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mardi, 06 février 2018 00:22

Benmeradi estime que le dinar subventionne les importations : Franc plaidoyer pour la dévaluation

Écrit par Hakim Ould Mohamed
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Les tentations de dévaluation du dinar ne se démentent pas. Décidément, le gouvernement fait part plus clairement de son vœu de voir la valeur du dinar s’éroder davantage. Dans une interview accordée à l’agence APS, le ministre du Commerce, Mohamed Benmeradi, est revenu à nouveau sur le dinar qu’il qualifie de « surévalué » en ces temps de tensions budgétaires.

Interrogé sur la difficulté d’endiguer les importations en dépit des différentes mesures prises durant ces toutes dernières années, Mohamed Benmeradi explique qu’elles sont nombreuses dont, en premier, le système de subventions indirectes et involontaires des importations. Sur cette question précise, il était attendu que le ministre reparle du taux de change, un sujet qui lui tient à cœur. En effet, le ministre explique qu’avec un taux de change tel qu’il est pratiqué actuellement, « l’Etat est en train de subventionner les importations dans le sens où les importateurs obtiennent, auprès des banques, des devises contre des dinars à un prix qui n’est pas réel, c’est-à-dire ne reflétant pas la réelle parité entre le dinar et la devise. En plus, les produits importés sont très souvent subventionnés dans leur pays d’origine. Donc, il est préférable pour les opérateurs nationaux d’aller les acheter à l’étranger que de les produire localement ». Depuis quelque temps, le ministre ne manque plus aucune occasion pour parler d’un dinar qui, d’après lui, serait surévalué et ne fait, de ce fait, que subventionner et encourager les importations. Ce n’est pas la première fois que le ministre du Commerce tente une explication monétaire à une facture d’importation dont la valeur peine à amorcer la grande décrue.
Il y a quelques jours, Mohamed Benmeradi a laissé entendre qu’il était peu judicieux de continuer à lutter contre la hausse effrénée de la facture des importations avec un dinar surcoté. Le ministre a estimé que « le dinar est probablement surcoté sur la place officielle et son véritable niveau est probablement plus proche de celui du marché parallèle ». Les propos du ministre traduisent bon gré mal gré cette volonté du gouvernement de pousser un peu plus loin ses tentations de dévaluation à même de renchérir davantage les importations.
Le ministre ne fait que reprendre à son compte un vœu cher aux économistes qui, depuis le début de la crise, n’ont cessé de plaider pour la dévaluation du dinar, y voyant un outil monétaire susceptible d’amortir les effets du choc externe sur l’économie. Depuis 2015, des économistes estimaient que la surévaluation du dinar était nuisible à l’économie du pays puisqu’elle subventionne les importations au détriment de la production nationale et de fait diminue les recettes en dinar de la fiscalité pétrolière. Ce point de vue est resté durant trois années au stade d’une analyse d’experts, avant que le gouvernement, par la voix de son ministre du Commerce, ne l’adopte officiellement. Mohamed Benmeradi va encore plus loin en plaidant indirectement pour qu’il y ait de nouvelles dévaluations.
En tout cas, sur le marché interbancaire des changes, la Banque d’Algérie traduit à la virgule près les desiderata du gouvernement. Cette semaine, sur le marché officiel des changes, le dinar a, une nouvelle fois, dévissé, notamment face à la monnaie unique. La valeur du dollar est fixée à 111,51 dinars à l’achat et à 118,32 dinars à la vente.
La valeur de l’euro est de 139,44 dinars à l’achat et de 147,97 dinars à la vente. Il faut rappeler que durant la semaine dernière (du 28 janvier au 3 février 2018), la valeur du billet vert était fixée à 111,61 dinars à l’achat et à 118,42 dinars à la vente alors que la valeur de la monnaie unique était de 139,27 dinars à l`achat et de 147,79 dinars à la vente. 

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