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Reporters - Filtrer les éléments par date : vendredi, 03 avril 2015

Les citoyens de Lakhdaria se souviennent bien de la déclaration faite par l’un des responsables islamistes au début des années 1990. En effet, Abassi Madani, chef de l’ex-parti islamiste dissous avait annoncé, à l’occasion de son passage à Bouira, au début des années de sang, que « l’instauration de la République islamique commencerait par cette ville ». 25 ans après que le pays ait retrouvé sa stabilité et sa sécurité, les quelques citoyens que nous avons rencontrés à la ville de Lakhdaria, située à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest du chef-lieu de la wilaya de Bouira, dans le cadre de notre reportage, nous livrent leurs témoignages. Les citoyens témoins de ce passage « scandaleux » veulent tourner définitivement la page. La région, regroupant les communes de Bouderbala, Guerrouma, Zbarbar, Boukram et Maâla, était, pour rappel, au début des années du terrorisme, des « zones interdites », où la terreur régnait en maîtresse des lieux. Une situation d’insécurité qui a engendré un exode massif des populations. La politique de réconciliation et surtout la lutte engagée par l’armée contre le terrorisme ont permis après des années un retour des populations dans leurs localités. Ce sont là les principales actions auxquelles les pouvoirs publics ont travaillé pour permettre aux villageois de vivre dans la paix.

Les premiers groupes de Patriotes En effet, marqués par des dizaines d’attentats terroristes, les Lakhdaris ne veulent plus parler de terrorisme. C’est du passé. C’est à l’intérieur de notre véhicule que nous faisons connaissance avec notre contact. « Mrahba, bienvenus, journalistes, on vous invite à partager avec nous un café », nous dira Rachid, un jeune employé de la mairie avec beaucoup de politesse. « C’est fini cette étiquette de terrorisme collée à notre ville. Certes, nous avons vécu des moments difficiles, mais maintenant, c’est la paix», dira, de son côté, le gérant de la cafétéria située en plein centre-ville. Pour certains, la situation géographique est le principal paramètre qui a poussé et amené les décideurs de l’ex-GIA et autres organisations terroristes à tenter de s’imposer. Dans la wilaya de Bouira, on comptabilise des centaines de victimes, notamment durant la période allant de 1991 à 1999. La résistance contre les groupes et le diktat des terroristes est importante et saluée par les populations. C’est à Lakhdaria que les premiers groupes d’autodéfense verront le jour. Des centaines de Patriotes ont été donc engagés et encadrés par feu El Mekhfi. En cette fin de mois de mars, début du printemps, les rues grouillent de monde. Même si le paysage ne change pas, en empruntant la route vers les villages situés en haute montagne, à l’image de Maâla et Zbarbar, nous retrouvons une certaine ambiance chez les villageois de ces localités perdues entre les collines. Les villageois semblent très attachés à la montagne et à la terre, en témoignent les nouvelles  maisons bâties et les habitants qui continuent à cultiver leurs terres. Au début des années de sang, tous ces villages ont été presque vidés. « Les citoyens ont été obligés de déserter leurs villages pour cause de terrorisme. Les conditions de vie étaient très rudes. Les tragiques années du terrorisme étaient en somme à l’origine de ce dépeuplement », nous dira Marouane, un villageois qui a préféré nous accompagner dans notre périple dans la région. « On les surnommes les virages de la mort. Circuler sur ces routes durant les années du terrorisme était une aventure. Souvent, des terroristes dressent des faux barrages et des citoyens y ont laissé leurs vies », témoigne encore notre guide. Cependant, l’image actuelle des communes de Lakhdaria, Zbarbar, Guerrouma, Maâla n’est pas celle des années 1990. La réalité est très perceptible. De nombreux villageois, des jeunes surtout, qui ont contracté des crédits dans le cadre des différents dispositifs de soutien, notamment dans le secteur de l’agriculture, travaillent et cultivent leurs terres. « La réalisation du grande barrage Koudiat Acerdoune avait permis à des centaines de jeunes de notre région de dénicher des emplois. Une partie des eaux de ce barrage est utilisée par les villageois pour cultiver quelques parcelles », dira-t-il encore, souriant, Marouane. En compagnie de notre guide, nous avons effectué une petite virée au niveau du barrage.

