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Reporters - Filtrer les éléments par date : lundi, 02 mai 2016

Le président kenyan a procédé samedi à la destruction de 105 tonnes d’ivoire dans le parc national de Nairobi, soit la plus grande quantité d’«or blanc» jamais incinérée en une fois. L’objectif ? Signer un acte symbolique fort pour la lutte contre le braconnage des éléphants, décimés pour leurs défenses qui se négocient à prix d’or. Ce geste symbolique qui a eu lieu devant des caméras du monde entier vise à alerter l’opinion et à promouvoir la lutte contre le braconnage. Le président Uhuru Kenyatta et son homologue gabonais Ali Bongo Ondimba, dont le pays abrite plus de la moitié des éléphants de forêt en Afrique, ont inséré chacun une torche dans une des pyramides constituées de défenses d’éléphant empilées verticalement, sur plus de trois mètres de haut. «Personne, je répète, personne n’a de commerce à faire avec l’ivoire, car ce commerce est synonyme de mort pour nos éléphants et de mort pour notre patrimoine naturel», a déclaré Uhuru Kenyatta lors de cette cérémonie destinée à promouvoir la lutte contre le braconnage et l’interdiction totale du commerce de l’ivoire. «Pour nous, l’ivoire n’a aucune valeur à part sur nos éléphants», a-t-il martelé. S’adressant aux braconniers, le président Ali Bongo a fait part de sa détermination à les combattre: «Nous allons mettre un terme à votre business et la meilleure chose que vous puissiez faire, c’est de prendre votre retraite». Au total, dix pyramides d’ivoire et une pile de cornes de rhinocéros ont ainsi été mises à feu. Environ 5% du stock mondial d’ivoire vont ainsi partir en fumée. Environ 30.000 éléphants sont abattus chaque année pour leurs défenses par des braconniers de mieux en mieux équipés. La conséquence est dramatique: additionnées, les morts naturelles et celles imputées aux braconniers surpassent le taux de reproduction de l’espèce. Les 16.000 défenses incinérées samedi représentent la quasi-totalité du stock d’ivoire kenyan, constitué depuis 1989 et l’interdiction du commerce international de «l’or blanc». Présente à la cérémonie, la ministre française de l’Environnement Ségolène Royal a défendu la nécessité de «tuer la demande» et annoncé l’interdiction prochaine de tout commerce d’ivoire en France. L’’incinération pourrait prendre plusieurs jours. «En fait, l’ivoire ne brûle pas», a expliqué à l’AFP le responsable pyrotechnique de la crémation. «Si vous souhaitez le réduire en cendres, il faut soumettre l’ivoire à de très hautes températures.» Les températures requises seront donc atteintes grâce à un mélange de diesel et de kérosèneinjecté avec de l’air sous haute pression au coeur de chacune des pyramides d’ivoire. Lors de la cérémonie, le paléoanthropologue Richard Leakey, qui dirige le Service kenyan de la faune (KWS), a défendu l’initiative kenyane: «C’est une satanée bonne opération de communication. Si je veux atteindre six milliards d’individus, j’ai besoin de ce genre d’événement», a-t-il expliqué à l’AFP.
(Source : AFP)

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La période des examens de fin d’année scolaire commence, chez nous, en même temps qu’un regain de nuisances sonores urbaines, selon une logique de l’absurde complètement incompréhensible.

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La capitale italienne souffre elle aussi de migrations incontrôlables, mais cette fois d’animaux. Maintenant, Rome grouille de renards qui sont venus dans les rues romaines, visiblement en quête d’un avenir meilleur et de nourriture et qui effrayent les habitants. Pour comprendre l’ampleur du problème: les citoyens ont entamé une « chasse aux renards » sur Facebook. Sur ce réseau, les internautes partagent des photos de renards rencontrés sur leur chemin du travail, près des magasins ou quelque par ailleurs pour prévenir les autres, indique le journal italien « La Stampa ». Il s’agit déjà de dizaines de cas d’apparition de renards à Rome, surtout dans le nord de la ville. Ces prédateurs roux attirés par les ordures, les rats et les souris traînant dans la ville en grandes quantités viennent dans les rues, paissent près des poubelles, non loin des immeubles et des garages. Un problème similaire a jadis frappé Rome lorsque des mouettes, dont la ville pullule dorénavant, l’avaient également envahie. Apparemment, les renards ont décidé que la vie dans la ville a plus d’avantages et serait plus facile. Ainsi, la nouvelle tendance suggère qu’il n’y pas désormais de pelisses de renard dans les rues, mais il y de vrais renards se promenant tranquillement comme s’ils étaient des habitants à part entière. (Source : agences)

