Pokemon Go app download for android. Get Prisma app for android and edit pics. prisam apk.
dimanche, 13 août 2017 06:00

Migrants : Durcissement de ton face à la menace sécuritaire et au flux migratoire

Écrit par Meriem Kaci
Évaluer cet élément
(0 Votes)

Le dossier des migrants est de nouveau propulsé au-devant de la scène nationale après les déclarations du ministre de l’Intérieur à In Salah. Indication à suivre avec attention. Vendredi et jeudi dernier, Noureddine Bedoui a évoqué la question sous l’angle sécuritaire. Si l’on croit la dépêche de l’APS

sur le sujet, il a déclaré que l’Algérie « ne restera pas les bras croisés » et prendra toutes les mesures pour « éradiquer les réseaux criminels qui se livrent au trafic et à l’exploitation des femmes et des enfants sur notre territoire ». « Nous continuerons dans ce sens avec plus de fermeté », a-t-il souligné, selon la même source. Il a affirmé également que la commission gouvernementale en charge du dossier veille à prendre les mesures nécessaires pour protéger les frontières, en coordination avec les pays voisins. Le ministre a fait état d’activité de passeur « au niveau des frontières avec le Niger et le Mali » qui « travaillent fort malheureusement avec des Algériens ». Il répondait aux élus locaux d’In Salah et d’autres wilayas, notamment celles ayant une frontière avec les deux pays voisins qu’il a cités, qui signalent, selon l’APS, une « augmentation» des flux de migrants subsahariens vers l’Algérie. Selon des observateurs, les déclarations du ministre de l’Intérieur annoncent une « évolution » et un « recentrage » en cohérence avec le discours récent du chef de la diplomatie, Abdelkader Messahel, au sujet des migrants. En clair, il s’agit d’un durcissement de position, dont l’intérêt politique est qu’il offre un contraste criant par rapport à ce que M. Bedoui disait lui-même en juin dernier à Tipasa. S’il avait parlé d’opérations de rapatriement de ressortissants nigériens et autres vers leur pays, il avait également indiqué la préparation d’un « fichier national» pour recenser le nombre de migrants africains. Il avait évoqué aussi la «possibilité d’emploi» des migrants dans des chantiers de construction, entre autres, considérant que l’Algérie a un besoin de main-d’œuvre dans certains domaines.
Deux mois après, ce discours, s’il n’est pas totalement remis en cause, se retrouve en arrière-plan et remis en cause auparavant par le chef de cabinet du président de la République Ahmed Ouyahia, le ministre des Affaires étrangères et, plus récemment, la présidente du Croissant-Rouge algérien (CRA).

Saïda Benhabilès, qui n’est pas à une contradiction près, elle aussi, a déclaré que des Subsahariens ont gagné le territoire national en ayant recours à des réseaux spécialisés dans le trafic humain et qui incitent les femmes à la prostitution et les enfants à la mendicité. 

Des propos qualifiés par l’avocat et activiste Mustapha Bouchachi « d’irresponsables » et de «déshonorants, voire « honteux » par Abdelouahab Fersaoui, président de l’association Rassemblement action jeunesse (RAJ).
Dans une déclaration à Reporters, le président de Raj s’est étonné que le gouvernement « adopte un discours aussi hostile vis-à-vis des migrants, notamment les Subsahariens, en optant pour l’exclusion et un rapatriement non planifié ».
Pour lui, il serait plus censé de véhiculer un discours « tolérant » en considérant la migration comme « facteur de développement et de valeur ajoutée pour le pays d’accueil et non un problème ».
Il dénonce des propos qui « n’honorent pas l’Algérie, qui sèment la haine et le racisme », avertit le président de RAJ. Pour lui, il serait judicieux d’œuvrer à donner «une bonne image d’un pays tolérant et non d’un Etat renfermé qui n’accepte pas autrui ».
Dans une autre déclaration à notre rédaction, Maître Bouchachi constate que les migrants ne sont pas poursuivis pour des affaires liées aux crimes, comme le laisse entendre les politiques. « Dans les tribunaux, je remarque que les Subsahariens ne sont pas impliqués dans des affaires de drogue ou de crime mais plutôt pour des affaires de séjour illégal dans le pays», a affirmé l’avocat et défenseur des droits de l’Homme.
Les migrants, a-t-il relevé, posent à l’Algérie un défi moral, d’équité et de justice.
La plupart d’entre eux ont dû fuir « des situations sécuritaires et économiquement délicates. Ils sont donc en situation de détresse » et mettent la capacité de solidarité de l’Algérie à l’épreuve.
L’Algérie est aussi un pays pourvoyeur de migrants et on ne souhaite pas que nos compatriotes à l’étranger soient soumis à des brimades. «Il y a donc une question de justice à régler», a-t-il précisé.
Les responsables devraient «accompagner les migrants qui souffrent et être solidaires avec elles, les accepter et les aider à s’intégrer dans la société algérienne et non pas de les refouler d’une cette manière en les conduisant vers les frontières », a-t-il soutenu.

Dernière modification le samedi, 12 août 2017 22:16

Laissez un commentaire