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samedi, 03 février 2018 06:00

Education nationale/Grève : Le Cnapeste sur la corde raide

Écrit par Farid Mellal
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Le syndicat enseignant, très présent chez les professeurs du secondaire, a été sévèrement critiqué par les autres collectifs syndicaux du secteur après qu’il ait appelé à une grève illimitée. Avec des taux de suivi mitigés, son mouvement en solitaire risque de lui coûter l’épuisement.


Le mouvement des syndicats enseignants connait peut-être une des premières évolutions notables depuis qu’il domine le champ des luttes socioprofessionnelles dans le domaine de l’éducation nationale. En effet, c’est la première fois que ces acteurs ne font pas grève ensemble et n’affichent pas cette unanimité qui a toujours été la leur depuis des années et depuis les grandes manifestions qu’ils ont organisées à partir de 2008.
Jeudi dernier, un grand nombre de ces syndicats ont considéré en effet que le débrayage observé par leurs collègues du Cnapeste est «contreproductif» et ne sert pas les revendications des enseignants et des professionnels de l’éducation. «La grève déclenchée par le Cnapeste est injustifiée et donne une image négative du mouvement syndical», ont déclaré ces syndicats à l’issue d’une rencontre avec la ministre de l’Education nationale Nouria Benghebrit. Cette grève, ont-ils ajouté, «perturbe le travail des commissions nationales à pied d’œuvre dans le secteur de l’éducation, notamment celle du statut particulier et des œuvres sociales et les commissions conjointes avec le ministère de l’Education nationale».
On est donc loin très loin de l’union sacrée qu’affichaient en d’autres temps ces syndicats qui, en dépit de la diversité de leurs courants, n’ont jamais affiché une telle divergence dont l’origine se trouve selon les observateurs dans le caractère radical du mouvement social mené par le Cnapeste - entré en «grève illimitée» depuis le 30 janvier dernier malgré un arrêt de justice la jugeant «illégale» - ainsi que dans le fait que les relations entre ces syndicats et la tutelle se sont beaucoup apaisées par rapport au passé. Le marqueur de cet apaisement, considèrent les mêmes observateurs, a été la signature par ces syndicats de la «charte de l’éthique» en novembre 2015 qui est l’équivalent d’un modus vivendi entre le ministère et les acteurs sociaux.
Et ce sont ces syndicats signataires de la charte, huit au total, l’Unpef, le Satef, la Fnte, l’Unpe (Ugta), le Snapest, le Snapep, le Snccopen et le Snte, qui se sont sévèrement démarqués du Cnapeste face auquel Nouria Benghebrit a déclaré jeudi dernier, après la réunion avec les syndicats de la « charte », que son ministère « fait tout » pour que les problèmes de la profession « soient réglés ». La ministre a annoncé que ses services sont à pied d’œuvre en ce qui concerne le dossier de promotion systématique des nouveaux grades et pour rattraper les carences résultant de l’application de la loi relative à la promotion systématique des enseignants des trois cycles aux nouveaux grades (135.000 postes budgétaires) avec attribution de 45.000 postes annuellement à compter de 2015 jusqu’à 2017 par voie d’inscription aux listes de qualification et à l’examen professionnel.

 

Le CNAPESTE poursuit la grève
C’est ce qu’indique un communiqué de son ministère, un document qui précise qu’il a procédé à la régularisation de la situation de certains fonctionnaires relevant du corps de l’enseignement des cycles primaire et moyen en les promouvant au grade d’enseignant formateur après avis favorable du Premier ministre en vertu de la correspondance N° 375 du 31 août 2017. Il s’agit, explique-t-on, des fonctionnaires de l’enseignement primaire et moyen promus entre 2008 et 2014 et des maîtres d’écoles primaires intégrés au grade d’enseignants d’écoles primaires. En ce qui concerne les postes pédagogiques de promotion aux grades d’enseignant principal et enseignant formateur, «une commission technique a été installée pour examiner et définir les normes pédagogiques ainsi que la révision de la mission confiée à ces deux grades», précise le communiqué.
Sollicité hier, le porte-parole du CnapesteE, Messaoud Boudiba, a estimé qu’«aucun développement n’est signalé» depuis la déclaration de Nouria Benghebrit, jeudi dernier. «La grève se poursuivra normalement et il n’y a rien de nouveau qui puisse nous inciter à cesser notre mouvement», a-t-il déclaré à Reporters.
M. Boudiba a ajouté que «toutes les bonnes intentions de la ministre ne remplacent pas un accord». «Mme Benghebrit avait la latitude dès le dépôt du préavis de grève de prendre en charge sérieusement les revendications de notre syndicat, elle ne l’a pas fait», a-t-il poursuivi, appelant au «plein respect des engagements du ministère de l’Education nationale» et des «conventions signées» avec le Cnapeste.

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