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Programme chapeauté par l’Office national de gestion des biens culturels protégés (OGEBC), qui s’associe pour l’occasion avec le Musée des arts et traditions populaires, le Musée de l’enluminure de la miniature et de calligraphie mais aussi avec plusieurs institutions publiques en charge de la gestion du patrimoine dont la Chambre nationale de l’artisanat et des métiers, le rendez-vous intitulé «Casbah entre réalité et devenir», programmé du 9 au 14 mai dans le cadre du Mois du Patrimoine, se donne un double objectif, nous ont expliqué, hier, ses organisateurs : la promotion du patrimoine auprès du grand public mais aussi la préparation des futurs chantiers de restauration de la Casbah d’Alger ainsi que ceux d’autres sites du pays. «Notre but est de créer des liens et des contacts professionnels entre les artisans et les institutions chargées de la préservation du patrimoine. De mettre en valeur le travail des artisans (…) D’un côté, ces professionnels pourront tout au long de la manifestation présenter leur savoir-faire et, de l’autre, les responsables des organismes chargés de la restauration pourront faire connaître leurs projets et besoins.» L’événement doit prendre place, pour rappel, sur plusieurs espaces de la Casbah d’Alger ou à proximité, notamment au Square Port-Saïd, à la placette Sidi-Ramdane ou au niveau des espaces attenants aux musées partenaires. Le responsable de l’OGEBC, Nesroun Bouhil, ajoute que l’événement qui programmera des visites guidées de la vieille ville, «il y a beaucoup d’Algérois qui ne connaissent pas la Casbah, c’est notamment pour cela que nous avons programmé des visites guidées quotidiennes vers les mosquées, les musées et les maisons de la Casbah du 10 au 14 mai», coïncide, par ailleurs, avec le lancement «prochain» par l’OGEBC du «plan d’attaque» en vue de restaurer la Casbah d’Alger. «Il s’agit d’un projet de restauration qui est déjà budgétisé et devrait débuter prochainement, et ce bien que nous ayons rencontré quelques difficultés et retards en lien avec l’administration mais aussi aux habitudes de la Casbah (…) En fait, le mieux pour ce genre de chantiers, sur ce type de site, est bien sûr de déplacer la population durant les travaux. Seulement, le grand problème que nous rencontrons, c’est que des habitations risquent d’être squattées». Par ailleurs, ce futur projet qui accompagnera ceux de la Citadelle d’Alger et de la mosquée Ketchaoua, que supervise l’OGEBC, et qui devra servir de modèle pour des chantiers similaires à Oran, Dellys ou Annaba, nécessitera également une «main-d’œuvre spécialisée dans la restauration qui reste encore rare chez nous», est-il précisé, les métiers les plus recherchés étant, entre autres, les artisans spécialisés dans la sculpture sur bois ou les spécialistes en céramique, «sachant que la restauration des bâtisses de la Casbah demande un certain type de céramique que seuls des spécialistes peuvent reproduire». L’événement, financé par les différents participants et exposants, «Casbah entre réalité et devenir», programmant pour le grand public plusieurs ateliers pour enfants ou des conférences, notamment sur «le patrimoine et l’urbanisme», devrait également être l’occasion de voir pour la première fois une exposition dédiée aux vestiges mis au jour durant les fouilles de la Place des Martyrs parallèlement aux travaux de la station de métro. Des pièces retraçant, en effet, plusieurs étapes historiques de la ville d’Alger seront exposées au siège de l’OGEBC, dans la cour extérieure de Dar Aziza du célèbre quartier Souk El-Djemaâ.  

