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lundi, 15 mai 2017 22:22

Marché pharmaceutique africain : Des ambitions et beaucoup de disparités réglementaires

Écrit par Fazil Asmar
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La mise en place d’une stratégie commune pour développer le marché pharmaceutique en Afrique ne sera pas chose aisée en dépit de l’ambition affichée.

C’est en tout cas ce que constatent les experts présents hier au 18e forum pharmaceutique international à Alger. Ils en veulent pour preuves, la disparité existante entre les pays non seulement en matière de réglementation, mais également sur le plan du taux d’enregistrement des médicaments importés qui ne faciliteront pas la mise en place de cette stratégie commune ainsi que de la création d’une agence africaine des médicaments. «Il faut savoir que dans certains pays, il y a un grand retard dans le taux d’enregistrement. Pour exemple, cela prend 24 mois dans les pays du Maghreb contre 4 mois en Côte d’Ivoire. Autre disparité, dans certains pays, des systèmes de molécules sont mis en place, tandis que dans d’autres, c’est au cas par cas», explique le Dr Mehdi, expert international dans le médicament. Il ajoutera que cette disparité dans la réglementation « affecte également les industriels », obligés de travailler parfois dans un climat «flou». Dr Mehdi note, par ailleurs, une grande différence dans les marges bénéficiaires des produits pharmaceutiques fabriqués localement. «Dans certains pays, les prix des médicaments sont doublés sous prétexte que les molécules sont innovantes. Le problème, c’est que les médicaments innovants et ceux qui ne le sont pas sont mis dans le même sac en matière de prix. D’où la nécessité de les différencier afin de rendre le médicament plus accessible», indique-t-il. En termes de force de travail dans le secteur pharmaceutique, Dr Njambong, expert camerounais dans l’industrie pharmaceutique, estime que l’Afrique peut être première dans le monde et même supplanter la Chine. Mais, nuancera-t-il, d’un autre côté, «les maladies sont en croissance, notamment celles cardiovasculaires, et la production locale n’est pas vraiment adaptée. Ce qui posera un problème pour l’Afrique de demain», estime-t-il. Les experts évoquent également un autre écart, et non des moindres, notamment entre les autorités en termes de maturité et de souveraineté, sans compter la complexité des relations bilatérales et multilatérales dans le continent noir, deux facteurs de taille qui ne favorisent pas la création d’une agence africaine de médicaments. «L’harmonisation de la réglementation et des taux d’enregistrement des médicaments est plus que nécessaire si on veut aboutir à une stratégie commune. D’ailleurs, des pays d’Afrique de l’Est et d’Afrique de l’Ouest s’attellent à cette harmonisation et des progrès sont enregistrés. Ce n’est pas le cas toutefois pour les pays du Maghreb qui sont encore dans la phase des consultations, tandis que dans d’autres pays d’Afrique, il n’est même pas encore question de consultations», renchérit Dr Mehdi. Cela dit, la création d’une agence africaine du médicament, si elle aboutit, expliquent ces experts, contribuera à réduire le taux d’enregistrement des médicaments, renforçant donc l’accessibilité de ces produits. Elle engendrera, également, un système de traçabilité qui, d’un côté, soutiendra la lutte contre la contrefaçon et, d’un autre côté, fournira aux industriels un climat d’affaires clair et transparent. Cette agence permettra également d’inciter les industriels à améliorer encore plus la qualité de leurs produits, ce qui engagera des investissements supplémentaires que les industriels ne seront peut-être pas tous prêts à introduire. Dans le registre santé, l’expert de l’université de Washington, le Pr Achoki, signale que les pays africains doivent mobiliser davantage de ressources financières pour le recensement des maladies transmissibles pour une meilleure prise en charge. Ce qui n’est pas encore le cas aujourd’hui. 

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