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Reporters - Filtrer les éléments par date : mercredi, 26 mars 2014
Dans le cadre de la préparation de la saison estivale 2014, la direction générale de la Protection civile organise le 2e regroupement régional des directeurs de la Protection civile de 23 wilayas de l’ouest et du sud du pays, aujourd’hui, au niveau de la wilaya d’Aïn Témouchent. Au menu de ce regroupement, les bilans de l’année 2013 relatifs au dispositif de surveillance des plages de baignade, de prévention et de lutte contre les feux de forêts et de palmiers, notamment, sur les volets préventif, organisationnel et opérationnel. L’objectif de cette rencontre est de mettre en évidence les difficultés rencontrées et de prendre des dispositions pour préparer et améliorer les plans d’action pour la prise en charge de la saison estivale 2014. Sachant que le volume d’activité durant cette période de l’année est très important et en conséquence il faut y faire face et couvrir plusieurs risques, tels les feux de forêts, les plages, les accidents de la circulation, envenimation scorpionique… Durant l’année 2013, les unités de la Protection civile ont procédé à l’extinction de 21 253 incendies de forêt, maquis, broussailles, récoltes, palmeraies et arbres fruitiers. Par ailleurs, 22 colonnes mobiles ont été mobilisées dans le cadre du dispositif de lutte contre les feux de forêts, réparties au niveau des wilayas classées à haut risque. Concernant le dispositif de surveillance des plages, 48 429 interventions ont été enregistrées au niveau des 369 plages autorisées à la baignade. Elles ont permis de sauver de la noyade 33 831 personnes, 12 364 personnes soignées sur place et 89 décès, dont 63 au niveau des plages interdites, ont été enregistrés. Concernant la baignade dans les réserves d’eau, un phénomène qui ne cesse de se généraliser à travers le territoire national, non sans provoquer des morts annuellement, l’on cite 204 décès enregistrés, et ce, malgré les actions de sensibilisation menées par la direction générale de la Protection civile. <
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La gestion des déchets solides a été au cœur d’un séminaire algéro-coréen, tenu hier à l’hôtel El Djazaïr, à Alger, auquel ont pris part la ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement, Mme Boudjemaâ Dalila, le vice-ministre sud-coréen de l’Environnement, Jeong Yeonman, l’ambassadeur accrédité à Alger et le directeur de l’Institut coréen de l’industrie et des technologies de l’environnement (KEITI). Le séminaire a porté sur le renforcement de la coopération entre les deux parties, mise sur les rails depuis 2006 - année durant laquelle a été paraphé l’accord de partenariat stratégique entre les deux pays. Depuis, elle n’a cessé de se développer, d’abord bilatérale, puis multisectorielle, axée essentiellement sur le transfert de technologie et du savoir-faire. D’ailleurs, deux nouveaux accords ont été signés, tous deux basés sur l’environnement et le développement durable. Le premier a porté sur un mémorandum d’entente et de coopération entre les ministères de l’Environnement des deux pays, alors que le second a été conclu entre l’Agence nationale des déchets (AND) et l’Institut coréen de l’industrie et des technologies de l’environnement (KEITI). Le but escompté est la mise en place d’un schéma directeur de gestion des déchets solides ménagers et spéciaux. Etabli sur une durée d’un an et muni d’un fonds coréen de 700 000 dollars, ce schéma sera circonscrit, dans un premier temps, à deux wilayas du pays, à savoir Blida et Bordj Bou Arréridj. Deux wilayas aux vocations différentes, la première étant agricole, avec une prévalence de l’arboriculture fruitière, alors que la seconde est plutôt industrielle. Le département de Mme Boudjemaâ les a choisies en tant que villes pilotes parce que « leurs charges en déchets solides sont représentatives de la configuration de ces déchets à l’échelle nationale ». <
