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jeudi, 11 janvier 2018 06:00

Du ghetto folkloriste à la reconnaissance institutionnelle

Écrit par Sarah A.
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Longtemps confiné dans le ghetto des rituels festifs et folkloristes, la célébration de Yennayer, coïncidant avec le 1e jour de l’an berbère, a toujours été accompagnée par la revendication de son institutionnalisation.

Et avec l’annonce par les plus hautes autorités du pays de son inscription dans le calendrier des journées nationales chômées et payées, Yennayer entame une nouvelle séquence historique faisant de sa réhabilitation l’un des marqueurs de l’identité nationale et d’une Algérie qui accepte de se regarder dans le miroir de son passé historique et civilisationnel.
Les Algériens recouvrent, enfin, la dimension civilisationnelle nord-africaine de leur pays. Un acquis à mettre à l’actif des associations et des acteurs de la défense de l’identité amazighe. D’abord, un peu d’histoire. Longtemps considérée comme une survivance païenne aux origines mythiques imprécises, la célébration de Yenayer et son ancrage dans l’histoire et la culture nord-africaine ont été largement attestés et documentés par les historiens et les chercheurs. Yennayer est un terme pan-nord-africain désignant le premier mois de l’année calculée selon le comput solaire dit julien. Qu’on l’orthographie yennayer, ennayer, ce terme est attesté aussi bien parmi les divers parlers amazighs qu’en arabe vernaculaire nord-africain, dans les régions du Tell comme dans les zones désertiques sahariennes.
Dans certaines régions, Yennayer vient le 13 janvier et le 12 est "imensi gennayer", la veille de yennayer.
Les gens se réunissent et attendent dans différentes manifestations la venue de la nouvelle année. C'est le 12 que "amghar ouchouqyaye" est chassé par les habitants qui l'accusent de tous les maux de l'année écoulée. Le repas, préparé pour la circonstance, est assez copieux et différent du quotidien. Les rites sont effectués d’une façon symbolique. Ils sont destinés à écarter la famine, augurer l’avenir, consacrer le changement et accueillir chaleureusement les forces invisibles auxquelles croyait le berbère. « La célébration de Yenayer par les berbères coïncide avec un événement historique qui remonte à l’an 950 av. JC, date correspondant à la fondation de la XXII dynastie pharaonique dans le Delta du Nil en Egypte par le roi berbère Chachnaq. », lit-on sur une brochure de la direction de la culture de la wilaya de Tizi-Ouzou qui s’emploie depuis quelque temps à donner un faste particulier à la célébration de la date emblématique de Yennayer. Pour les militants de la cause amazighe, les formes et le contenu imprimés à la célébration de Yennayer par les institutions de l’Etat restent insuffisants. Yennayer ne peut se résumer à l’aspect rituel et symbolique de la préparation et de la dégustation du couscous au poulet, argumentent-ils.
La réhabilitation et la reconnaissance d’un statut pour Yennayer et l’instauration d’un calendrier berbère figuraient dans le plan d’action des fondateurs de l’académie berbère, en 1969. C’est Ammar Negadi qui créa le premier calendrier berbère en 1980. Il lui fallait trouver un évènement marquant dans l’histoire du peuple amazigh, un fait historique incontestable pour en faire le point zéro du calendrier. Son choix s’est porté tout naturellement sur l’an 950 avant Jésus-Christ et qui correspond à la date où le roi berbère Chachnaq 1er (orthographié également Chichnaq, Chichneq, Sheshonq) fut intronisé pharaon d’Egypte et fonda la XXIIe dynastie qui régna sur l'Égypte jusqu’à l’an 715 av. J-C. Depuis, de nombreux associations culturelles et militants ont pris le relais.

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