Publié dans Culture

La ville chinoise septentrionale de Taiyuan vise à remplacer tous ses taxis à essence par des taxis électriques d’ici 2016 afin de réduire ses émissions. Taiyuan, capitale du Shanxi, grande province productrice de charbon, a lancé le passage graduel de ses 8 292 taxis à l’énergie électrique en février. Plus de 3 000 taxis électriques ont déjà été mis en service dans la ville, selon un responsable du bureau municipal de gestion de la circulation. Ces nouveaux taxis possèdent une autonomie de 400 km après une recharge de deux heures, a précisé le responsable. Le prix d’un nouveau taxi électrique est d’environ 310 000 yuans (48 000 dollars). Les chauffeurs de taxi ne contribuent que 90 000 yuans, et le reste est pris en charge par les gouvernements central et local. La ville de Taiyuan possède à ce jour plus de 500 bornes de recharge et compte augmenter ce nombre à 5 000 d’ici 2018. La production massive de charbon a constitué la force motrice de l’économie du Shanxi ces dernières décennies. Cependant, face au ralentissement du marché du charbon et à la pression de la pollution, la province s’efforce de réduire sa dépendance à cette industrie en développant les secteurs des énergies nouvelles, dont un système de transport urbain à faibles émissions de carbone. Outre ces taxis écologiques, Taiyuan compte également mettre en service 3 000 bus électriques au cours des trois ans à venir. Par ailleurs, l’organe suprême de la législature chinoise a ratifié un traité international sur la réduction des émissions de mercure, qui sont toxiques pour l’être humain et l’environnement. Le Comité permanent de l’Assemblée populaire nationale (APN, parlement chinois) a approuvé la Convention de Minamata sur le mercure lors d’une session bimensuelle, qui s’est clôturée le même jour. Ce traité international juridiquement obligatoire a été signé par, alors, l’ingénieur en chef du ministère de la Protection de l’environnement, Wan Bentai, au nom de la Chine, le 10 octobre 2013 à Kumamoto, au Japon. Ce traité porte le nom de la ville japonaise de Minamata, où le méthylmercure en provenance des eaux usées industrielles de la ville avait fait des centaines de morts, et bien plus de handicapés dans les années 1950. Selon un bilan établi le 2 novembre 2015, 128 pays et organisations régionales avaient signé la convention, et 18 d’entre eux l’avaient ratifiée.
(Sources : agences)

Publié dans Environnement

Hamid Nacer-Khodja a fait un travail remarquable et fiable d’accompagnement critique de l’œuvre du poète algérien Jean Sénac. Il a consacré à son dépouillement ainsi que sa mise à la disposition du public plus d’une quarantaine d’années de sa carrière d’universitaire-chercheur.

 

Aujourd’hui, malgré l’état où Hamid Nacer-Khodja se trouve du fait de la maladie, il a tenu encore à évoquer avec sérénité à son domicile à Djelfa, devant les lourds rayonnages de sa bibliothèque, l’une des périodes les plus denses et engagées de Sénac, celle de sa contribution méconnue consistant à amplifier avec ses seuls moyens de poète et d’homme de culture le mouvement pour l’indépendance du peuple algérien dans les consciences d’ici et d’ailleurs.

SENAC ET LES PREMIERS PAS DE KHADDA à PARIS
Dès le début de Guerre d’Algérie, en 1955, Sénac a été le premier à parler de Mohamed Khadda en France. Pourquoi ? Parce que, explique Hamid Nacer-Khodja, le hasard avait fait que Maria Menton et Louis Nallard, un couple de peintres typiquement pieds-noirs qui avaient fait leurs études à l’Ecole des beaux-arts d’Alger, que Sénac connaissait bien tous deux, s’étaient installés à Paris dès 1947 et avaient d’abord géré le fameux hôtel du Vieux Colombier, près du quartier mythique de Saint-Germain des Près. Un établissement où se croiseront après la Seconde Guerre mondiale de célèbres musiciens de jazz comme Sidney Bechet, des comédiens tels Robert Hossein, le sculpteur César ou plus tard encore des auteurs Jean Sénac et Kateb Yacine…
Mais une fois abandonné l’hôtel du Vieux Colombier, les Nallard créent une galerie d’art qui va jouer un rôle important dans l’Ecole de Paris et le mouvement artistique français des années 1950 : Le salon des réalités nouvelles. Et c’est là qu’en 1955, pour la première fois, Khadda expose. Le jeune Khadda, à propos de qui Sénac disait : « L’art du signe est là, il est né. ». Déjà la fameuse appellation du signe !…

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Khadda, à droite, à l’exposition du Salon des réalités nouvelles, 1955

Dans une notice du livre Visages d’Algérie, poursuit Hamid Nacer-Khodja, j’écrivais à propos de Khadda et Sénac que le poète et le peintre sympathisèrent, y compris sur le plan politique en militant pour l’indépendance de l’Algérie. Et évaluant déjà hautement son œuvre naissante, Sénac a été un des premiers à publier un des dessins du peintre dans le numéro spécial «Algérie» de la revue «Entretiens » sur les lettres et les arts parue à Rodez en février 1957…

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Aquarelle de Khadda : Composition, Ville ; 1956

 