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Architecte mondialement connu, notamment pour ses réalisations « en carton » conçues comme des structures ou abris d’urgence destinés à venir en aide aux victimes de catastrophes naturelles ou humaines, Shigeru Ban, architecte japonais né a Tokyo en 1957, a été distingué, a-t-on annoncé hier, du prestigieux prix Pritzker. Recevant la distinction à la suite de son compatriote Toyo Ito en 2013, ou encore de l’architecte irakienne Zaha Hadid en 2004, le jury a souligné en l’œuvre de Shigeru Ban « l’élégance », le « caractère imaginatif », mais aussi le fait que depuis 20 ans, il « redonne de la dignité » aux victimes de catastrophes naturelles, en travaillant notamment « avec des citoyens, des bénévoles, des étudiants afin de dessiner et construire des abris recyclables, à bas coûts ». Le plus souvent spectaculaires de simplicité et de légèreté, ses œuvres, à l’image du Centre Pompidou de Metz, réalisé en collaboration avec Jean de Gastines et Philip Gumuchdjian et inauguré en 2009, ou plus récemment la « nouvelle cathédrale de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, sont en effet réalisés avec pour éléments de structure de base des tubes en carton spécialement conçus. Démontrant une imagination et un talent uniques, mais aussi, expliquent les critiques, une capacité à s’inspirer d’objets aussi simples qu’un « chapeau chinois ou un mouchoir », son travail fut plusieurs fois distingué depuis le début de sa carrière. Attiré par la diversité d’utilisation que peuvent avoir les structures tubulaires, Shigeru Ban, fils d’un employé dans la construction automobile et se destinant très jeune au métier de charpentier, avant de découvrir l’architecture, sort diplômé de la Cooper Union School of Architecture de New York en 1984. Débutant sa carrière en répondant aux commandes de riches particuliers, avant de découvrir en 1985, explique-t-il dans son ouvrage Paper in architecture, les qualités et la solidité du « papier tube », ce sera aussi l’impact des séismes et des catastrophes naturelles qui ont frappé le Japon et le monde durant les années 80 et 90 qui inciteront également l’architecte Shigeru Ban à créer plusieurs types d’abris, voire d’espaces facilement transformables en école, salle de soins ou même d’habitation provisoire, et de plus réutilisables. Fondant en 1995 l’organisation non gouvernementale « Voluntary Architects’Network » (VAN), et nommé au titre de conseiller pour le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, il parcourt depuis les régions dévastées par les catastrophes naturelles, notamment lors du tsunami en Asie en 2004. Financé par la Fondation Hyatt et créé par l’homme d’affaires américain Jay Arthur Pritzker, mort en 1999, le prix Pritzker est décerné annuellement depuis 1979 par son jury. Souvent considéré comme un « prix Nobel d’architecture », il est symbolisé par une médaille en bronze, mais aussi une dotation de cent mille dollars. Le prix Pritzker 2014 sera officiellement remis à l’architecte Shigeru Ban le 13 juin prochain lors d’une cérémonie organisée au Rijksmuseum d’Amsterdam, aux Pays-Bas.n
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Coup de cœur. Elle est le fruit d'une passion entre une poétesse, Rabia Djelti, et un écrivain, Amine Zaoui. Autant dire, une destinée, qui était, à la base, toute tracée dans le milieu artistique. Lina Doran (d'Oran), parce que c'est sa ville ! Là où elle est née pendant le printemps de l'année 1985. Et là aussi où elle a passé une partie de son enfance avant de s'envoler pour la France. Vers son destin. Lina Doran est devenue, très jeune, chanteuse, auteur-compositeur et interprète. Elle a toujours eu une passion dévorante pour les musiques du monde qu'elle emprunte à chaque fois que le besoin se fait ressentir. Son inspiration, elle la puise auprès d'Ella Fitzgerald, Rita James, Louis Armstrong… En arabe, en français, en anglais… et dans toutes les langues, parce qu'elle aime ça, Lina Doran chante avec cette voix douce, chaude et sensuelle. Nul ne peut rester alors indifférent à son talent, mais aussi à toute cette esthétique qu'elle met en pratique pour que l'harmonie soit. Toutefois, ses mélopées, elle les préfère teintées d'envolées jazz, tout en y mêlant la langue française à celle de l'arabe. Sensible et d'une douceur à fleur de peau, Lina, la lumineuse, est souvent comparée à une enfant qui parcourt en permanence le monde. Dès la fin de ses études universitaires en langues qu'elle a poursuivies à Caen, sa ville d'adoption après Paris, elle décide de s'envoler vers ses territoires qu'elle ne connaît que sur le bout des notes musicales qu'elle fredonne. Plus rien ne semble lui résister, elle sait qu'au bout de chaque périple, c'est une expérience de plus qu'elle