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jeudi, 16 février 2017 06:30

Libye : Les frères ennemis presque d’accord pour « amender » l’accord de Skhirat

Écrit par  Anis Remane
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A l’issue d’une rencontre au Caire, mardi dernier, ces parties conviennent d’œuvrer également à la tenue d’élections parlementaires et présidentielle en février 2018, mais rien n’est pour autant gagné d’avance.

Les appels de l’Egypte et des pays du voisinage aux principales parties libyennes en conflit de se rencontrer et de discuter des moyens de relancer le processus de normalisation, bien en mal, dans leurs pays a été entendu. Mais en partie. Le chef du gouvernement d’entente nationale, Fayez El Sarraj, et le Maréchal Khalifa Haftar ne sont pas rencontrés dans la capitale égyptienne mais leurs délégations respectives ainsi que des représentants d’autres parties libyennes ont convenu d’un accord qui prévoit d’œuvrer à la tenue d’élections présidentielle et parlementaire à l’horizon de février 2018. Avant que ce processus électoral décisif pour l’avenir de la Libye ne soit mis en place, les parties en conflit doivent d’abord parvenir à un accord qui aboutirait à des amendements de l’accord de paix signé à Skhirat au Maroc en décembre 2015 sous l’égide de l’ONU. Pour ce faire, les protagonistes de la réunion du Caire ont décidé de former un « comité conjoint » chargé de préparer ces amendements qui devraient aplanir les rivalités entre Tripoli et Tobrouk et de permettre surtout au maréchal Haftar d’avoir un rôle important, notamment dans le secteur de la défense et de la sécurité alors qu’il n’en avait aucun avant. L’accord de Skhirat ne prévoyait en effet aucune responsabilité de M. Haftar au sein du gouvernement d’union nationale, le GNA. Les forces dont ils disposent dans une grande partie de l’Est libyen et son contrôle des principaux terminaux pétroliers du pays l’ont imposé comme un interlocuteur de poids, bénéficiant de surcroit du soutien de plusieurs puissances occidentales, sans doute de la Russie qui tend à se positionner dans le jeu libyen en tant qu’acteur international de premier ordre mais discret, ainsi que de l’appui de plusieurs capitales arabes. L’option devenue réalité d’amendements de l’accord de 2015 a été éventée la semaine dernière par le médiateur sortant des Nations unies. Martin Kobler avait affirmé que les pourparlers sur de «possibles amendements» concernant notamment le rôle futur du maréchal. Le « comité conjoint » compte quinze personnes choisies parmi les membres du parlement et du Haut Conseil d’Etat, qui fait office de deuxième chambre à Tripoli derrière le Parlement reconnu par les Nations-Unies. C’est à lui que revient de proposer durant les semaines et les mois prochains la mouture la plus consensuelle possible des amendements attendus, ce qui ne sera pas une simple promenade pour une institution qui, elle aussi, suscite la méfiance de plusieurs acteurs influents de la crise libyenne, notamment ceux de l’Est libyen à Benghazi et Tobrouk. Le directeur du Centre maghrébin d’études sur la Libye (CMEL) basé à Tunis, Rachid Khechana, plaide pour une autorité élargie à tous les acteurs de la scène libyenne. «Les protagonistes n’ont pas compris qu’aucun courant idéologique ou clan politique ou tribal ne pouvait gouverner le pays tout seul après Kadhafi», explique M. Khechana. «Le pays n’est pas prêt à une compétition démocratique ‘’classique’’», poursuit-il.
Les dirigeants libyens réunis au Caire ont convenu de traiter certaines questions contenues dans l’accord politique pour sortir le pays de l’actuelle crise. Il s’agit en l’occurrence de « la révision de la composante et des prérogatives du conseil présidentiel libyen du gouvernement d’union nationale sous la présidence d’Al Serradj, le poste de chef suprême de l’armée libyenne et ses prérogatives et l’élargissement de la qualité de membre du Haut Conseil de l’Etat, plus haute instance consultative dans le pays ». Une avancée importante, estiment des observateurs de la scène libyenne : l’un d’eux, Moncef Djaziri, maître d’enseignement et de recherche honoraire à l’université de Lausanne, en Suisse, préconisait hier dans une déclaration à RFI de « revoir la composition du Conseil présidentiel et redéfinir ses compétences ». Mais rien n’est acquis pour l’instant que ce nouveau processus enclenché au Caire, qui consiste en vérité à corriger les faiblesses de l’accord de Skhirat, n’a pas encore donné de résultats concrets.
En Libye, les profondes divisions et la peur d’être évincé du jeu de pouvoir et se voir marginaliser poussent les protagonistes à rester sur leurs gardes et à camper sur leurs positions. C’est en particulier le cas des groupes politico-militaires de l’Ouest libyen et de Misrata qui craignent que l’entrée en force du maréchal Haftar et de ses partisans de l’Est ne leur coûtent cher, eux qui se prévalent de la légitimité révolutionnaire et de la chute du régime de Kadhafi. 

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