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jeudi, 18 mai 2017 06:00

Raouf Boucekkine, économiste : «L’économie algérienne doit absorber le choc pétrolier»

Écrit par Farid Messaoud
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Débat fort intéressant autour de l’économie nationale organisé, il y a quelques jours à Marseille par « Finances et Conseil Méditerranée ». D’éminents économistes, dont l’Algérien Raouf Boucekkine, économiste et directeur de l’institut d’études avancées IMéRA (Aix Marseille Université), y ont pris part.

Pour Raouf Boucekkine, l’économie algérienne doit absorber le choc pétrolier qui a vu le baril de brut passé de 110 dollars à moins de 50 dollars, de juin à décembre 2014. Une chute pétrolière qui a fait fondre les réserves du pays et fait vaciller les comptes de l’Etat. La moitié des revenus se sont évaporés. Et la situation n’est pas près de s’améliorer. A 60 dollars le baril, dit-il, la baisse des revenus fiscaux pétroliers se trouve de l’ordre de 20 milliards de dollars. Dans son intervention, Boucekkine a pointé six excès de l’économie algérienne avant le choc pétrolier. D’abord des dépenses courantes hors normes d’un Etat providence employeur en premier ressort. Il estime que cette politique est d’une « inefficacité » et d’une « inefficience criantes ».
Elle ne profite « qu’aux plus riches », souligne l’économiste qui précise que les transferts sociaux représentent alors 17% du PIB. Autre chapitre, ces « insoutenables subventions implicites ». Celles non incluses dans le budget comme les subventions énergétiques (gaz, électricité, carburant) qui ont atteint les 1975 milliards de dinars (16 milliards d’euros) en 2012, soit 13% du PIB. Vient ensuite la situation d’un secteur manufacturier en berne. Depuis le début des années 1980, a-t-il rappelé, la part de l’industrie dans le PIB n’a cessé de décliner.
Elle est passée de 20% à moins de 5% en 2011, démontre Raouf Boucekkine. D’où, ajoute-t-il, une sous-industrialisation de quatre points inférieure aux autres pays pétroliers en pourcentage de PIB.
Quatrième excès, la folle envolée des importations qui ont doublé en dix ans. Cela menace, selon lui, la souveraineté de l’Algérie. Evidemment, avec une telle balance des paiements, le pays va perdre toutes ses réserves et va donc devoir emprunter, prévient l’économiste qualifiant ces importations de « destructrices » de l’industrie nationale car elles ont pris la place de la production nationale. Par ailleurs, l’invité de « Finances et Conseil Méditerranée » a relevé que l’Algérie exporterait trois fois moins que la Tunisie, le Maroc et l’Egypte. Cinquième dysfonctionnement, le modèle de croissance « obsolète » qui ne voit que 10% des investissements assurés par le privé alors que les revenus de l’Etat sont taris. Enfin, Raouf Boucekkine se désole de l’instabilité législative en prenant comme exemple les IDE (Investissements directs de l’étranger) qui sont tantôt ouverts, tantôt fermés. Mais tout n’est pas noir. L’expert estime que l’économie algérienne est bien « résiliente », imprimant un taux de croissance de 3,5% en 2016.
« Une belle surprise ! », lance-t-il. Tout n’est pas gagné cependant. La baisse des importations, après le tour de vis opéré par le gouvernement dans le commerce extérieur, a causé, souligne-t-il, une chute brutale des services marchands et les banques, qui croulaient sous les liquidités et se contentaient d’encaisser l’argent de la Sonatrach, doivent désormais faire avec des liquidités en berne de moins de 1 000 milliards de dinars à fin 2016. Raouf Boucekkine recommande une nouvelle gouvernance économique. Il faut, dit-il, fixer des cibles chiffrées à courte terme (trois ans) et/ou à moyen terme à l’horizon 2030. Sans se tromper de cibles ! 

Dernière modification le mercredi, 17 mai 2017 23:27

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