acquiert. Une influence nouvelle à chaque fois qu'elle croise la route de musiciens issus d'univers différents. De fait, elle n'a pas eu recours à un cursus ordinaire. Pas de formation dans un conservatoire ni de cours dispensés par un professeur particulier de chant, Lina Doran est cette parfaite autodidacte très vite happée par le mode de la création spontanée. Elle refuse de se laisser enfermer dans le raï ou la musique française. Eclectique, elle écoute de tout, elle chante de tout, c'est, selon elle, ce qui lui permet de s'enrichir artistiquement et pouvoir faire des mélanges pour ses propres chansons. Ce qu'elle préfère, c'est se laisser porter d'abord par le texte, puis par la mélodie, pour enfin décider du style que prendra sa chanson avec, bien sûr, toujours cette touche orientale. De scène en scène, son école de prédilection, Lina Doran décide de repartir s'installer en Normandie en 2013. Et c'est un album qui voit le jour en octobre de la même année. Almeria, son premier single, cartonne. Lina Doran apparaît dans le clip qui accompagne la sortie de son album. Belle et rayonnante, dansant avec un voile sur des rives d'évasion et de rêves aux rythmes de guitares. Les projecteurs se braquent sur son aura. C'est une pluie de lumière qui l'habille, désormais, on l'appelle de partout pour se produire. Depuis, elle enchaîne les concerts de ville en ville. Prochainement, elle sera en tournée promotionnelle en Algérie. Ce sont les scènes d'Alger, d’Oran, de Constantine et d’Annaba qui l’accueilleront à l'occasion de la sortie d'Almeria. S. H. A.
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Corps en mouvement, rythmes, vocalités, matières… Etrangement poétique ! Le Piccoli Tempi s’est frayé un chemin vers Alger, hier, mardi 25 mars, pour se rendre ensuite à Tlemcen demain, jeudi 27 mars, pour finir à Oran samedi 29 mars. Ce spectacle, porté par Florence Goguel, pour la conception et l’interprétation, Frédéric Obry pour la composition musicale et le regard extérieur, et Marlène Rocher pour les costumes et accessoires, de la compagnie du Porte-voix, est destiné au jeune public de 3 mois à 3 ans. Un spectacle très original qui a pris forme au cœur des crèches, des médiathèques, des petits théâtres… en France. Son concept s'est calqué sur celui de la matière artistique musicale et corporelle empruntée au primo tempo. Tout un programme en mode interactif qui prend vie dans l'agora du divertissement et des loisirs, siège de la petite enfance. Le Piccoli Tempi sait s'adapter aux particularités de chaque lieu où il se déroule. Son inspiration, la compagnie du Porte-voix la puise des traditions issues des peuples nomades. Le récit s'appuie sur le personnage principal, « chasseur-cueilleur de sons », interprété par la comédienne Florence Goguel. Cette dernière s'aventure dans un périple musical où la nature dans tous ses états est convoquée. Du son comme du temps, cette nomade-musicienne joue et manipule toutes sortes de matières naturelles avec des instruments aux formes et aux sonorités inattendues, offrant ainsi à la jeune assistance le plaisir de goûter aux multiples possibilités de jeux musicaux et corporels. C'est ici où réside tout l'intérêt de l'artiste aux multi-facettes, comédienne et musicienne, compositrice et metteur en scène, en l'occurrence Florence Goguel. Elle s'attarde parce qu'elle est très attachée au lien qui peut exister entre la voix, l'acte instrumental et le mouvement du corps. Sa trajectoire s'est naturellement construite autour d'un travail d’atelier et de formation dédié aux très jeunes enfants ainsi qu'aux professionnels de l’enfance. Passionnée par la découverte de nouveaux instruments, elle a orienté ses recherches pour ses créations vers un métissage des musiques traditionnelles, populaires et lyriques, tout en privilégiant l’espace de liberté et de créativité offert par l’improvisation. Dans cette recherche d’un langage pluridisciplinaire, pour un théâtre d’images, de corps et de sons, Florence Goguel le crée pour l'interpréter essentiellement dans ses spectacles au sein de la Compagnie du Porte-voix. A l'occasion des « Premières rencontres 2010 », elle a présenté en solo Rêves de Pierre. Un spectacle qui a bénéficié d’une aide à la création et qui a été conçu en résidence dans des maternelles.n Le Piccoli Tempi de la compagnie du Porte-voix à l'Institut français Tlemcen, jeudi 27 mars et Oran, samedi 29 mars Accès libre et gratuit
