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mardi, 10 janvier 2017 21:46

Tunisie : L’instance électorale se rebiffe et crie au blocage de la transition

Écrit par  Anis Remane
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Hier, mardi, dans un entretien au quotidien tunisois La Presse, le président de l’Instance électorale (ISIE) a dénoncé le blocage «inadmissible» de la «marche vers la démocratie» de son pays. Chafik Sarsar a fustigé notamment le retard dans la tenue des premières élections locales de l’après-révolution.

«Tout est bloqué. (...) Nous avons loupé un rendez-vous avec l’histoire», a-t-il déclaré, en référence notamment aux difficultés dans la mise en place effective de deux nouvelles institutions -la Cour constitutionnelle et le Conseil supérieur de la magistrature- prévues par cette transition. 

Le président de l’Isie s’est également montré très critique face au retard pris par le Parlement dans l’adoption de la loi électorale, un préalable à la tenue des premiers scrutins municipaux et régionaux depuis la révolution de 2011. «Je l’ai déjà dit, ce sont les intérêts partisans tout simplement qui font que nous avons ce retard», a-t-il déploré.
Plus de six ans après la chute de la dictature de Zine el Abidine Ben Ali, ces élections sont attendues «avec impatience» par les citoyens, a ajouté Chafik Sarsar. Tout en exhortant à «être optimiste mais très actif», il a rappelé que son instance avait besoin de «huit mois à partir de la publication de la loi» pour organiser de tels scrutins. S’ils n’interviennent qu’en 2018, ils seront immédiatement suivis en 2019 par la présidentielle, et un tel «rapprochement n’est pas (...) conseillé», a-t-il plaidé, notant le risque d’un «essoufflement» des électeurs. Les municipalités sont toujours gérées par de simples «délégations spéciales», en charge des affaires courantes, ce qui impacte la vie des Tunisiens (infrastructures défaillantes, ramassage déficient des ordures etc...). Ces difficultés quotidiennes s’ajoutent à la morosité économique, marquée par une croissance faible et la persistance d’un chômage massif, surtout chez les jeunes.
Hier matin, des incidents ont éclaté à Sidi Bouzid, berceau de la révolution après qu’une quarantaine de diplômés au chômage eurent pénétré de force dans les locaux du gouvernorat. Venus de Meknassi, à une cinquantaine de km, ils ont réclamé la concrétisation de promesses d’embauches par les autorités, selon l’AFP. Les forces de l’ordre sont intervenues et une dizaine de protestataires ont été brièvement détenus. Le calme était revenu à la mi-journée. 

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