Pokemon Go app download for android. Get Prisma app for android and edit pics. prisam apk.
jeudi, 12 janvier 2017 06:00

Un rapport de l’Inspection générale des finances accable Berraf et le Comité olympique algérien : Surfacturation et échecs cuisants

Écrit par  Mohamed Touileb
Évaluer cet élément
(1 Vote)

Le Comité olympique Algérien (COA) n’est décidément pas champion de la gestion. On pourrait même lui décerner la médaille d’or de la gabegie et des dépenses démesurées, voire illégales par certains moments.

De l’argent utilisé à des fins personnelles, des contrats douteux et caractérisés par les irrégularités, Reporters a vu un rapport des plus accablants, établi par l’Inspection générale des finances (IGF), atterrir sur son bureau. Un compte rendu qui concerne la période entre 2002 et 2008. Une lecture qui laisse ébaubi avec des révélations déroutantes.

A en oublier que l’argent à une traçabilité. L’impunité peut faire sauter les hais de la loi et de la législation. Pour combien de temps ? Jusqu’à ce que l’acide sulfurique des comptes rendus monte comme le lactique envahit les jambes au bout d’une course poursuite.
On entend souvent dire que les bilans, moral et financier, sont approuvés à l’unanimité par l’assemblée. Encore faudrait-il lire les rapports? Là où l’on s’empresse à plébisciter pour avoir la bénédiction de boire, plus qu’à sa soif, dans le même abreuvoir aussi longtemps que possible, c’est tout le monde qui est complice. La première affaire concerne le Centre d’hébergement de Tikjda. Plus précisément, le bâtiment « E » du Centre national des loisirs et des Sports (CNLST) qui a été mis à la disposition du COA comme le stipulait la convention signée le 17 avril 2004. En échange, l’instance, gérée par Mustapha Berraf à l’époque, devait prendre en charge des travaux de réfection et d’équipement pour ladite bâtisse. Cependant, il y a eu des travaux d’aménagement non-prévus dans les clauses de l’accord telles les structures de restauration (cuisine, cafétéria…).

Ce qui était formellement proscrit selon l’article 3 interdisant « toute intervention susceptible d’altérer son aspect architectural ».
En outre, si le règlement des dépenses était de la tâche du premier homme de l’instance olympique, ce dernier, en raison de la nécessité de service et par décision № 1081 du 13-12-04, a chargé le Président de la Ligue d’athlétisme de Bouira pour veiller sur le bon déroulement des travaux.


Les sept chèques
Jusqu’ici, tout est presque normal excepté la « déformation » qu’a subie l’endroit et ces prestations fournies en plus ne trouvant pas leur raison d’être puisque l’article 6 indique que « la CNSLT octroie des avantages en matière de restauration, loisirs et sports à des prix étudies.» Ce non-respect des clauses de l’engagement a poussé le Chef du gouvernement, Abdelaziz Belkhadem, à ordonner, dans la correspondance №111/SP/DC/CG du 25 janvier 2007, à ce que le complexe d’Assouil ainsi que le parcours de santé et de loisir soient transférés au profit du ministère de la Jeunesse et des Sports (MJS). L’accord entre le COA et le MJS a été paraphé le 10 mars 2008. Tout n’était pas réglé parce que le « lifting » du COA cachait une addition qui a profité au président de la Ligue d’athlétisme estimée à 627.140 DA. Les contorsions commencent toujours quand il s’agit de régler les factures. C’est connu. Sept chèques, devant être aux noms des prestataires de services, ont été encaissés par le responsable de l’athlétisme à Bouira entre le 15 janvier 2007 et le 29 janvier 2008. L’opération s’est passée en l’absence des délibérations du comité exécutif relatives à l’approbation des conventions liant le président du COA aux entreprises qui ont réalisé les travaux. D’habitude, cette commission intervient après chaque opération d’achat et d’acquisition pour entériner les décisions prises par le boss du Comité olympique. Un silence complice ?