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Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’Homme a affirmé hier que la condamnation à mort, «en masse», de 529 partisans du président islamiste destitué Mohamed Morsi par la justice en Egypte viole le droit international. «Le nombre stupéfiant de personnes condamnées à mort dans cette affaire est sans précédent dans l’Histoire récente. L’imposition en masse de la peine de mort après un procès qui a été marqué par des irrégularités de procédure est une violation du droit international des droits de l’Homme», a déclaré un porte-parole du Haut-Commissariat, Rupert Colville, lors d’un point presse. Selon le droit international, la peine de mort ne peut être prononcée qu’après un procès équitable et dans le respect des procédures, a-t-il souligné. Or, a-t-il relevé, «un procès de masse de 529 personnes qui a duré deux jours ne peut pas avoir répondu aux exigences les plus fondamentales d’un procès équitable». Il a en outre dénoncé le fait que la majorité des accusés n’étaient pas présents à leur procès. Ces faits constituent «une violation de l’article 6 du Pacte» international relatif aux droits civils et, a insisté M. Colville. Sur les 529 condamnés à la peine capitale dès la seconde audience de ce procès en première instance ouvert samedi à al-Minya, au sud du Caire, seuls 153 sont en détention, les autres étant en fuite. Dix-sept autres accusés ont été acquittés. Ils étaient poursuivis pour leur rôle présumé dans les violences qui ont suivi la destitution par l’armée du président islamiste Mohamed Morsi en juillet dernier. Le porte-parole du Haut-Commissariat aux droits de l’Homme a souligné que «les charges exactes retenues contre chacun des accusés ne sont pas claires car elles n’ont pas été lues». Il a également indiqué que les avocats ont dit ne pas avoir eu suffisamment accès à leurs clients. En outre, selon des témoins présents au procès, le juge n’a pas appelé chaque accusé par son nom, ce qui constitue une irrégularité, selon l’ONU. D’après l’ONU, la peine de mort ne peut être appliquée que lorsqu’il s’agit des crimes les plus graves, ce qui n’est pas le cas de l’appartenance à un groupe politique illégal ou la participation à des manifestations, a considéré M. Colville. <
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La capitale centrafricaine a connu un «pic de violence» depuis samedi, s’alarme mardi (hier, ndlr) l’ONG Médecins sans frontières (MSF), qui a pris en charge 38 blessés, dont trois sont décédés, suite à ces affrontements entre groupes armés. «La tension est encore montée d’un cran. Des tirs nourris d’armes automatiques et des jets de grenades ont eu lieu aux alentours des quartiers PK-5 et PK-12» de Bangui, explique MSF dans un communiqué. «Suite à ce pic de violence, MSF a pris en charge 38 personnes blessées» par balles, à l’arme blanche et par des éclats de grenade. «Trois sont morts des suites de leurs blessures», précise le texte. Un responsable de la Croix-Rouge centrafricaine avait indiqué plus tôt à l’AFP que l’organisation avait ramassé une quinzaine de cadavres aux abords du quartier commerçant PK-5 depuis samedi, où des musulmans sont assiégés depuis des semaines par des miliciens majoritairement chrétiens anti-balaka et des pillards. Des échanges de tirs ont de nouveau eu lieu hier entre anti-balaka et soldats de la force africaine, a constaté un correspondant de l’AFP. Les jours précédents, les forces africaine Misca et française Sangaris avaient déjà riposté à des tirs. «Le niveau d’insécurité réduit la possibilité de transférer des blessés (à l’hôpital) et entrave le déploiement des secours», déplore MSF. Pour Hakim Chkam, chef de mission MSF en RCA, «ces nouveaux affrontements sont la preuve que nous ne sommes toujours pas revenus à une situation normale et que, malgré la présence des troupes armées internationales, les violences continuent». «Depuis plusieurs semaines, des milliers de musulmans sont piégés dans ces quartiers protégés, tant bien que mal, par les forces internationales de la vindicte des miliciens anti-balaka», affirme encore le communiqué. Selon MSF, 60 000 personnes sont toujours regroupées dans le camp de déplacés de Mpoko, près de l’aéroport de Bangui, qui en accueillait près de 100 000 au plus fort des violences, et «où les conditions sanitaires restent dramatiques». <