Les villageois renouent avec la vie Au chef-lieu de la commune de Maâla, les villageois vaquaient normalement à leurs occupations. « Les conditions de vie deviennent de plus en plus délicates en période d’hiver. Notre région n’est pas encore raccordée au gaz de ville. Ce sont des camions de Naftal qui nous alimentent en gaz butane. Je reconnais qu’en cette période, les dépôts de gaz installés dans la région n’ont jamais été vides. Les autorités ont pris en charge ce volet », nous dira un commerçant. Notons qu’au niveau de cette commune, des centaines de familles avaient quitté sous la menace terroriste leurs maisons. Elles ont pris le chemin de l’exode rural pour fuir l’insécurité et l’instabilité. Ces réfugiés de la décennie noire se sont sacrifiés durant des années à vivre dans des conditions lamentables. Des centaines d’entre eux avaient érigé de simples baraques. Deux décennies après, « de nombreux villageois y sont quand même retournés et d’autres attendent toujours. Il y a un manque de projets de développement au niveau de notre commune », s’accordent à dire des villageois. Dans cette contrée touchée par le terrorisme, des centaines de familles ont quitté leurs terres. Selon des informations recoupées auprès des autorités locales, au début des années 1990, le nombre d’habitants recensés était de 12 000. Selon le recensement de l’année 2008, la commune n’en comptait que 5 000. Près de la moitié des villageois ont quitté leurs villages. Après cette escale inévitable à Maâla, nous rebroussons chemin et nous remontons vers Zbarbar et Guerrouma. Le soleil est toujours chaud aux premières heures de l’après-midi. Selon des informations recoupées, le nom Zbarbar était originellement appliqué à un pic de montagne surplombant l’actuel chef-lieu de commune de même nom. Le massif allant d’El Mokrani jusqu’à la commune de Boukram fait partie du grand ensemble de l’Atlas blidéen. Il constitue l’ensemble humain et écologique des pays de l’Isser et de Soufflat, deux importants cours d’eau dont la confluence se trouve à la sortie nord-ouest d’Aomar. Le pays de Soufflat et de l’Isser se compose de sept communes rurales : Djebahia, El Mokrani, Maâla, Zbarbar, Guerrouma, Bouderbala et Boukram.

L’agriculture de montagne domine Nous croisons des villageois, tous des agriculteurs. « La production avicole domine dans les villages de cette commune. Pour votre information, c’est la seule région du centre du pays qui alimente les marchés des wilayas du centre du pays en viande blanche », dira avec beaucoup de fierté Marouane. Effectivement, aux environs, des dizaines de poulaillers à étages ont été conçus grâce aux aides de l’Etat, attribués dans le cadre des dispositifs d’aide aux jeunes. Lakhdaria est classée comme étant la première région productrice de viande blanche à l’échelle nationale. A Guerrouma, comme dans les villages de la commune de Maâla, nous avons été chaleureusement accueillis par les villageois. En traversant ces villages, nous observons au passage les scènes de la vie quotidienne. Dans ces contrées, évoquer le mot terrorisme semble du passé. Bien que des séquelles existent, mais rien n’a empêché les villageois de vivre et de reprendre à vivre. La paix. Nous reprenons encore une fois la descente vers la case départ, ville de Lakhdaria. Des postes de contrôle de l’armée sont toujours en place. Un signe qui indique que des poches terroristes sont toujours en activité, mais « dans les maquis ». Les opérations de ratissage entamées par les soldats de l’ANP se poursuivent toujours. En somme, dans les villages de ces communes que nous avons visitées, c’est tout simplement un havre de tranquillité.

Publié dans Actualite archives