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mardi, 16 mai 2017 21:47

Matinée de colère et de pagaille dans les aéroports : Le mouvement de grève spontané, déclenché, hier matin, par les personnels de maintenance d’Air Algérie, a paralysé jusqu’en début d’après-midi les aéroports nationaux.

Écrit par Farid Mellal et correspondants
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Ce n’est qu’à partir de l’après-midi qu’à l’aéroport international Houari-Boumediène d’Alger, que les voyageurs ont émis un ouf de soulagement en apprenant que la grève, déclenchée par les mécaniciens de la compagnie nationale, a été arrêtée.

 

L’un des employés, affilié au Syndicat national des techniciens de la maintenance avions (SNTMA) a confirmé la reprise du travail. «Nous avons pu obtenir des engagements de la part des responsables de la compagnie, à savoir la reclassification en seconde position derrière le personnel naviguant technique (PNT : pilote et co-pilote) et non plus en troisième position derrière le personnel naviguant commercial (PNC : stewards et hôtesses) tel en vigueur depuis le début de l’année», explique-t-il. Cependant, et pour autant, le piquet de grève aura laissé des traces sur le moral des voyageurs. Dans l’enceinte de l’aéroport, un nombre considérable de voyageurs était plus particulièrement agglutinés devant les guichets d’Air Algérie pour se faire rembourser leurs billets. De l’autre côté, les autres devaient s’armer de patience. Les tableaux d’affichage étaient on ne peut plus secs : pratiquement tous les vols «retardés », certains carrément «annulés ». Pour Air Algérie, bien entendu. Les autres compagnies internationales assuraient leurs dessertes normalement.
Le va-et-vient dans les halls était incessant et les services de sécurité s’affairaient à réguler le flux des voyageurs qui arrivaient à l’aéroport. Pour certains, ils avouent s’être déplacés de l’intérieur du pays et qu’ils n’ont pas pu s’informer à temps d’un mouvement qui a paralysé les avions sur le tarmac. Vu que seuls les vols d’Air Algérie ont été retardés, les voyageurs à bord des autres compagnies de transport aérien vaquaient normalement devant les guichets d’embarquement. «Nous partons en omra et notre vol est programmé à 13h30», déclare un père de famille. Approché, un retraité nous fait part de son désappointent. «J’ai été surpris en apprenant que mon vol en direction de Paris-Charles de Gaulle a été retardé. Je me rends en France pour des soins médicaux», explique-t-il. «Mon cas n’est peut-être pas si délicat mais mes pensées vont aux personnes âgées et aux enfants : ils ne sont pas mieux lotis», ajoute-t-il. Des voyageurs assis par terre, des bagages qui trainent, c’était le paysage de l’aéroport de Houari-Boumediene, à tout juste midi.
Aux guichets des renseignements, les préposés n’ont pas d’information à communiquer sur le rétablissement des vols. Ils essayent tout de même de rassurer mais sans être vraiment convaincants. Désespérés, les voyageurs se bousculent aux guichets de la compagnie nationale pour faire rembourser leurs billets et pouvoir réserver dans d’autres compagnies.
« Je suis ici depuis 5 heures du matin, mon vol était prévu à 10h. Je ne comprends rien,  j’habite en Kabylie et je ne sais pas quoi faire», dit Baya, une mère de famille qui devait partir pour Paris. Un groupe d’enfants malades venus de la ville d’Oran à destination de Metz (France) pour des soins se sont retrouvés coincés à l’aéroport. «Nous attendons ici depuis des heures. Nous espérons que la grève prendra fin rapidement», souhaite leur accompagnateur.

Désarroi et colère
A Oran, tous les vols domestiques et internationaux de la compagnie en partance de l’aéroport d’Oran  Ahmed-Ben Bella ont été cloués au sol avant que le trafic aérien ne reprenne progressivement dès 11h30. Sur place, les passagers étaient dans le désarroi, surtout que les grévistes ont annoncé que ce débrayage était « ouvert jusqu’à satisfaction des revendications soulevées». Rencontré sur les lieux, un citoyen qui s’apprêtait à rallier la France n’a pas manqué de dire tout le mal qu’il pensait de ce débrayage : « C’est inadmissible, les grévistes auraient dû prévenir la hiérarchie via un préavis de grève sans passer à l’acte et bloquer des centaines de voyageurs, les responsables d’Air Algérie n’auraient alors pas accepté de paralyser le trafic et les choses seraient rentrées dans l’ordre. » Les responsables d’Air Algérie au niveau de l’aéroport d’Oran n’ont pas accepté de nous faire de déclaration, se contentant de dire que c’est à la direction générale, à Alger, de publier un communiqué sur cette grève. Même cas de figure à Annaba où la grève a été suivie. A l’aéroport international Rabah-Bitat, tous les vols domestiques ou internationaux ont été suspendus.
Des centaines de voyageurs qui devaient prendre les vols à destination d’Alger pour Marseille (1 départ) Milan
(1 départ) et 1 autre pour  Oran se sont trouvés bloqués. Une véritable pagaille régnait dans la grande salle d’attente du fait – comme d’habitude - d’absence d’informations officielles qui auraient pu rassurer les passagers.