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Le Maroc a commencé, depuis lundi, à expulser des réfugiés syriens jugés « perturbateurs » depuis l’aéroport de Casablanca, selon un représentant du Haut commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR). Une opération qui n’est pas en accord avec le droit international, au risque d’entacher l’image du royaume chérifien et qui n’est pas sans rappeler une affaire, en janvier dernier, lorsque le Maroc avait déjà refoulé des réfugiés vers l’Algérie. Le Maroc a arrêté 21 réfugiés syriens à l’aéroport de Casablanca, selon les informations fournies par la représentante du Haut commissariat aux réfugiés (HCR), organe onusien qui s’occupe des conditions de vie des réfugiés dans le monde. Parmi les 21 réfugiés, 15 ont d’ores et déjà été renvoyés à bord d’un avion en direction d’Istanbul, lundi dans l’après-midi, alors que six d’entre eux sont encore en zone de transit, parmi lesquels une femme enceinte. Ursula Schulze-Aboubacar, fonctionnaire du HCR, a ainsi indiqué : « Ce matin, selon les informations que nous avons pu obtenir, sur un groupe de 21 personnes, dont une dizaine d’enfants, 15 ont été renvoyées par avion sur Istanbul.» Et de poursuivre : « J’ai essayé de prendre contact avec les autorités, sans succès. J’ai contacté des organisations des droits de l’Homme, nous avons tout essayé. Je me suis même rendue à l’aéroport hier (dimanche), mais on ne nous a pas accordé l’accès aux Syriens. » Le Maroc semble coutumier de ce genre de fait puisqu’en janvier dernier, il avait refoulé un groupe de 70 réfugiés syriens vers la frontière algérienne, avant d’accuser le gouvernement algérien d’avoir refoulé en premier ce groupe. Or, c’est désormais le Maroc qui trempe dans une nouvelle affaire d’inhospitalité notoire envers les réfugiés syriens, contrairement à l’Algérie, qui en accueille près de 20 000, selon le HCR, et qui a mis en place plusieurs camps de réfugiés, notamment dans la capitale. Un nouveau revers pour le royaume chérifien, dont l’objectif a toujours été de satisfaire la communauté internationale quant au respect des conventions internationales et droit onusien. Faibles justifications Selon le HCR, les réfugiés syriens concernés sont entrés depuis la frontière algérienne, comme 90% des réfugiés de ce pays, au Maroc, mais « dans le droit d’asile, cela ne les criminalise pas. Surtout, concernant les Syriens, on fait des demandes aux pays du monde entier au nom de la solidarité ». Cette protection temporaire demandée par les instances internationales ne semble pas trouver écho au Maroc, comme le montre ce nouvel incident. Plus encore, vendredi dernier, le ministère de l’Intérieur a menacé d’expulser un nouveau groupe sous prétexte qu’ils « perturbent les mosquées et les fidèles ». Au début du mois, le ministère des Affaires religieuses marocain a affirmé que des « ressortissants syriens se rendaient dans certaines mosquées des grandes villes où ils tiennent des propos qui ne doivent pas être prononcés dans des lieux de culte ». Des justificatifs qui ne semblent pas convaincants et ne pouvant justifier en aucun cas le traitement qui est réservé par le Maroc à des ressortissants syriens qui sont pourtant protégés par toutes les conventions internationales sur les réfugiés. Pourtant, le royaume chérifien a toujours représenté l’émissaire des Occidentaux dans la région, et pour cause, il a toujours cherché à se plier au modèle occidental basé sur un libéralisme économique parfois sauvage, une rhétorique pro-occidentale et des positions diplomatiques qui sont très conciliantes envers l’Occident. <
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Les fluctuations des économies mondiales sont dues en grande partie au discours tenu à leur sujet. Un discours facile à comprendre, qui joue sur les émotions, nous pousse parfois à sortir de chez nous et à dépenser de l’argent, à démarrer une entreprise, à construire de nouvelles usines ou des immeubles de bureaux ou à engager des employés. A d’autres moments, il nous inspire un sentiment de peur et nous fait nous recroqueviller sur nous-mêmes, économiser nos ressources, limiter nos dépenses et développe notre aversion au risque. Le discours économique stimule notre «esprit animal» ou au contraire l’étouffe. Actuellement au Japon pour un cycle de conférences, je suis frappé