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dimanche, 13 août 2017 06:00

Une nouvelle stratégie en vue pour booster le développement : Regain d’intérêt pour les régions frontalières

Écrit par Lyes Sakhi et Rafik AIOUAZ
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Les régions frontalières sont à l’honneur ! Lors de sa tournée dans plusieurs wilayas du sud du pays, jeudi et vendredi derniers, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales a annoncé la mise en œuvre d’une « nouvelle stratégie » de développement de ces régions. Noureddine Bedoui a indiqué à la presse, à In Salah puis à Tamanrasset, que cette nouvelle stratégie devrait être appliquée avant la fin de l’année 2017.

 


Le but, a-t-il expliqué, est d’« insuffler une nouvelle dynamique économique et de développement » à cette partie du territoire du pays. « Le gouvernement prépare une nouvelle stratégie de développement des régions frontalières et des wilayas déléguées, qui sera mise en place avant la fin de l’année 2017 », a-t-il précisé. Ce plan devrait concerner tous les domaines de développement local et permettra de rattraper les « défaillances » - le terme est de M. Bedoui - observées et dont l’origine est l’absence de planification rigoureuse et l’irrespect des délais de réalisation des projets par les entreprises.
Pour les observateurs, l’idée même de création de wilayas déléguées dans les régions frontalières, celles du Grand Sud algérien en particulier, un processus qui s’est accéléré en 2015 avec la création de dix wilayas déléguées, constitue un début à cette stratégie. L’affirmation du ministre de l’Intérieur selon laquelle ces wilayas déléguées seront dotées « très prochainement» d’une autonomie de gestion les libérant des wilayas dont elles dépendent actuellement représente également des réponses à des questions posées depuis longtemps : enclavement, éloignement des grands centres administratifs et de décision, dépendance économique d’autres régions, etc. Une réponse à ces interrogations réside dans le nouveau découpage administratif et la création de territoires dotés d’une autonomie de gestion devraient libérer le potentiel dont disposent les régions concernées et le transformer en réalité économique et sociale. Elle doit être surtout accompagnée de nouvelles réponses portant sur la concrétisation sur le terrain des projets ordonnés ou lancés. Une affaire bien difficile à régler, celle-là, quand on entend le ministre de l’Intérieur, vendredi dernier à Tamanrasset, se plaindre de « défaillances » et de « dysfonctionnements » et quand on sait aujourd’hui que la crise économique a rendu la ressource nécessaire au développement moins importante qu’elle ne l’était.
Quoiqu’il en soit, la thématique du développement des zones frontalières n’est pas récente. Elle est posée depuis 1990 et le début de l’instabilité politique et sécuritaire dans le Nord-Mali. Elle est revenue au-devant de la scène pour les mêmes raisons, mais plus aggravées par le terrorisme islamiste et djihadiste, depuis 2012 au moins. L’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal en a fait un des thèmes centraux de ses déplacements dans les wilayas de Tamanrasset et d’Illizi notamment en 2014 où il avait indiqué que les régions de l’extrême Sud du pays bénéficieraient de « nouveaux programmes de développement ». En 2015, après un conseil des ministres restreint tenu en janvier de cette année-là, il a annoncé à cet effet la création de dix nouvelles wilayas déléguées dans le Sud et les Hauts-Plateaux. Deux ans après, le Premier ministre Abdelmalek Tebboune a déclaré au sortir du vote de son Plan d’action par le Sénat que ces wilayas seront «promues » en wilayas munies de toutes les prérogatives, notamment pour les intégrer dans les élections prochaines pour qu’elles puissent installer leurs assemblées respectives. C’est ce que vient de confirmer en  partie le ministre de l’Intérieur, le week-end dernier.

Commissions locales algéro-tunisiennes
Le projet d’un développement accru des régions frontalières ne concerne d’ailleurs pas le Sud uniquement. Il se rapporte depuis quelques années aux autres parties du territoire voisines du Maroc et de la Tunisie tout particulièrement. Il s’est d’ailleurs affirmé comme un thème central au lendemain de la révolution tunisienne. La chute du régime de Ben Ali et l’ébranlement économique qui l’a suivie dans un pays vivant essentiellement du tourisme a aggravé le trafic en tout genre le long de la ligne de séparation entre les deux pays et au-delà. La contrebande, le trafic de carburant auxquels se sont ajoutés l’insécurité domestique et le terrorisme islamiste, côté tunisien et dans la région du Mont Chaambi, a mobilisé leurs deux gouvernements.
Le gouvernement de l’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal a convenu de plusieurs accords avec le gouvernement tunisien pour le développement socioéconomique des localités frontalières dans les domaines de l’habitat, l’agriculture, l’énergie, la santé, etc. En février 2015, à l’occasion d’une commémoration des évènements de Sakiet Sidi Youssef, Alger et Tunis ont annoncé la création de « commissions locales et régionales » pour améliorer l’environnement et la qualité de vie des habitants des deux côtés de la frontière. Ces commissions sont toujours à l’ordre du jour et font l’objet de concertation lors des réunions de la grande commission mixte algéro-tunisienne. Leur travail, lui, n’est pas encore au rythme souhaité et suscite quelques interrogations dans deux pays aux systèmes politiques et administratifs encore fortement centralisés.

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