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dimanche, 04 février 2018 06:00

Grève du Cnapeste et malaise à l’Education nationale : L’appel de Nouria Benghebrit à un «sursaut de conscience» et à «une mobilisation positive»

Écrit par Sarah A. et CHAFIK AÏT M’BAREK
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Le Cnapeste entame aujourd’hui son sixième jour de grève « illimitée » qu’il observe depuis le 30 janvier dernier.

Alors que les dirigeants de ce syndicat des enseignants adoptent depuis le début de leur mouvement de colère une posture radicale vis-à-vis de la tutelle et de la ministre de l’Education nationale, Nouria Benghebrit, les autres partenaires sociaux du secteur s’en sont clairement démarqués et ont appelé à la reprise du dialogue entre les deux parties en conflit.

 

Et si leur appel à la « préservation des intérêts des élèves » n’a pas semblé avoir été entendu durant le week-end passé par un Cnapeste résolu à aller jusqu’au bout de sa logique d’affrontement, une attitude qui peut avoir un impact sur le degré de mobilisation de ses troupes, la responsable du secteur, elle, n’a pas chômé et montre une détermination à apaiser le climat social très tendu chez les « profs » et chez les salariés de l’éducation nationale. Venue à Tizi Ouzou, pour une visite de deux jours entamée depuis hier samedi, la ministre a réuni les cadres locaux de son secteur et évoqué la situation perturbée que traverse actuellement le secteur de l’éducation.
« La suspension quasi régulière des cours nous met hors normes sur le plan international en termes de nombre de semaines d’enseignement et prive les élèves de compétences nécessaires à la poursuite de leur cursus scolaire », a déclaré Mme Benghebrit avec regret.
Elle a déploré le fait que cette situation devienne un facteur favorisant le creusement des inégalités en termes d’apprentissage scolaire et sape le principe d’égalité qui caractérise le système éducatif algérien. Afin d’apaiser les tensions, elle a appelé à « un sursaut de conscience et à une mobilisation positive » de tous les partenaires de l’Ecole algérienne pour éviter les perturbations nuisibles au rendement normatif de notre école. Ces mots conciliants, la ministre devait les rappeler devant les partenaires sociaux durant la réunion prévue tard dans la soirée d’hier dans la ville des Genêts où elle doit poursuivre sa visite, aujourd’hui, des infrastructures du secteur en cours de réalisation.


Une commission d’inspecteurs dépêchée à Béjaïa
Jeudi dernier, une délégation de l’Assemblée populaire de la wilaya (APW) de Béjaïa a été reçue à Alger par la ministre afin de discuter avec les élus de la situation créée dans la région par le mouvement de grève du Cnapeste. Composée de son président, Mehenni Haddadou, des élus Azeddine Aissaoui et Youcef Boukoucha, ainsi que du président du groupe parlementaire du FFS, Chafaâ Bouaiche, cette délégation a eu à faire part à la ministre des inquiétudes des autorités locales et de la population de Béjaïa, quant à l’avenir des enfants scolarisés. Les hôtes de Mme Benghebrit ont insisté sur l’urgence de trouver une issue à cette crise qui paralyse le secteur de l’éducation à Béjaïa, au point de faire planer le spectre d’une année blanche.
Dans un communiqué rendu public à l’issue de leur entrevue avec la ministre de l’Education nationale, les membres de la délégation de Béjaïa affirment avoir plaidé pour l’ouverture d’un dialogue responsable, en vue de dénouer ce conflit qui n’a que trop duré. Selon les termes du même document, publié sur la page officielle Facebook de l’APW de Béjaïa, Mme Benghebrit a exprimé, pour sa part, «sa disponibilité, dans le cadre du dialogue, à recevoir une délégation du bureau du Cnapeste de Béjaïa dans les meilleurs délais, pour une issue à la crise».
Rappelons que les membres du conseil de wilaya du Cnapeste à Béjaïa ont décidé d’observer une grève illimitée depuis le 30 janvier dernier, exigeant de leur tutelle la prise en charge effective des revendications des enseignants. Parmi les doléances des enseignants protestataires, on citera «l’assainissement des situations administratives et financières en souffrance depuis plusieurs années», « la régularisation des enseignants contractuels et le renforcement des établissements scolaires par des moyens pédagogiques nécessaires».
En réponse aux sollicitations des élus de Béjaïa, Mme Benghabrit a promis à ses interlocuteurs qu’une commission d’inspecteurs relevant de son département ministériel sera dépêchée incessamment dans la wilaya de Béjaïa, à l’effet de prendre en charge l’ensemble des problèmes qui rongent le secteur de l’éducation dans la région. À en croire les membres de la délégation ayant rencontré Mme Benghabrit, cette commission ministérielle, qui sera à pied d’œuvre dès cette semaine, aura à «traiter tous les cas relatifs à la pédagogie». Outre l’ouverture d’un dialogue entre les trois protagonistes, à savoir le Cnapeste, l’académie et les parents d’élèves de Béjaïa, les élus de Béjaïa ont introduit auprès de la ministre une demande d’enveloppe financière pour la prise en charge des opérations de réhabilitation et d’aménagement des établissements scolaires tous cycles confondus, ainsi que la réalisation d’un institut de formation pour les enseignants et les cadres de l’éducation.
Pour cette délégation d’élus, la concrétisation de ce projet est très plausible d’autant plus qu’une infrastructure existe déjà. Il s’agit, en fait, de l’ancien institut de technologie de l’éducation (ITE).


Les appréhensions des parents d’élèves
Les deux organisations représentant les parents d’élèves à Béjaïa, n’ont pu rester indifférentes face à ce mouvement de grève illimitée du Cnapeste.
Si la Fédération des associations des parents d’élèves (FAPE) de la wilaya de Béjaïa a tenu à investir la rue pour dénoncer «la prise en otage» des enfants scolarisés, l’Union des parents d’élèves (UPE) de Béjaïa a préféré saisir solennellement la ministre de l’Education nationale.
Dans sa missive, l’UPE de Béjaïa interpelle Mme Benghabrit, en sa qualité de première responsable du secteur de l’éducation nationale, afin de «se pencher de façon plus efficiente sur le conflit opposant la DE de Béjaïa au Cnapeste».
«C’est un cri d’indignation et de colère que nous, acteurs de la société civile, vous transmettons. Car le bras de fer qui oppose le corps enseignant à la DE de Béjaïa, aboutira inexorablement à la déclaration d’une année scolaire blanche. Les seuls perdants de cet enlisement seront nos enfants et seulement nos enfants ! », déplorent les rédacteurs de la lettre adressée à Mme Benghabrit. 

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