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lundi, 11 septembre 2017 06:00

entretien : Akli Moussouni, expert agronome : «Ce plan d’action doit être quantifié et évalué»

Écrit par MAHMOUD CHAAL
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Dans cet entretien, Akli Moussouni s’exprime sur le volet agricole du plan d’action du gouvernement. Il préconise d’emblée de changer de stratégie et ne pas l’articuler autour de la politique de « production-exportation ». Il propose également un financement ciblé des activités de la filière. 


Reporters : Vous avez pris connaissance du plan d’action du gouvernement. Quel est votre lecture du chapitre réservé au secteur de l’agriculture ?
Akli Moussouni : En effet, la stratégie du gouvernement s’articule autour de la production en grande quantité de produits agricoles et la mise en place d’un dispositif pour l’exportation, afin de réduire la facture alimentaire et dans un souci de préserver la devise. La stratégie pour le développement du secteur agricole se borne à cette mission. Or, il nous faut une vision globale pour la prise en charge réelle de ce secteur qui peut, en effet, se substituer aux hydrocarbures. L’Exécutif doit mettre en place une législation susceptible d’encadrer le processus. Dans le cas contraire, même si on produit en qualité et en quantité, nous ne pourrons jamais exporter et placer nos produits sur le marché international si aisément car la concurrence est importante. Sur un autre point, le programme du gouvernement inhérent au secteur de l’agriculture est approximatif. Il n’est fixé ni dans le temps ni évalué financièrement. Le plan d’action doit être quantifié et évalué.

En parlant de l’estimation financière de l’action du gouvernement, le pays, selon vous, dispose-t-il de moyens financiers conséquents pour atteindre ses objectifs ?
Les actions que compte réaliser le gouvernement pour asseoir la politique agricole ne sont pas identifiées concrètement. C’est-à-dire, les territoires pouvant accueillir des projets ne sont pas identifiés et les moyens financiers à mobiliser restent également méconnus. S’agissant des financements à tout-va et les aides destinés aux agriculteurs, ils doivent être maîtrisés. Il est plus judicieux d’organiser ces aides. Par exemple, il est plus utile de financer des actions de toiles actives, c’est-à-dire financer tous les maillons de la chaîne de production d’une filière bien ciblée. Ce qui signifie aider les opérateurs qui agissent dans le même réseau de production. En multipliant ces actions, on arrivera à construire une base de production importante pour arriver à une autosuffisance, alimenter le secteur de la transformation agroalimentaire et placer une partie sur des marchés extérieurs.


Le facteur de l’eau n’a pas été en reste dans la feuille de route du gouvernement. Quel commentaire en faites-vous au moment où plusieurs pénuries sont signalées ?
Le problème de la ressource en eau est dramatique en Algérie. On exploite cette ressource d’une manière aléatoire, ce qui nous a amené à la gaspiller.
Ce qui corse le danger sur les nappes souterraines. Ces nappes dans certaines régions se sont rétrécies de 60 mètres. Ce qui est préjudiciables à nos réserves souterraines notamment. L’irrigation doit être orientée vers les cultures qui ne consomment pas beaucoup d’eau à l’image des céréales, des légumes secs et de l’arboriculture. A mon avis, il faut stopper les productions qui consomment énormément d’eau et qui n’ont pas une grande plus-value financière. C’est le cas de la pomme de terre produite dans les régions sahariennes. Lorsque la pomme de terre au Sahara coûte cher et consomme des grandes quantités d’eau, sur le plan économique, elle n’est pas rentable.

Dernière modification le lundi, 11 septembre 2017 01:05

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