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dimanche, 08 janvier 2017 21:07

Tunisie : Nouvelle manifestation contre retour des djihadistes

Écrit par  Sabrina Miloudi
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Les Tunisiens continuent de montrer leur inquiétude face au retour de plusieurs milliers de leurs compatriotes partis au djihad en Irak et en Syrie. Ils ont encore manifesté hier dans le centre de Tunis pour protester contre l’éventuel retour au pays de quelque 5 000 djihadistes, ce qui représenterait, selon eux, une « grande menace » pour la sécurité nationale.



A l’appel d’un mouvement citoyen, plus de mille personnes se sont rassemblées, hier, dans le centre de Tunis. «Retour des terroristes, grande menace contre la sûreté du pays», ont scandé vivement les manifestants encerclés par un important dispositif de sécurité. «Non au retour des terroristes au pays», «Tous les Tunisiens contre le terrorisme» ou encore «On ne pardonne pas les criminels et on refuse leur retour», scandaient-ils également. Enveloppés par des drapeaux de la Tunisie, les protestataires ont défilé au niveau de l’avenue Habib Bourguiba, en chantant l’hymne national avant de crier leur colère notamment contre le parti islamiste Ennahda et son chef Rached Ghannouchi. Ils lui reprochent son idée de «repentance» pour les ddjihadistes tunisiens qui voudraient rentrer chez eux, à la condition qu’ils abandonnent la violence. «Ghannouchi, ces terroristes sont tes enfants et non les enfants de la Tunisie», ont crié les manifestants. «Les Tunisiens doivent être rassurés par une vraie volonté politique qui affiche clairement son refus d’un retour de ces criminels», s’est emportée Shahnez Mili, fonctionnaire de 33 ans, citée par l’AFP. Fin décembre dernier, le syndicat national des forces de sécurité intérieure a notamment fait valoir que les djihadistes avaient «reçu des formations militaires et appris à manipuler toutes sortes d’armes de guerre sophistiquées», d’autant qu’ils pourraient rejoindre des «cellules dormantes» du pays et «élargir le cercle du terrorisme», a-t-il prévenu dans un communiqué. Certaines voix ont même appelé à déchoir ces djihadistes de leur nationalité. Interdite par la Constitution, cette mesure a toutefois été rejetée par le président Béji Caïd Essebsi. «On ne peut empêcher un Tunisien de revenir dans son pays (...) mais évidemment, nous allons être vigilants», s’est-il défendu.
Le même mois, le Premier ministre Youssef Chahed avait affirmé de son côté que son gouvernement «n’était pas favorable» au retour des djihadistes, dont il estime le nombre à moins de 3 000.

Deux journalistes tunisiens exécutés  par Daech
Mais c’est compter sans l’instabilité sécuritaire qui ronge la Libye voisine et dont l’onde atteint la Tunisie, qui déplore la mort présumée de deux journalistes tunisiens exécutés par Daech en Libye. C’est ce qu’a confirmé un membre de l’organisation terroriste, détenu par les forces loyales au maréchal Khalifa Haftar dans l’est du pays, qui a révélé l’exécution de deux journalistes tunisiens disparus en Libye en septembre 2014, dans des «aveux» diffusés par une télévision libyenne. Tête rasée, le détenu qui portait une tenue de prisonnier orange, a affirmé samedi soir à cette télévision avoir été témoin de l’exécution de Sofiène Chourabi et Nadhir Ktari dans une forêt près de la ville de Derna, un ancien fief de Daech, dans l’est libyen. Sofiène Chourabi, un blogueur très actif durant la révolution tunisienne de 2011, et Nadhir Ktari, un photographe, ont disparu dans la région d’Ajdabiya (est) le 8 septembre 2014. Quatre mois plus tard, la branche libyenne de Daech a affirmé avoir exécuté ces deux journalistes. Mais cette revendication a été mise en doute par des responsables libyens puis tunisiens, notamment pour manque de preuves, ravivant l’espoir auprès des familles des deux journalistes. Présenté comme Abderrazek Nassef Abderrazek Ali, un Libyen, le détenu affirme que Nadhir et Sofiène ont été capturés à un barrage tenu par Daech entre Ajdabiya et Labraq (est). Ils ont été transférés au tribunal de l’organisation ultra-radicale à Derna, avant d’être exécutés par deux Tchadiens, membres de Daech, toujours selon le détenu qui s’exprimait sur la chaîne Al-Hadath Al-Libiya proche de Haftar. Selon lui, les deux journalistes ont été condamnés pour «offense envers le prophète» et pour non-observation du jeûne durant le mois de ramadan, sur la base de preuves fournies par des membres tunisiens de Daech.

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