Blanchiment de billets verts
Une autre affaire, dans la même période (2004). A quelques centaines de milliers de dollars cette fois. Celle de la piste d’athlétisme de Tikjda. Une procédure réglementaire régissant le code du marché contournée, pas d’appel d’offre et un marché de gré à gré conclu en devise (USD) entre le Comité Olympique Algérien et l’entreprise IRS Derrich- Boumerdes pourtant basée ici en Algérie (première anomalie).
Le tout, sans numéro, ni date de signature (2e anomalie). Montant du contrat : 300 000 dollars en échange de la réalisation de travaux de revêtements synthétique de la piste d’athlétisme de 8 couloirs du Centre Olympique de Djurdjura. Dans la phase procédurale, d’autres irrégularités ont été constatées. Les plus aberrantes sont la non-présence du cahier des charges, l’absence du permis de construire et d’aménagement, l’inexistence du contrat de la maîtrise d’ouvrage outre la clause contractuelle spécifiant la domiciliation du cocontractant.
Ce dernier détail n’était, manifestement, pas anodin puisque des transferts illégaux ont été réalisés. Dans un premier temps, suite au PV de chantier du 05 octobre 2004, attestant de l’avancement des travaux établi entre l’entreprise réalisatrice et le bureau d’étude Bensegueni Riad, un montant de 150 000 USD a été virée, une semaine plus tard, au compte devise d’EURL IRS Derriche ouvert au niveau de l’Agence Badr de Bordj Menail.


La rupture de la magouille
Ce type de transaction n’arrangeait pas Berraf qui a décidé, selon le PV №11 du 21 novembre 2004, de rompre le contrat avec l’entreprise algérienne pour des raisons de « facilité de paiement et respect de procédures bancaires particulières » affirmant que le même acte sera reconduit, dans les mêmes conditions, mais avec une autre entreprise Degussa-Division Conica Technik (Suisse) qui n’est autre que le partenaire d’EURL Derriche (???).
Une démarche pour le moins ambiguë et loin d’être anodine car éludant un blanchiment avéré survenu le lendemain avec un transfert illégal à hauteur de 250 000 USD pour le nouveau partenaire.
On venait tout simplement de dépasser, pour plus de 100 000 dollars, les 300 000 DA prévus initialement pour la piste d’athlétisme.
Une différence conséquente sachant que le bail stipulait, dans son article 16, que « la fourniture des produits nécessaires au revêtement de la piste d’athlétisme du centre olympique de Djurdjura sera livrés à titre gratuit à la Fédération algérienne d’athlétisme (FAA), par le partenaire de l’entreprise EURL-IRS Derriche, la firme Conika Technik Suisse ».
Apparemment, certains aiment manger la grenouille. Surtout que l’enveloppe globale dont disposait le COA s’élève à environ 470 000 USD entre les 50 000 USD accordés comme subvention par le Comité Olympique International (CIO), les 20.000.000 DA donnés par le MJD dans un premier temps avant un complément de 16 000 000 DA outre les 6 000 000 DA alloués par la SONATRACH. Un joli pactole.


Quid du rapport de l’IGF ?
L’Inspection générale des finances (IGF) a donc relevé d’innombrables infractions dans son rapport dont Reporters détient une copie. Suite à cette mission de contrôle, la structure affiliée aux ministère des Finances a adressé un procès-verbal d’infraction au contrôle des changes à l’encontre de celui qui dirige toujours le Comité olympique algérien : Mustapha Berraf en l’occurrence puisqu’il était l’ordonnateur de l’instance à l’époque.
Ce PV a été établi « compte tenu des faits constatés, qui constituent une infraction au regard des dispositions contenues dans l’article 07 de l’ordonnance № 96- 22 du 09 juillet 1996, relative à la répression de l’infraction à la législation et la réglementation des changes et des mouvements de capitaux et vers l’étranger, modifiée et complétée.» La contravention a, pourtant, été transmise, en 2011, « au procureur de la République territorialement compétent, en l’occurrence celui de Bir Mourad Raïs, au ministère des Finances et au gouverneur de la Banque d’Algérie » assurent les enquêteurs. En cinq ans, rien n’a été fait et personne n’a été auditionné pour donner des comptes sur un denier public gaspillé et utilisé de manière illicite. Par ailleurs, la piste en question s’est depuis « dégradée » tout autant que « le terrain qui a été transformé en pâturage » comme l’indique le constat physique des lieux réalisé par l’IFG. Le mur de soutènement s’est lui aussi « affaissé ».
L’incarnation parfaite d’un mouvement sport mal géré à cause des personnes qui ne pensent qu’à leurs propres intérêts. L’envers du décor effrité contraste avec la transparence et la sérénité de façade pour certains au visage bétonné. Si seulement, on obtenait des résultats. In fine, signalons que d’autres détails tout aussi accablants seront révélés dans les numéros à venir. 

Laissez un commentaire