[Dans un beau livre sur l’œuvre de Mohamed Khadda sous la signature de M.-G. Bernard, je trouve moi-même cette phrase «… En 1955, un de ses amis, écrivain pour enfants, lui présente le propriétaire d’un grand atelier de gravure, dans lequel se côtoient aussi bien des élèves des Beaux-arts que des graveurs renommés qui viennent y faire tirer leurs épreuves.
Parce que la gravure est en rapport avec son métier d’imprimeur, mais aussi par curiosité pour cette technique, il s’initie donc à elle, dans cet atelier. Sa première œuvre en sort en 1956, Couple et olivier, en linoleum, et sa seconde, en 1960, Cosmos, en cuivre taille-douce»]
Mais outre Khadda à cette galerie, Le salon des réalités nouvelles, il y a aussi Benanteur ; ce qui a fait que tout le milieu artistique algérien à Paris, tous plus ou moins nationalistes, Ismaïl Aït Djaffar, Kateb Yacine, Malek Haddad, Tidafi, venaient fréquenter la galerie du couple Nallard. C’est d’ailleurs à l’une de ces occasions que Sénac a rédigé un poème et un manifeste avec l’acceptation du groupe des jeunes Algériens, tous d’accord pour soutenir le premier Congrès des écrivains et artistes noirs qui a lieu en septembre 1956 à la Sorbonne et où intervint Frantz Fanon.
A la fin de son poème, Sénac écrit : «Frères noirs, les écrivains algériens s’ils osent élever la voix tandis que leurs frères tombent c’est pour vous transmettre le relais de leur espérance, cette flûte de nos montagnes où la liberté s’engouffre, s’unit au souffle de l’homme et chante !»

ELEMENTS D’UNE POéSIE DE LA RéSISTANCE ALGERIENNE
Malgré les risques de censure qui pesaient sur lui, Sénac écrit dans son livre Le Soleil sous les armes. Eléments d’une poésie de la résistance algérienne, publié aux éditions Subervie en 1957 : « La vie artistique en Algérie a été à tel point humiliée, saccagée et livrée aux médiocres, avec la complicité précise et vigilante de l’Administration, que les véritables créateurs ont du ‘‘fuir’’ et s’exiler, à Paris par exemple, pour trouver les moyens moraux de s’exprimer et une audience attentive à leur travail. » (page 17)…
Comme je le note dans mon livre Jean Sénac critique algérien (que j’ai publié en 2013 chez l’éditrice Kalima) : Le soleil sous les armes est à l’origine une conférence de presse donnée par Sénac le 13 mars 1956 à Paris à la salle de géographie, à l’initiative de l’Union des étudiants de la Nouvelle Gauche. Il donnera encore la même conférence aux étudiants algériens de l’UGEMA dont Ahmed Taleb Ibrahimi est un des dirigeants avec Layachi Yaker…

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Dans le livre lui-même, tiré à 1 000 exemplaires, on peut lire dans la prière d’insérer signée de Claude Roy: « … On y trouvera, avec un grand nombre de poèmes populaires, Jean Amrouche et Kateb Yacine ; on y découvrira un aspect peu connu de Mohammed Dib et Mouloud Mammeri ; on y voit se révéler des poètes comme Mostefa Lacheraf, Ait Djafer, Henri Kréa, Nourredine Tidafi, Boualem Taibi, et quelques anonymes dont les poèmes viennent de très loin. Sans oublier Jean Sénac lui-même, qui n’est pas le moindre des chantres d’un peuple digne et déchiré. »…
Des écrits de l’Emir Abdelkader également ainsi que des poésies orales kabyles et arabes traduites en français.
C’est donc un grand rassemblement de textes plus ou moins inédits et inconnus d’auteurs algériens, une sorte d’anthologie ?…
Oui, à la fois un essai, une anthologie et un manifeste de la poésie de résistance algérienne de 1830 à 1957 et qui va servir fortement la cause algérienne auprès de l’opinion publique française et internationale. Il ne cite pas moins dans ce livre des poètes français qui ont condamné le colonialisme ou la guerre d’Algérie depuis Arthur Rimbaud jusqu’à Jean Grosjean et Louis Amade…
Il faut signaler que des personnalités de premier plan se verront adresser ce petit livre de 56 pages directement par l’éditeur ou l’auteur : Alain Robbe-Grillet (tenu pour l’un des initiateurs du Nouveau Roman), Louis Aragon, Kateb Yacine, Assia Djebar, François Mauriac (éditorialiste à l’Express), Francis Ponge (qui va recevoir le Prix international de poésie en 1959), Gaston Gallimard éditeur, Camus, Mouloud Feraoun, André Mandouze, Monseigneur Duval, Max Pol-Fouchet (créateur de la revue Fontaine, à Alger, durant la Seconde Guerre mondiale), Jean Paul Sartre, etc. Le soleil sous les armes sera très souvent cité ou même plagié pour nombre de ses pièces poétiques, mais sans qu’on cite l’auteur de ce travail fondamental, Jean Sénac…
Si durant la période de la guerre d’Algérie, Sénac n’a pas écrit beaucoup de critiques d’art, il va tisser des relations très étroites avec des artistes comme les comédiens Laurent Terzieff et Silvia Monfort, par exemple, avec lesquels il devait monter sa propre pièce Le soleil interdit, toujours inédite, une tragédie qui traite de l’amour impossible entre Jérôme (qui n’est autre que Sénac lui-même…) et Malika, une jeune fille de la Casbah à la veille de novembre 1954…
Début juin 1958, Sénac est à Bruxelles pour la première de la pièce Le cadavre encerclé de Kateb Yacine, qui avait été interdite à Paris. Il accompagne le couple des Moati qui jouent les rôles principaux dans cette pièce… Il est en relation avec le poète espagnol Blas de Otéro, qu’il rencontre à Paris, à la Sorbonne à l’occasion d’une commémoration faite au poète Antonio Machado. Il devient l’ami de Blas de Otéro dont il publie des poèmes qu’il a lui-même traduits dans la revue Esprit. Il rencontre à nouveau Blas de Otéro en Espagne en 1959…

