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dimanche, 11 février 2018 06:00

Après plus de 40 ans d’activité politique : Saïd Sadi, une histoire qui prend fin

Écrit par Aghilas Sadi
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L’ex-président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), Saïd Sadi a annoncé, vendredi, à l’occasion du cinquième congrès de son parti son retrait définitif de toutes les structures de la formation politique dont il est le principal architecte.

Avec cette annonce, qui a surpris les congressistes, Saïd Sadi met fin à plus de 40 ans d’activités partisanes entamées dans la clandestinité en 1978 sein du Front des forces socialistes (FFS). Médecin spécialiste de formation, Saïd Sadi était chargé de structurer le FFS dans la discrétion. Il était le lien entre le fondateur du FFS, le défunt Hocine Ait Ahmed, et la base militante du parti, notamment dans la région du Kabylie. En plus de son combat pour la démocratie, Sadi était très actif dans la lutte pour la reconnaissance de la langue et la culture amazighes que menaient les gens de sa génération à partir de 1976. Auteur d’un roman en tamazight, il a contribué activement au lancement de la première revue en tamazight. Son engagement pour le combat identitaire lui a coûté une comparution devant le Cour de sûreté de l’Etat avec 23 autres militants politiques. Ils ont été accusés d’être les investigateurs des événements du printemps berbère d’avril 1980.
Libéré après quelques semaines d’incarcération, Saïd Sadi reprend l’activité à Tizi Ouzou et Alger, dans le cadre du Mouvement culturel berbère (MCB), qui a vu le jour dans le sillage du printemps berbère d’avril 80. En 1982, il décida avec d’autres militants de quitter le FFS et de se consacrer pleinement au combat identitaire. En 1985, il fonda avec Ali Yahia Abdenour, Hocine Zehouane, Ali Faouzi Rebaine, Mokrane Ait Larbi et d’autres la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH). Une initiative mal vue par le pouvoir, qui n’a pas tardé à déférer la plupart des membres fondateurs de cette organisation devant le Cour de la sûreté de l’Etat. Libéré 18 mois après, Saïd Sadi pensait déjà à la création d’un parti politique.

 

Création du RCD en février 1989
Bien que la Constitution de 23 février 1989 consacrant le multipartisme n’ait pas encore vu le jour, Saïd Sadi, en compagnie d’autres militants du mouvement berbère, dont Mokrane Ait Larbi, Ferhat Meheni, Nourredine Ait Hamouda, organisa le 9 février 1989 le congrès constitutif du Rassemblement pour la culture et la démocratie. Une démarche qui a semé des doutes sur sa constitutionalité. Élu président du parti, le fils d’Aghribs décide de participer aux premières élections locales plurielles du pays, tenues en juin 1990 en plaidant pour un Etat laïc et démocratique. Des slogans qui n’ont pas été du goût des partis islamistes, notamment le Front islamique du salut (FIS). Les tensions entre les deux formations politiques se sont poursuivies même durant la décennie noire. Sorti perdant des législatives de décembre 1991, le président du RCD joint sa voix à celles qui demandaient à l’institution militaire d’intervenir pour arrêter le processus électoral. Depuis cette position, Saïd Sadi est classé dans le camp des éradicateurs.

 

Deux participations aux présidentielles
Saïd Sadi s’est présenté à deux reprises aux élections présidentielles, en novembre 1995 et en avril 2004. Il est arrivé respectivement à la 3e position, avec 900 000 voix, et à la 4e place avec moins de 200 000 voix. Après avoir boycotté les législatives de 2002, Saïd Sadi s’engage dans les législatives de 2007 et se fait élire député dans la circonscription électorale d’Alger. Durant tout son mandat Saïd Sadi s’est rendu une seule fois à l’APN pour voter non contre l’amendement partiel de la Constitution en novembre 2008.

 

Le printemps arabe et le début du déclin
Le printemps arabe était le début de la fin politique de Saïd Sadi. Croyant que cette vague de changements politiques allait renverser le régime, le parti du RCD s’est engagé pleinement dans la Coordination nationale pour le changement démocratique (CNCD), qui visait à mobiliser la rue en vue de faire partir le régime. Après plusieurs tentatives de marcher dans les rues de la capitale, le CNCD éclata de l’intérieur, ce qui marquera le début de la fin de la carrière politique de cet homme, qui a trop misé sur le printemps arabe pour rester sur le devant de la scène.
Une année après cet échec, Saïd Sadi décide, à l’occasion du 4e congrès de son parti, de céder sa place de président à Mohcine Belabbas. Voulant se consacrer au développement durable, l’ex-président du RCD se heurte au refus du ministère de l’Intérieur d’agréer la fondation Afud qu’il avait créée.

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