, le directeur du CHU, mais, curieusement, il est toujours en réunion lors de nos sollicitations, lui, si prompt à inviter la presse pour dévoiler ses «hauts faits d’armes» qui consistent à suspendre des femmes de ménage, des coursiers et des médecins. Mais quand il s’agit d’expliquer les pannes récurrentes des appareils d’imagerie médicale, des recrutements empreints d’opacité ou la grève des résidents, M. Benyessad s’inscrit aux abonnés absents. Nous avons sollicité un acteur de l’autre côté de la barrière, un résident actif dans la pérennisation de la grève. Il a été des résidents qui ont été cueillis au niveau d’une gare ferroviaire, la veille du second regroupement de ces mêmes résidents à l’hôpital Mustapha, et débarqué pour les empêcher de rallier la capitale. Notre interlocuteur a aussi été membre de la délégation qui s’est rendue à plusieurs reprises au ministère de la Santé pour des dialogues de sourds. «Au commencement de la grève, j’étais déterminé. Mais au fur et à mesure des négociations, j’ai commencé à sentir un air de manipulation. La politique a fait son entrée et, bizarrement, les antagonistes des deux bords s’entendaient comme larrons en foire. Je vous certifie qu’un membre du ministère nous a, à chaque rencontre, encouragé à continuer la grève. D’ailleurs, le jour de la bastonnade de l’hôpital Mustapha, plusieurs personnes nous ont «conseillé» de provoquer les policiers. La policière qui a été stigmatisée sur Facebook, après une photo la montrant en train de cracher au visage d’un résident, a été poussée à bout à dessein. Bien sûr, cela n’explique pas le tabassage en règle. Pour nous, la principale revendication reste encore le service civil qu’il faut abroger ou revoir. Il ne doit pas être obligatoire, car il y a auparavant sept longues années d’études de médecine et la spécialisation. Quand on termine tout ça, on n’est déjà plus jeune et il faut faire, encore, le service civil. La réponse de l’Etat a été qu’il faut une égalité des soins, une équité dans les prises en charge sanitaire dans les zones enclavées ou reculées. On comprend qu’il faut qu’il y ait accès aux soins pour tous, c’est pourquoi il faut qu’il y ait des médecins qui exercent dans les zones de la discorde. Mais il ne faut pas non plus oublier les intérêts des résidents.»


Propositions (in)décentes ?
À la décharge des médecins résidents, en effet, il n’y a presque pas de moyens de travail, de transports et encore moins de logements. Dans les revendications concernant la révision du service civil figurent, outre les aspects cités plus haut, d’autres mesures incitatives, comme un meilleur salaire, des primes de zones, et surtout que ce service civil cesse d’être obligatoire et redevienne une sorte de volontariat, tout en réduisant la période de ce même service.
Comme mentionné plus haut, le ministère de la Santé a accepté et s’est engagé à ce qu’il y ait plus de moyens, et un logement dit décent, avant les affectations pour le service civil. Un autre professeur en médecine, de l’hôpital Mustapha, trouve que c’est un bon pas vers la sortie de crise, mais que ce n’est pas suffisant : «Il faut qu’il y ait un regroupement des compétences au chef-lieu de wilaya, un pool de compétences, au lieu de les disperser et amoindrir leurs moyens, de fait. On prend un exemple imaginaire pour la wilaya de Mila, où le scanner pourrait être au chef-lieu, l’échographie à Ferdjioua, le gynécologue à Chelghoum-Laïd et le cardiologue et son ECG à Téleghma. Là, il y a dispersion des compétences. On les réunit au même centre de santé et les résidents assureront leurs gardes, consultations et opérations sur place, pour des malades qui ne seront plus en vadrouille d’un centre à l’autre.» Ce service civil reste, donc, une épée de Damoclès sur la tête des résidents, car le Conseil de l’ordre ne permettra pas à un médecin de s’installer en «cabinard» s’il n’y a pas le quitus du service civil. C’est là le point de discorde le plus important. Le second, concerne le service national. Et là, les résidents s’insurgent contre le fait qu’il y a exemption du service national pour tout universitaire ayant atteint l’âge de trente ans, sauf pour les médecins. «Ce qui est une injustice, une discrimination envers le corps des médecins. Tout ça peut se discuter, comme convertir le service national en service civil, par exemple», nous confiera un résident, du CHU de Constantine, encore en grève mais plus très convaincu. Comme dans toute négociation, on introduit plein de choses pour avoir le principal. Les résidents ont ajouté les formations continues, les stages à l’étranger, etc. Pour notre professeur du CHU Mustapha, «la sortie de crise doit passer essentiellement par une meilleure disposition des médecins résidents au dialogue et non d’exiger tout, tout de suite. La principale revendication qui est le service civil est une loi, ne l’oublions pas. Et à ce titre, elle ne peut pas disparaître du jour au lendemain. Elle est passée par l’APN une première fois, il faut qu’elle repasse une seconde fois pour son abrogation ou pour des changements. En attendant, l’Etat pourrait commencer, du moins pour le Sud, par octroyer des logements décents et former des pools de compétence aux chefs-lieux de wilaya. On peut déjà démarrer de là, pour débloquer une situation qui dure depuis trois mois, puis discuter d’une nouvelle formule pour le service civil. Le service national peut être aussi sujet à discussion en le réduisant ou en le transformant en service civil. Mais à mon avis, si le problème du service civil se règle, les résidents attendront pour régler les autres problèmes».

Laissez un commentaire

Culture

Patrimoine/Alger : Plus de 100 monuments et sites archéologiques à l’abandon

La wilaya d’Alger compte cinquante-huit

Culture -
22-05-2018
Théâtre Kateb-Yacine de Tizi Ouzou : Lamia Aït Amara, un voyage en musiques algériennes

Elégante, le port altier et élancé, la v

Culture -
22-05-2018
Théâtre : «Slimane Elouk», une comédie croustillante sur les planches du TNA

«Slimane Ellouk», adaptation de Mahieddi

Culture -
22-05-2018
Spectacle : L’orchestre Di Piazza Vittorio en concert le 29 mai à Ibn Khaldoun

L’ambassade d’Italie et l’Institut cultu

Culture -
22-05-2018