par l’impact du discours économique sur la manière de pensée et le comportement des gens, autrement dit sur le changement qu’il induit chez eux, ainsi que la fragilité de ce changement. Peu après avoir pris ses fonctions en décembre 2012, le Premier ministre, Shinzo Abe, a lancé un programme de relance monétaire et budgétaire et entrepris des réformes structurelles, qui ont un impact considérable sur la confiance des Japonais. Selon le FMI, l’écart de production (la différence entre le PIB réel et le PIB potentiel) s’est réduit en valeur absolue de 3,6% à 0,9% entre 2011 et 2013. Hormis le Japon, peu de pays ont un discours global et facile à comprendre sur des changements positifs semblables à «l’Abenomie» au Japon. L’écart de production des principaux pays avancés reste décevant, passant en valeur absolue de 5,3% en 2009, la pire année de la crise financière mondiale, à 3,2% en 2013 selon le FMI, ce qui représente moins de la moitié du chemin à parcourir pour revenir à la normale. Nous semblons être à la merci du discours économique. Depuis 2009, la plupart d’entre nous attendons un discours qui redonne espoir et confiance, qui donne un souffle nouveau à l’économie. Considérons le discours sur le boom immobilier aux USA et ailleurs au début des années 2000. A ce moment là on ne parlait pas de bulle, on considérait le boom comme le triomphe de l’entreprise capitaliste à l’orée d’un nouveau millénaire. Ce discours était prégnant parce qu’énormément de gens étaient impliqués psychologiquement - et financièrement - dans le «boom». La plupart des ménages possédaient une maison et de ce fait étaient partie prenante. Se prenant pour des capitalistes avisés, beaucoup de propriétaires avides de bénéficier encore davantage du boom, achetaient des maisons plus coûteuses qu’ils ne l’auraient fait en période normale. En 2006, avec la fin abrupte du boom, ce discours économique qui flattait l’ego d’un grand nombre de gens s’est transformé : il ne s’agissait plus d’un boom mais d’une bulle. Finalement, nous n’étions pas des petits génies en matière de finance. Notre confiance en nous-mêmes et par conséquent dans l’avenir s’est trouvée alors ébranlée, nous décourageant de prendre le moindre risque économique. Peu après, la crise financière a éclaté et le monde entier a pris peur. Le discours célébrant les opportunités et les richesses s’est alors transformé en un discours sur les sociétés de crédit immobilier corrompues, les institutions financières surendettées, les experts incompétents et les régulateurs corrompus eux aussi. L’économie dérivait comme un navire dépourvu de gouvernail, tandis que les agents peu scrupuleux qui nous avaient trompés pour nous attirer à bord -appelons les «les 1%» – se glissaient dans le seul bateau de sauvetage disponible. Début 2009, un peu partout dans le monde les marchés financiers étaient au plus bas, tandis que selon l’enquête d’opinion sur le moral des consommateurs de l’université du Michigan, la peur d’une forte récession était à son niveau le plus élevé depuis le deuxième choc pétrolier au début des années 1980. A longueur de journée on ressuscitait dans notre mémoire ou dans celle de nos parents ou de nos grands-parents le souvenir de la Grande dépression des années 1930. Pour comprendre la faiblesse du redémarrage économique (et celle de la Bourse) depuis 2009, il faut identifier les discours qui ont frappé l’opinion publique. La pénétration rapide des smartphones et des tablettes constitue un exemple. L’iPhone d’Apple a été lancé en 2007 et les téléphones Android de Google en 2008, en pleine crise financière, pourtant ils se sont vendus massivement. L’iPad de Apple a été lancé en 2010. Ces produits ont pénétré dans la conscience de pratiquement tout le monde et on voit des gens les utiliser un peu partout, dans les rues, dans le hall des hôtels, dans les aéroports. Il devrait donc y avoir là de quoi relancer la confiance : l’émergence de technologies étonnantes dont les ventes flambent et un esprit d’entreprise bien vivant. Mais le boom immobilier qui a précédé a eu un effet bien plus fort sur la confiance parce qu’il entrait directement en résonance pour un beaucoup plus grand nombre de personnes. Par contre, le discours sur les smartphones et les tablettes est associé à l’impression que la richesse générée par ces appareils est concentrée entre les mains d’un petit nombre