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lundi, 12 février 2018 06:00

Amortissement de la facture du carburant : Le difficile pari du gouvernement

Écrit par Halim Midouni
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L’une des critiques que l’Exécutif reçoit régulièrement et sévèrement consiste à lui reprocher de naviguer à vue et de ne pas anticiper les difficultés.

Que ce soit lors du temps des deux gouvernements Sellal 1 et 2 ou de celui, actuel, d’Ahmed Ouyahia, nombreux sont les observateurs économiques et du monde du travail qui estiment, non sans raison parfois, que les équipes dirigeant les affaires du pays manquent cruellement du sens de la prévision et de la planification.

La chute des cours du brut et ses conséquences sur la santé économique et financière leur donne en partie raison, et cette situation décrite tout récemment par le ministre du Commerce Mohamed Benmeradi comme quoi « le feu est à la maison » n’est pas pour contredire le constat à nouveau affirmé hier par l’économiste Abderrahmane Mebtoul à propos des subventions. Cet expert (lire entretien) craint que la nouvelle politique des subventions annoncée ne se pratique « dans la précipitation » et sous la « dictée de la crise ». A cette lecture, peut-être faudrait-il apporter une nuance en ce qui concerne les indications qui se multiplient en ce qui concerne la consommation du carburant. Sur ce dossier, et théoriquement du moins (car la pratique est une affaire d’ingénierie souvent absente), il semble bien que le gouvernement dispose d’une stratégie dont la réussite, disons-le, dépend des moyens de l’appliquer sur le terrain. Un pari bien difficile.
De quoi s’agit-il ? En ce qui concerne la réduction du coût de consommation du carburant, jugé insoutenable à terme, on a assisté à deux discours et deux logiques dont la convergence peut s’avérer payante. Le premier discours lancé il y a quelques semaines par le ministre de l’Energie est d’aller rapidement vers la généralisation du carburant GPL « moins coûteux et moins polluant », a dit Mustapha Guitouni. Ce dernier, rappelons-le, avait donné le 15 janvier dernier un délai d’une quinzaine de jours aux responsables de l’entreprise Naftal pour mettre au point un plan national détaillé pour l’élargissement du parc automobile roulant au gaz de pétrole liquéfié GPL. A l’heure où nous écrivons ces lignes, ce plan devrait être déjà prêt depuis plusieurs jours déjà, mais l’essentiel est que Naftal, qui fait appel à des sous-traitants pas toujours performants faut-il le mentionner aussi, parvienne aux objectifs fixés par le ministre dans des délais raisonnables. Actuellement, 40 centres sont opérationnels à travers le pays, dont 5 nouveaux seront ouverts avant la fin de ce mois de janvier et 12 en projet au titre des années 2018 et 2019, selon les responsables de l’entreprise nationale Naftal, mais ce n’est pas suffisant pour obtenir une consommation industrielle de ce carburant.


De la sensibilisation à la dissuasion…
Le deuxième discours est porté depuis peu de temps par l’agence APRUE l’agence chargée de la promotion et de la rationalisation de l’utilisation de l’énergie. Pour inciter les usagers de la route à s’équiper de kits GPL, l’APRUE a annoncé dans une conférence de presse le 6 février dernier une prime à la conversation. Son premier responsable, Mohamed Salah Bouzeriba, a précisé que l’Etat compte subventionner 100 000 véhicules en prenant à sa charge 50% du prix d’installation, ce qui permettrait de ramener le délai de récupération de l’investissement en kits de conversion à 7 mois avec un kilométrage annuel moyen de 25 000 km/an. Au bout, un gain tous azimuts ! En effet, selon l’agence, rouler 15 000 km en GPL coûtera 12 254 dinars lorsqu’en gasoil/super, le même kilométrage revient à 53 076 dinars. Sur 15 000 km, l’économie est, donc, de 28 568 dinars et pour 30 000 km, elle est de 53 076 de dinars. A comparer entre le carburant GPL et le carburant conventionnel, il n’y a donc pas photo comme on dit !
Tout le problème est de convaincre des Algériens qui, hormis les «taxieurs » et les professionnels de la route, n’aiment pas le GPL à se convertir à cette forme de carburant. L’affaire n’est pas aisée parce que la plupart d’entre eux pensent à tort ou à raison que le GPL « alourdit le véhicule », l’« use vite » et « fait baisser sa valeur au marché ». Ces propos entendus au souk de véhicules hebdomadaire de Tidjelabine à l’est d’Alger sont pris plus au sérieux que le code de la route. Ils signalent une tendance que la déclaration du ministre des Finances Abderrahmane Raouya à Dubaï en marge du 3e Arab Fiscal Forum peut inverser, car il a parlé d’un relèvement des prix à partir de 2019 afin d’amortir des coûts que l’Etat n’est plus en mesure de supporter. On passerait alors de la promotion et à la sensibilisation au carburant « vert » et « bon marché » à la dissuasion par des prix à la pompe revus à la hausse et selon le marché réel des carburants. On passerait de l’invitation à la sobriété dans la consommation, notamment par le recours au GPL, à la menace indirecte de toucher au portefeuille de l’automobiliste insouciant. Et qui ne sait pas que le soutien des prix des carburants, au-delà, de l’électricité et du gaz, coûte à l’Etat annuellement environ 15 milliards de dollars, soit environ 9% du PIB. 

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