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mercredi, 15 novembre 2017 06:00

Hydrocarbures : Peur sur le pétrole algérien Spécial

Écrit par Farid Messaoud
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En dehors des murs de l’entreprise Sonatrach, des experts indépendants considèrent, comme disait Lénine, que « les faits sont têtus » et que Sonatrach est confrontée aux faits. Et, qu’elle doit en prendre acte. Les faits sont les suivants. La production des hydrocarbures est devenue problématique. Et en l’espèce, les chiffres fournis par l’Opep dans son dernier rapport sont sans appel.

Dans son document, publié lundi 13 novembre, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole indique que sa production a diminué de 0,46%, à 32,59 millions de barils par jour en octobre, par rapport au mois précédent. En volume cela représente 151 000 barils par jour en moins. Sans y être invitée, Sonatrach, dont la production s’est contractée, a contribué à cette baisse. L’Opep a précisé dans son rapport que sur la base de « sources secondaires, la production de l’Algérie est passée de 1,050 million de barils par jour en septembre à 1,012 million de barils par jour en octobre, soit 38 400 barils par jour en moins.
Le recul de la production est plus prononcé, selon les données officielles, ainsi que le souligne l’organisation qui fait état d’une baisse de 66 000 barils par jour entre septembre et octobre. Le P-DG de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, n’aura jamais évoqué ces données. Toutefois, il admet du bout des lèvres que la production pose problème. En effet, lors d’un brainstorming, organisé le mois dernier à Alger, avec la participation des cadres de la compagnie et des responsables des filiales, il a reconnu que la situation de l’entreprise « n’est pas très bonne » et que la conjoncture actuelle sur le marché des hydrocarbures rend la tâche encore plus difficile pour Sonatrach, qui « trouve du mal à honorer ses engagements et ses contrats ». Ould Kaddour a fait part de plusieurs problèmes et dysfonctionnements de cette entreprise, relevant, entre autres, l’absence d’une stratégie à long terme, qu’il a considérée comme un « problème fondamental », ainsi que l’absence d’un « système d’information et de communication ».
Il a, par ailleurs, rappelé la baisse drastique des cours de brut, affirmant que la compagnie qu’il dirige ne s’y est pas préparée.
Abdelmoumen Ould Kaddour est en fait confronté à l’héritage du passé.


2018, une année de grands chantiers
Il tente de réparer les pots cassés et de remettre en marche les ressorts de la croissance, une tâche ardue et il le sait. Sous sa direction et celle de ses prédécesseurs, Sonatrach n’a pas réussi à s’éloigner du trou d’air dans l’exploration et dans l’exploitation et à se remettre de la crise qui l’a secouée en 2010. La situation que vit Sonatrach n’est pas seulement liée à la chute des cours du pétrole. Elle est également en rapport avec l’organisation du Groupe, la gestion de sa ressource humaine et la législation dans le secteur pétrolier. Dans l’une de ses récentes déclarations, Ould Kaddour affirmait qu’un changement allait être opéré à Sonatrach pour définir les objectifs à assigner à cette compagnie, en relevant, au passage, un nombre excessif des filiales. Et de relever : « Je ne suis pas sûr que toutes ces filiales ont leur place dans l’organisation de l’entreprise. » Le projet du renouveau qu’il compte mettre en place est très attendu. Sa mise en application est prévue en 2018, une année qui pourrait, peut-être, apporter satisfaction au plan de la production de pétrole et de gaz qui devrait augmenter de 6,5% l’année prochaine, après une baisse de 2,7% en 2017, rapporte l’agence Reuters, citant un document du ministère algérien de l’Energie. Aussi, le gouvernement prévoit-il 33,6 milliards de dollars de revenus de ses exportations d’hydrocarbures en 2018, en hausse par rapport aux 32,3 milliards de dollars de revenus prévus pour cette année. Les revenus des exportations d’hydrocarbures se sont établis à 27,7 milliards en 2016. Mais rien n’est sûr encore, la situation des marchés étant aléatoire et l’Agence internationale de l’énergie (AIE) vient de le souligner. Dans un rapport qu’elle a rendu public, hier, elle a effectivement relevé que « l’équilibre du marché en 2018 ne semble pas aussi solide comme certains l’aimeraient », alors que les cours se sont nettement repris dernièrement. Il n’y a pas de « nouvelle normalité » concernant les cours, juge-t-elle. L’AIE a, par ailleurs, annoncé qu’elle révisait légèrement à la baisse ses prévisions de croissance de la demande de pétrole pour 2017 et 2018 en raison d’une météo plutôt clémente et de la hausse des cours du brut. En chiffres, la progression de la demande a ainsi été revue à la baisse de 0,1 million de barils par jour (mbj) pour les deux années : elle devrait atteindre 1,5 million de barils par jour à 97,7 millions de barils par jour en 2017 puis ralentir à 1,3 million de barils par jour pour atteindre 98,9 millions de barils par jour en 2018, y est-il écrit. Des prix plus élevés et des températures d’hiver relativement douces (dans l’hémisphère Nord) ont contribué à une révision à la baisse de notre prévision de la demande, a expliqué l’Agence. Pour ce qui se rapporte à l’offre, la production des pays de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a reculé de 80 000 barils par jour en octobre, l’Algérie, l’Irak et le Nigéria ayant pompé moins de brut. La production a, en revanche, augmenté de la part des pays en dehors de l’organisation pétrolière.
Les membres de l’Opep et leurs partenaires producteurs de brut sont liés par un accord de réduction pétrolière dans le but de rééquilibrer l’offre et la demande et de faire remonter les prix. L’accord court jusqu’en mars 2018, mais sa prolongation devrait être au menu des discussions lors d’une série de réunions à Vienne le 30 novembre. Au cours d’une conférence sur le pétrole à Abou Dhabi, lundi dernier, le ministre de l’Energie des Emirats arabes unis a salué la probable reconduction de l’accord. 

Dernière modification le mercredi, 15 novembre 2017 00:21

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