d’entrepreneurs spécialisés dans la haute technologie qui vivent sans doute dans des pays lointains. Ces discours ont réveillé nos peurs de voir d’autres pays nous dépasser sur le plan économique. Et maintenant que nos téléphones nous parlent (en 2010 Apple a lancé Siri, la voix artificielle qui répond aux questions qu’on lui pose sur les iPhones), ils alimentent la crainte qu’ils ne se substituent à nous, de la même manière que les vagues précédentes d’automatisation ont rendu obsolète toute une partie du capital humain. Au cours de mon séjour au Japon, j’ai eu le plaisir de rencontrer Abe. Il s’en tient à ce qu’il a annoncé, évoquant des mesures agressives et définitives pour mettre fin au malaise économique qui frappe le Japon depuis des décennies. J’ai senti immédiatement qu’il inspire confiance. On dit de lui qu’il attise le patriotisme, voire le nationalisme. Je n’ai rien entendu de tel de sa part lorsque je l’ai rencontré, mais c’est un élément qui joue peut-être un rôle essentiel dans son discours. Le nationalisme est intrinsèquement lié à l’identité individuelle. Il génère un discours qui parle à chacun, un discours sur ce qu’il peut faire au service de son pays. Certains des actes les plus controversés d’Abe, comme sa visite au mémorial de Yasukuni malgré les protestations chinoises et coréennes, ne font qu’intensifier l’impact de ce type de discours. Néanmoins il n’est pas facile pour un dirigeant, même doté du talent d’Abe, de mettre en forme un discours qui va faire mouche, de même que dans le secteur du cinéma il est difficile de réaliser à tous les coups un film à succès. Aucun dirigeant ne peut systématiquement produire le discours qui va affecter positivement l’économie. Mais il faut essayer ! * Robert J. Shiller, Prix Nobel d’économie, enseigne à la Yale University, Etats-Unis.
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Par exemple, l’escroquerie connue sous le nom de « pump and dump », le stratagème frauduleux qui a permis à Belfort et à ses acolytes d’empocher des millions, est bien plus compréhensible dans le livre que dans le film. L’idée est de racheter les actions de sociétés sans valeur au moyen de prête-noms, de vendre ces actions gonflées artificiellement à de véritables investisseurs, pour ensuite céder ses propres actions et ainsi provoquer la chute du cours et la ruine des autres investisseurs. Ce ne sont pas seulement les petits investisseurs qui furent ruinés ; le plus frappant est la cupidité et la crédulité des riches qui se portèrent acquéreurs de la même camelote vendue par les « jeunes et stupides » courtiers que Belfort employait de préférence. Belfort était (est) de toute évidence un marchand enjôleur capable de vendre n’importe quoi, un brillant commercial avant que les drogues faussent son jugement. Belfort, à nouveau en train de vendre l’élixir du succès après une brève peine de prison, avoue être honteux de son comportement passé ; mais je soupçonne qu’au fond de lui, son mépris pour ceux qu’il a filouté pèse plus lourd que son remords. Dans un ouvrage récent, Le capital au XXIe siècle, l’économiste Thomas Piketty décrit la société Stratton Oakmont comme un exemple « d’extrémisme méritocratique » - le point culminant d’une transition sur un siècle, de l’ancienne inégalité caractérisée par une fortune héritée et un style de vie discret à la nouvelle inégalité, avec ses primes faramineuses et une consommation ostentatoire. Belfort a été décrit comme un Robin des Bois pervers, volant aux riches pour lui-même et ses copains. Les riches appartenaient aux vieilles fortunes de l’establishment protestant, ayant oublié comment protéger leur richesse qui a donc été à juste titre confisquée par d’habiles étoiles montantes – principalement juives – suffisamment sans scrupules pour ne pas hésiter à les dépouiller. Mais la prévarication de Stratton Oakmont n’était, et de loin, pas une exception à Wall Street. Comme me l’a précisé un ami proche, régulateur de la SEC, l’organisme américain de réglementation boursière, pendant 20 ans, lorsque je lui demandai quelle était l’ampleur de la fraude, « J’ai découvert qu’elle était omniprésente. Le système le permet trop facilement et la nature humaine fait que chaque partie y trouve son intérêt. La cupidité est la source de toutes les arnaques ». Le loup de Wall Street était un prédateur, mais ce qualificatif vaut également pour toutes les