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Sénac en compagnie de Blas de Otéro et sa femme Clara à Barcelone

En 1959, c’est également la rencontre avec l’écrivain américain Henri Miller à Chatillon, dans la Drôme, où Sénac avait un logement. Le romancier de Tropique du cancer avait publié à cette époque : Jours tranquilles à Clichy en 1956 et Le Carnet rouge en 1959…
Il est, par ailleurs, en relation avec le jeune éditeur italien Feltrinelli qui a publié Le Docteur Jivago de Boris Pasternak et des auteurs du Tiers monde. Sénac le contacte pour un projet sur la poésie algérienne traduite en italien. Malgré le fait que Sénac fasse le voyage en Italie en stop, le projet n’aboutira pas…
Par-delà les continents, il est en rapport avec le poète américain Alain Guinzberg, le pape de la Beat Generation, et le libraire-éditeur de ces poètes à San Fransisco : Lawrence Ferlinguetti… Il n’en écrit pas moins sur un peintre américain d’origine italienne, Marck Borgatta, mort jeune, sur un Irakien et sur Jean Dubuffet avec lequel il était en très bons termes ; Dubuffet qui adorait Sénac et avec qui il avait correspondu depuis Alger dès la fin des années 1940.

SENAC / BENANTEUR, LE PREMIER LIVRE D’ART
Incroyable croisement des choses de la vie ! Parce que c’est Dubuffet justement qui avait un jour mis son appartement parisien, plein de ses toiles, à la disposition d’un petit groupe –était-ce une délégation plus ou moins clandestine ?- du PPA/MTLD dont faisait partie Mostefa Lacheraf et Djelfaoui Mansour…
Une bonne information… Mais en écrivant sur Abdellah Benanteur, Sénac écrit déjà sur ce que sera le futur art algérien. C’était à propos d’une exposition de Benanteur à Tunis, Sénac écrit un article qui paraît … je ne sais plus si c’est dans Afrique Action ou dans Le temps… Parce qu’au vu de ses positions pro-algériennes, il n’avait plus accès aux journaux officiels français. Il était à cette époque plus ou moins maudit et carrément chassé, y compris des journaux de gauche qui ont peut-être le cœur à gauche, mais le portefeuille à droite… Il écrit alors un papier sur Bananteur, précisant et soulignant que le futur art algérien doit être au service du peuple, ne doit pas être un art bourgeois réservé à une élite ; qu’il doit s’inspirer déjà des motifs arabes et berbères ancestraux pour qu’il soit plus authentique… Le fameux retour aux sources qui était déjà très à la mode…

