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mercredi, 17 mai 2017 18:22

Histoire / Commémoration du 19 mai 1956 : Les étudiants aussi avaient leur mot à dire…

Écrit par Fazil Asmar
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Les étudiants n’étaient pas en reste durant la guerre de Libération. Ils avaient aussi leur mot à dire et l’ont bien exprimé en déclenchant, le 19 mai 1956, un mouvement de grève, boycottant cours et examens. Et ce, dans le but de porter leur voix comme un seul homme en soutien au mouvement de l’indépendance. Une grève déclenchée, d’après le moudjahid Saleh Ben El Kobi

, à l’incitative d’Abane Ramdane. Invité hier au Forum d’Echaab, il a assuré que les étudiants ont joué également le rôle de professeur dans les prisons où ils étaient enfermés avec d’autres militants. «Les militants voulaient que les étudiants, bien que leur nombre ne dépassait pas les 400, soient partie prenante de la guerre de Libération. C’est ce qui a conduit à la création de l’Union générale des étudiants musulmans algériens (Ugema). Je me souviens qu’à la veille de l’élection des bureaux de l’union, cinq candidats ont été arrêtés», évoque le moudjahid, qui était aussi membre du bureau de l’Union. Cela dit, même avant la création de cette union, les étudiants algériens n’ont jamais été isolés du mouvement de libération, étant actifs dans l’Association des étudiants musulmans d’Afrique du Nord. «Mais on voulait un mouvement d’étudiants propre à l’Algérie, même si on voulait que la lutte soit aussi à un échelle maghrébin. L’Ugema devait réunir tous les étudiants algériens musulmans vivant dans le pays et à l’étranger. On insistait sur la religion musulmane par souci de défendre l’identité algérienne», précise-t-il. La moudjahida Zoulikha Kaddour, qui était aussi membre de l’Ugema, se rappelle le jour où elle a été abordée par le moudjahid Amara Rachid, à l’université d’Alger. «Nous n’étions que 20 filles sur 400 étudiants algériens. Hassiba Ben Bouali était ma camarade à l’époque. Amar Rachid s’est rapproché de moi afin de me porter candidate au bureau de l’Ugema. Et j’ai été formée par la suite, comme les autres étudiants, pour rejoindre le maquis», raconte-t-elle, avant de faire référence à l’opération « la Bleuite ». Une opération d’infiltration et de déstabilisation, engagée par la force coloniale, pour briser la guerre de Libération. Les étudiants, se rappelle-t-elle, étaient également utilisés dans le cadre de cette opération dans le but de remonter les membres de l’ALN les uns contre les autres. «On exerçait un chantage sur les étudiants. Comme ils étaient formés par des professeurs français, le colonialisme les poussaient à jouer aux espions au maquis. Si les étudiants ne se pliaient pas aux directives, la force coloniale les faisaient passer pour des harkis ou des traîtres», explique-t-elle. La moudjahida confie avoir dénoncé cette pratique avec l’aide de militants français qui avaient épousé la cause nationale et la presse française. «La bleuite n’étaient pas connue. Il fallait donc que ça soit dévoilé et c’est ce que j’ai fait. Il est de notre devoir aujourd’hui de faire la lumière sur toute notre histoire sans la diffamer ou la défigurer. Notre devoir est de rapporter les faits et fidèlement», conclut-elle. 

 

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