respectables banques d’investissement qui vendaient à découvert les produits qu’elles proposaient et les banques de dépôt qui offraient des hypothèques à des emprunteurs insolvables, des hypothèques qu’elles ont ensuite reconditionnés en titres de qualité investissement. Ils étaient tous des loups déguisés en moutons. Un système bancaire décent a deux fonctions : veiller à la sécurité de l’argent des déposants et faire se rencontrer les épargnants et les investisseurs dans le cadre d’arrangements mutuellement rentables. Les épargnants déposent leurs économies dans une banque parce qu’ils ont confiance qu’elle ne les volera pas, et garder cet argent en dépôt a un coût. Les accords que les banques arrangent entre créanciers et débiteurs sont la force vive des économies modernes – et constituent des pratiques risquées qui justifient les rémunérations des banquiers. Mais l’argent gagné par les banquiers en sus du montant qui compense le service essentiel qu’ils rendent a été qualifié par le régulateur britannique Adair Turner de « gaspillage social », autrefois appelé « usure ». Ce n’est pas l’ampleur du système bancaire qui doit nous inquiéter, mais sa concentration et sa connectivité. Au Royaume-Uni, une proportion de plus en plus importante des avoirs bancaires a été concentrée dans les cinq banques les plus importantes. La théorie économique classique nous dit que les profits excessifs sont le résultat direct d’une concentration de la propriété. La connectivité est les liens entre les banques. Ces liens peuvent être d’ordre géographique, comme à Wall Street ou dans la City de Londres. Mais ils sont devenus mondiaux avec l’invention des produits dérivés qui étaient supposés améliorer la stabilité de l’ensemble du système bancaire en répartissant les risques. En réalité, ils l’ont rendu plus fragile en établissant une corrélation entre les risques à une bien plus grande échelle. Comme le souligne un article publié par Andrew Haldane de la Banque d’Angleterre et le zoologiste Robert May, les produits dérivés sont analogues à des virus. Les ingénieurs financiers et les courtiers partageaient les mêmes évaluations des risques encourus. Lorsque ces suppositions se sont révélées fausses, l’ensemble du système financier a été exposé à l’infection. La concentration et la connectivité se renforcent mutuellement. Les deux-tiers de la croissance des bilans bancaires au Royaume-Uni représentent des créances interbancaires plutôt que des créances entre établissements bancaires et établissements non financiers – un cas manifeste d’argent qui crée de l’argent. Les adeptes d’une réforme du système bancaire voudraient limiter les bonus des banquiers, établir des pare-feux entre les différents départements bancaires, ou (de façon plus radicale) limiter la proportion des avoirs bancaires totaux détenue par une seule banque. Mais la seule solution durable est de simplifier le système financier. Comme le disent Haldane et May : « Une homogénéité excessive au sein d’un système financier – toutes les banques faisant la même chose – peut minimiser le risque pour chacune des banques, mais optimise la possibilité d’un effondrement de l’ensemble du système ». Tant que les banques pourront dégager un bénéfice de leurs transactions financières, elles continueront à multiplier les produits dérivés au-delà des opérations de couverture légitimes des acteurs non financiers, créant des produits redondants dont le seul but est de dégager des bénéfices pour leurs inventeurs et les courtiers. Comment limiter les produits dérivés est aujourd’hui de loin le sujet le plus brûlant de la réforme du secteur bancaire, et la recherche d’une solution doit tenir compte du fait que l’économie n’est pas une science naturelle. Comme le précise May : «Les probabilités qu’un orage exceptionnel se produise tous les cent ans ne changent pas parce que les gens pensent qu’il est devenu plus probable». Dans le cas des marchés financiers, les probabilités varient en fonction de ce que pensent leurs acteurs. Le moins ils doivent y réfléchir, le mieux. Jordan Belfort avait raison sur un point : il est préférable que ceux qui se lancent dans la finance ne soient pas trop intelligents.n

* Robert Skidelsky est professeur émérite à la Warwick University, Grande-Bretagne. Académicien, il est membre de la chambre des lords
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