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Et c’est là que Sénac réalise son fameux livre d’art Poésie, qui date de mars 1959 et non pas d’avril 1962 comme il sera mentionné dans le journal algérien Le Peuple en date du 15 décembre 1962 qui fait le compte rendu du dépôt d’un exemplaire de ce beau livre à la Bibliothèque nationale d’Alger en présence d’Abderrahmane Benhamida, ministre de l’Education nationale et de la Culture (ami de Sénac, ils s’étaient connus du temps de l’Ugema à Paris). A propos de l’Algérie de 1962 presque totalement dans le chaos, il faut se rappeler que la rentrée scolaire n’avait pu se faire que fin novembre et la rentrée universitaire fin décembre…
Pour en revenir au livre, c’était en fait Paul Gilon, un dessinateur communiste ayant dessiné Fils de Chine, une BD qui chantait les louanges de Mao et de la révolution chinoise naissante, qui réalisa en imprimerie ce premier livre d’art. Un livre aujourd’hui introuvable, et même si on le trouve, qui doit coûter une fortune…
Et c’est là que commence l’aventure de Benanteur avec le livre, parce que, comme Khadda, Benanteur est un ouvrier typographe en même temps que peintre. C’est à partir de ce livre avec Sénac que Benanteur va avoir l’idée de développer des livres uniques, à partir de lettres manuscrites et de deux ou trois œuvres originales. Ce qui deviendra sa spécialité après l’Indépendance. Installé en France, il réalisera même deux ou trois livres en un seul et unique exemplaire après la mort de Sénac, en 1973, avec les lettres originales que lui envoyait le poète de son vivant…

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A propos de Poésie, Abdellah Benanteur témoigne d’ailleurs sept ans après la réalisation de cet ouvrage d’art, dans un entretien à une revue parisienne en 1966 : «Pendant la guerre d’Algérie, nous nous demandions avec Jean Sénac ce que nous pourrions bien faire pour servir notre pays. Sénac avait ses poèmes, j’avais envie de les illustrer. L’édition d’art m’avait toujours intéressé, mais j’étais rebuté par les problèmes financiers. Alors nous nous sommes dit : avec le peu de moyens, ceux dont nous disposons, nous allons donner à l’Algérie une édition digne d’elle. Les gens de métier criaient à la folie. Et pourtant, nous y sommes arrivés. Une année de travail pour ce premier livre, 5 000 anciens francs pour acheter 50 feuilles de papier, et aujourd’hui ces éditeurs d’art qui nous mettaient en garde m’envient.»

MATINALE DE MON PEUPLE

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Matinale de mon peuple, explique Hamid Nacer-Khodja, regroupe près d’une décennie de poèmes déjà publiés en France dans des revues et dans la presse auxquels s’ajoutent des inédits. La fin de l’ouvrage est composée de poèmes en prose et d’aphorismes sur la culture et l’engagement intitulé «Min Djibalina» («J’ai vu trop d’enfants crever de faim dans le soleil et rire. Le soleil, oui, mais qu’il ne soit pas l’alibi ou le masque, complice muet de la mort. Une littérature du soleil, non plus exotique, mais d’une impitoyable franchise.»).
Le livre paraît en novembre 1961, c’est-à-dire à l’époque des négociations d’Evian. C’est la période de la décolonisation et de l’émergence du Tiers-Monde. A ce titre, deux poèmes sont dédiés à l’Afrique, « Angola » à Mario de Andrade, l’autre « Demain Lumumba ». Le dernier : « Pour saluer Cuba »….

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Comme indiqué sur la couverture, la préface du recueil est de la plume de Mostefa Lacheraf qui l’avait écrite en prison en mai 1961. Lacheraf n’est libéré qu’en juin et le livre édité en novembre…
Mais alors, comment Sénac a-t-il pu être en contact avec Lacheraf emprisonné pour lui demander une préface ? Je demande à celui qui consacra des décennies à enseigner la littérature à l’Université de Djelfa.
Le fait est que Sénac était en contact avec les prisonniers de Fresnes par l’intermédiaire de l’avocate Michèle Beauvillard, qui s’était engagée auprès de la cause algérienne dès 1954 après sa rencontre avec Ali Boumendjel… Aït Ahmed, Ben Bella, Khider et Lacheraf l’avaient désignée comme leur avocate…
Dans ce recueil justement, un émouvant poème dédié à Mohamed Larbi Ben M’hidi et Ali Boumendjel :
« Pieds et poings liés, Ils se sont pendus ? Ils se sont jeté des hautes terrasses ? Feu sur vos mensonges ! […]
De vos cordes de mort nous tressons nos fouets Le dernier souffle des héros Alimente nos forges »
Et toute la presse française de saluer ce dernier recueil, alors que Sénac avait été boycotté par cette même presse notamment pour 

Le Soleil sous les armes…
Pour conclure, Hamid Nacer-Khodja note que d’après les témoignages mêmes du poète Djamel Amrani, le livre de Sénac fut largement diffusé avant la fin de la guerre dans les camps du FLN d’Oujda au Maroc. Il soulignait que beaucoup de djounoud connaissaient par cœur certains des poèmes de Matinale de mon peuple et les récitaient fièrement… C’est la tout un symbole de la force des liens entre l’art et le mouvement de libération, mais tout autant entre un poète, un animateur culturel hors norme, et le patrimoine de son peuple. 

