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samedi, 03 février 2018 06:00

Santé Le Syndicat national des sages-femmes en lutte pour son statut

Écrit par Samira Dekkiche
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Le Syndicat national des sages-femmes (SNSF) a eu mercredi dernier au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, une rencontre de travail avec les responsables de ce département.

Il s’est agi d’une séance de concertation entre les deux parties qui a permis à la présidente du syndicat de faire quelques mises au point importantes selon elle sur « qui représente qui » au sein de cette corporation.

 

Seul le SNSF est habilité à parler au nom des sages-femmes, a déclaré sa présidente. Rachida Chetti qui s’est insurgée contre les déclarations récentes du Syndicat national des paramédicaux (SAP) indiquant qu’il faisait siennes les revendications des sages-femmes. Mme Chetti a expliqué hier à Reporters que le SAP a déjà fort à faire en ce qui concerne la prise en charge des problèmes du personnel paramédical et qu’il devrait s’en occuper plus sérieusement, ajoutant que la « législation en vigueur ne permet pas à une sage-femme d’adhérer à un autre syndicat que le SNSF».

 

Le SAP accusé de vouloir élargir sa base
« Toute consœur qui adhérerait au syndicat des paramédicaux sera sanctionnée par la loi », a-t-elle mis en garde en expliquant que la profession de sage-femme est régie par un « statut particulier » contenu dans le décret exécutif « 11-122 » signé par Ahmed Ouyahia en mars 2011. Le fait que le syndicat des paramédicaux cherche à faire adhérer à ses rangs des sages-femmes constitue selon Mme Chetti une « transgression » de la loi, un comportement qu’elle a dénoncé auprès des responsables du ministère de la Santé, a-t-elle souligné pour Reporters. La présidente du SNSF a tenu à ce propos à préciser que les récentes déclarations du ministre du secteur, Mokhtar Hasbellaoui, qui a dit que les sages-femmes appartiennent au corps du paramédical, était une «bévue » de la part d’un responsable qui a sans doute réagi « d’abord en tant que professeur de médecine et non pas en tant que ministre et administrateur » du secteur. Pour elle, cette « bévue » qui devrait être « corrigée » a eu tendance à semer le doute au sein de la corporation et à aiguiser l’appétit du SAP, qui cherche à élargir sa base.
Mercredi dernier, en tout cas, c’est en tant que partenaire social représentatif reconnu que la délégation du SNSF a été reçue au ministère de la Santé. Les deux parties ont échangé leurs points de vue sur deux points importants : le premier a concerné la présentation par le ministère du nouveau programme du suivi de la femme enceinte « afin qu’il soit enrichi ». Il y est notamment question de quatre catégories de femmes enceintes qu’il s’agira d’orienter selon leur état de santé peu avant l’accouchement « dans le but d’alléger les CHU ». Le secteur privé, a indiqué Mme Chetti, y sera également impliqué par le signalement des femmes enceintes dès les premiers mois de grossesses afin d’aboutir à une meilleure planification de l’accueil pour l’accouchement. Le deuxième point a porté selon la présidente du SNSF sur les «défaillances » du statut de la sage-femme et « l’impossibilité d’appliquer sur le terrain » certaines de ses dispositions. Ce statut (qu’on peut consulter dans le Journal officiel du 20 mars 2011) a créé « un fossé entre les sages-femmes des différents grades », a affirmé Mme Chetti. Il est à l’origine d’un « conflit de générations et de responsabilités » entre les nouvelles et les anciennes sages-femmes, a-t-elle souligné.

 

Un statut et des défaillances à combler
Pour Mme Chetti, ce confit de prérogatives « se répercute négativement » sur le « partage des tâches » et la «prise en charge des femmes enceintes». Son syndicat, a-t-elle fait remarquer, propose au ministère « l’installation d’une commission mixte de réflexion » pour le régler et pour que les femmes, « en cas de difficultés ou de poursuites en justice » soient accompagnées par le ministère « en tant que tutelle ».
« La maternité ce n’est pas que la sage-femme, c’est un plateau technique et une équipe » qui font souvent défaut dans certaines structures », a-t-elle dénoncé.
La présidente du SNSF a indiqué qu’un « autre point important » a été soumis à la discussion et qu’il concerne la « formation de base des sages-femmes ». Le syndicat, a-t-elle déclaré, sollicite le ministère de la Santé afin qu’il se penche sur le fonctionnement des instituts supérieurs de formation pour sages-femmes et paramédicaux « qui ne respectent pas le cahier des charges ». Il déplore que des sages-femmes continuent encore d’être formées par ces instituts paramédicaux avec « préjudice sur la qualité de la formation ». Le syndicat, a poursuivi Mme Chetti, propose également « la création d’un institut supérieur de formation des sages-femmes au sud du pays » pour répondre aux besoins sans recours à des professionnelles qui viendraient du Nord.
Il revendique la « définition précise du champ de compétence des sages-femmes » qui demeure « encore flou» et en attente de précision de la «nomenclature des actes et des prescriptions médicamenteuses ». Enfin, la présidente du SNSF a indiqué qu’il a été question d’une demande de «restauration » du conseil de l’ordre des sages-femmes dont l’existence remonte à 1963. La relance de ce conseil «mis sous veilleuse aujourd’hui » réglera selon Mme Chetti les « questions de déontologie ».

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