Les voyageurs
non informés !
Les employés d’Air Algérie appelés à gérer cette situation n’avaient donné aucune information, se contentant de parler de problèmes techniques sans plus. Ce n’est que vers 11h15 que le premier vol a décollé, celui programmé en direction d’Alger qui devait normalement partir à 7h15. Les autres suivront tous avec un décalage de pratiquement quatre heures.
Les guichets d’enregistrement ont très vite été pris d’assaut par les passagers malgré les informations affichées concernant les vols concernés, chacun voulant rejoindre Alger même s’il n’est pas   inscrit sur ledit vol, une anarchie qui aurait pu être évitée si les voyageurs avaient été informés dès le début.
Les mêmes désagréments ont animé la matinée des voyageurs à l’aéroport de Constantine. Plusieurs vols en partance de Constantine ont été retardés. «C’est bien d’informer, faudrait-il que l’information arrive aux personnes concernées», nous dit un passager du vol Constantine-Lyon, qui est resté cloué au sol, du moins jusqu’au début de l’après-midi. Un agent de la compagnie au niveau de l’aéroport Mohamed-Boudiaf se contentera de répéter, lui, avoir «informé tout le monde». «Chaque passager, en prenant son billet, donne son numéro de téléphone, justement, pour être informé en temps réel des aléas, s’il y en a. Mais à Air Algérie, on ne doit pas savoir que l’on peut informer par SMS », ironise-t-il.

L’image de marque de la compagnie à nouveau ternie
Le programme des vols au niveau de l’aéroport Soummam - Abane Ramdane – de Béjaïa a sérieusement été perturbé, hier, à l’instar d’ailleurs des autres régions du pays. En effet, tous les vols intérieurs et extérieurs prévus à Béjaïa n’ont pas eu lieu. Vers 12h00, tous les appareils d’Air Algérie étaient encore cloués au sol. C’est dire que le mot d’ordre de grève a été largement suivi par le personnel du service maintenance de l’aéroport de la capitale des Hammadites. Si cette infrastructure aéroportuaire paraît normale de l’extérieur, la situation qui prévaut à l’intérieur est tout autre. Une véritable pagaille s’est installée à l’annonce du report de tous les vols de la journée, en raison de la grève surprise déclenchée par les techniciens de la maintenance aéronautique. Des femmes, des hommes et des enfants, visiblement désorientés, courent dans tous les sens, à la recherche de plus amples informations au sujet de l’annulation des vols programmés pour la journée. Devant les guichets de l’agence d’Air Algérie, c’est le branle-bas de combat. Les employés de la compagnie aérienne se sont montrés dépassés, voire incapables de contenir la colère qui s’empara subitement de leurs clients, parmi lesquels figurent des malades, des personnes âgées et des enfants en bas âge. Les éléments de la police des frontières (PAF) en faction à l’intérieur de l’aérogare de Béjaïa, ont été à chaque fois contraints d’intervenir pour calmer les esprits. Les voyageurs en partance vers l’étranger, notamment vers Marseille et Paris (France), étaient les plus irrités.
« Si je ne rentre pas d’ici demain à Paris, je risquerai de me voir privée de ma carte de séjour qui va expirer dans 48 heures. Je suis vraiment prise en otage à la dernière minute. Non seulement qu’on a payé très cher le billet d’Air Algérie, mais voilà on est victimes d’un conflit interne qui ne nous concerne nullement. Jusqu’à quand serons-nous des dindons de la farce ? », se lamente avec une voix haute une dame devant la boutique d’Air Algérie.
Il faut dire que beaucoup de voyageurs, dont des émigrés de France, sont restés en stand-by à l’intérieur de l’aérogare de Béjaïa. Un énième conflit qui ternit davantage l’image de marque de la compagnie aérienne nationale.
Par contre, pas de grève à Ghardaïa ! A l’aéroport Moufdi-Zakaria de Noumérat, Mohamed Chouara, directeur d’Air Algérie au niveau de la wilaya, a démenti tout mouvement de grève. «Pour preuve, le vol domestique de 8h15  à destination d’Alger a été traité normalement et a pris son envol à l’horaire  prévu.
Notre personnel de maintenance assure son service le plus normalement du monde», affirme-t-il, non sans reconnaître que « le vol qui devait relier Alger à Illizi avec escale à Ghardaïa à 9h15 a été annulé au départ d’Alger suite à la grève déclenchée au niveau de l’aéroport Houari-Boumediène ». Appelé à donner son avis sur cette grève surprise, M. Chouara est catégorique : «Cette grève ne concerne pas nos aéroports d’El Menéa et de Ghardaïa. Elle a été menée par le personnel de maintenance de l’aéroport Houari-Boumediène d’Alger et ne concerne que son personnel.» Ajoutant : « Notre personnel est mobilisé pour prendre en charge, comme à son habitude, tout aéronef qui transite par nos deux aéroports. »

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