Publié dans Grand angle

Par Franck IOVENE de l’AFP
Elle est sans doute l’une des œuvres musicales les plus jouées au monde et aussi l’une des plus singulières. Le Boléro de Maurice Ravel est tombé dimanche dans le domaine public, 88 ans après sa première interprétation à l’Opéra de Paris. «On a coutume de dire qu’une exécution du Boléro commence toutes les dix minutes dans le monde. Puisque l’œuvre dure 17 minutes, elle est donc jouée à tout moment quelque part», explique à l’AFP Laurent Petitgirard, compositeur et président de la Société française des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique (Sacem). «Et on peut penser qu’on va l’entendre encore plus à présent, dans des publicités ou dans des films», ajoute-t-il. Composée en 1928 et créée le 22 novembre de la même année à l’Opéra Garnier à Paris l’œuvre symphonique est, à l’origine, une musique de ballet commandée par la danseuse russe Ida Rubinstein, amie et mécène de Ravel. Aussitôt salué par la critique, le Boléro connaîtra rapidement un succès planétaire même si sa mélodie uniforme et son rythme répétitif en crescendo ont dérouté plus d’un mélomane. Ses détracteurs le disent lancinant, voire agaçant. L’histoire dit qu’à une de ses premières représentations, une vieille dame cria «au fou» et que Ravel hochant la tête, dit à son frère : «En voilà une qui, au moins, a compris». Le Boléro fut édité pour la première fois en 1929 par les éditions Durand et sa première interprétation en concert (sans chorégraphie associée) eut lieu salle Gaveau, à Paris, le 11 janvier 1930. «C’est une écriture simple et directe sans la moindre tentative de virtuosité», disait de son œuvre le compositeur français, mort en 1937. «C’est une pièce expérimentale, une mécanique de précision et une démonstration de génie», résume Laurent Petitgirard, qui a dirigé le Boléro comme chef d’orchestre.
Imbroglio juridique
Ancien condisciple de Ravel, le compositeur français Florent Schmitt critiqua, lui, à plusieurs reprises le Boléro «erreur unique dans la carrière de l’artiste le moins sujet à l’erreur». En près de 90 ans d’existence, l’œuvre a été jouée par les plus prestigieux orchestres du monde, sous la baguette des plus grands chefs (Arturo Toscanini, Seiji Ozawa, Claudio Abbado, Pierre Boulez...). Elle a aussi inspiré une multitude de chorégraphies, la plus connue étant sans doute celle créée par Maurice Béjart, en 1961, pour le Ballet du XXe siècle. Pourquoi le Boléro tombe-t-il aujourd’hui dans le domaine public? Les droits d’une œuvre en France tombent 70 ans après la mort de l’auteur. Mais la loi prévoit des prorogations qui visent à compenser le manque à gagner des artistes français durant les deux guerres mondiales. Ainsi le Boléro de Ravel était protégé pour une durée de 70 ans à compter de 1938 (année qui suit la mort de Ravel) à laquelle ont été ajoutées huit années, ce qui portait la protection jusqu’au 1er mai 2016. Œuvre de tous les records, le Boléro est resté jusqu’en 1994 à la première place du classement mondial des droits d’auteurs. Elle était encore en 103e position en 2015. De quoi susciter quelques convoitises d’autant que Maurice Ravel, qui était célibataire, est mort à 62 ans sans descendance. Après le décès en 1960 de son frère Edouard, son seul héritier, s’ouvrit une période de procès à répétition visant à faire main basse sur le pactole que représentaient les droits d’auteurs générés par les oeuvres de Ravel. Un rocambolesque imbroglio juridique où se mêleront, au fil des années, la masseuse d’Edouard Ravel, Jeanne Taverne, son mari chauffeur et factotum, Alexandre, des petits-neveux du compositeur ou encore un directeur juridique de la Sacem. Il faut dire que l’affaire est plutôt juteuse, la totalité des royalties versées depuis 1960 aux ayants droit et autres éditeurs étant estimée entre 400 et 500 millions d’euros, dont une cinquantaine de millions pour le seul Boléro, selon diverses estimations.
Des droits qui ne sont plus versés depuis dimanche, date à laquelle le Boléro appartient dorénavant à tous.

Publié dans Culture

Comme annoncé, la célébration de la fête des travailleurs a été dédiée en Algérie au peuple sahraoui. Pour la wilaya de Blida, qui a abrité l’évènement au niveau régional, des milliers de travailleurs et des membres du mouvement associatif ont assisté à la salle omnisports du complexe Mustapha-Tchaker aux côtés des autorités de la wilaya et du président de l’Assemblée nationale sahraouie. C’est dans une salle qui s’est avérée exigüe pour contenir la nombreuse foule venue des différentes localités de la wilaya que le rassemblement populaire a eu lieu, alors que des milliers n’ont pu pénétrer. Le premier intervenant à prendre la parole a été le représentant de l’Association des amis de Blida qui tout en soulignant la fraternité qui uni les deux peuples algérien et sahraoui, ne manqua pas de rappeler la solidarité du peuple algérien avec les peuples en lutte pour leur indépendance. «De cette salle qui porte le nom d’un martyr de la révolution algérienne, nous transmettons notre soutien indéfectible au peuple sahraoui», dira-t-il. Lui succédant, le secrétaire de l’union de wilaya UGTA souligna longuement les péripéties que le peuple sahraoui a connues au cours des quarante dernières années, avant de dénoncer l’attitude de certains pays et organisations qui continuent d’ignorer un peuple qui lutte pour son indépendance. De son côté, le président de l’Assemblée nationale sahraouie, le dernier à prendre la parole, n’a pas manqué de remercier les autorités algériennes pour cette initiative de laquelle les Sahraouis sortent encore plus forts. Lors de cette intervention, le responsable sahraoui rappela les acquis réalisés par le peuple algérien, notamment durant sa lutte et qui constitue un modèle de militantisme.

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Lors des sessions criminelles, la plupart des tribunaux criminels ont laissé apparaître ces dernières années que des mineurs sont de plus en plus nombreux à être impliqués dans les affaires de criminalité. Au vu de cette situation, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) a organisé des rencontres régionales pour tenter de cerner le problème.

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Le 1er mai est un jour de fête dans le monde du travail, qui commémore le combat des ouvriers pour obtenir la journée de travail de 8 heures, au lieu de 10 heures et plus auparavant. En Algérie, cette fête fut le témoin de combats menés par les nationalistes. La fête des travailleurs, que le monde entier célèbre, est une fête internationale annuelle. Elle est l’occasion d’importantes manifestations du mouvement ouvrier. Instaurée à l’origine comme journée annuelle de grève pour la réduction du temps de travail, elle est célébrée dans de nombreux pays du monde le premier mai. Cette journée porte les revendications sociales du travail. En Algérie, elle est considérée comme jour férié légal. Elle est en général associée à diverses festivités populaires. Comme chaque année, Algérie Télécom sponsorise une marche des facteurs. A Guelma, en cette journée du 1er mai 2016, Algérie Télécom a participé à sa traditionnelle marche des facteurs, organisée par Algérie Poste Guelma. Cette manifestation a vu la participation des autorités locales et des principaux responsables du secteur. Les festivités se sont déroulées à la poste centrale. Le départ de la marche des facteurs a été donné à 7h30 devant la grande poste située au centre-ville de Guelma, en passant par le palais de la culture Abdelmadjid-Chafii, sur les hauteurs de la ville, puis le boulevard Souidani-Boudjemaâ, ensuite l’arrivée au point de départ. Cette manifestation a vu la participation d’une cinquantaine de facteurs et s’est déroulée dans une ambiance conviviale, et les marcheurs ont montré une grande volonté.
Parallèlement à ces festivités, le comité des œuvres sociales des travailleurs de l’éducation de la wilaya de Guelma a organisé une réception au siège de l’union de wilaya des travailleurs algériens à 10h. La fête des travailleurs rappelle l’importante contribution sociale des mouvements ouvriers. Ils sont montés au front pour obtenir de meilleures conditions de travail et des salaires plus élevés. Le 1er mai est donc un moment où l’on prend le temps de s’arrêter pour constater et apprécier les innombrables victoires sociales depuis l’ère industrielle. En continuant toujours la lutte… A signaler que le 20 juin 1889, le congrès de la IIème Internationale socialiste, réuni à Paris pour le centenaire de la Révolution française, décide de faire du 1er mai un jour de lutte à travers le monde. L’année suivante, cette journée est pour la première fois célébrée en France et dans plusieurs pays. Mais ils auront tout de même attendu 1919, soit 30 ans plus tard, avant que leurs revendications soient entendues. Le Sénat français ratifie alors la journée de huit heures et fait du 1er mai de cette année-là une journée chômée. En Algérie, il y a 70 ans, une semaine avant le massacre de milliers d’Algériens désarmés dans l’Est algérien, la France coloniale s’illustrait violemment contre des manifestants algériens célébrant, emblème national en tête, la fête des travailleurs. 

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