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mardi, 13 février 2018 06:00

Santé / Conflit : Les médecins résidents investissent la Grande-Poste et l’APN

Écrit par Samira Dekkiche et Aziz Latrèche
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Les médecins résidents, qui avaient promis la veille une démonstration d’envergure, ont véritablement réussi, hier, à joindre l’acte à la parole et sont allés jusqu’à déconcerter les forces de l’ordre, visiblement « leurrés » ! Et pour cause.

Attendus dans l’enceinte même de l’hôpital Mustapah-Pacha, devenu depuis plus de trois mois qu’ils protestent dans leur bastion revendicatif, les médecins résidents ont réussi à porter leur cause dans la rue.

La première fois qu’ils s’étaient essayés à battre le pavé, le 3 janvier dernier, ils avaient dénombré dans leurs rangs 20 blessés, incapables de franchir le seuil de l’hôpital, emmurés par les forces de l’ordre. Hier, ils ont obtenu leur « revanche » en parvenant à marcher dans les rues de la capitale, pacifiquement, sous bonne garde de la police, qui a veillé à l’ordre.


La Grande-Poste noire de monde
Vers 11H, les médecins résidents ont d’abord noirci le perron de la Grande-Poste en débordant jusqu’au niveau de l’agence postale attenante. Ils étaient quelques centaines formant une foule dense, contenue en arc par les forces de l’ordre. Les manifestants s’époumonaient dans les slogans habituels, en forçant sur « Y en a marre ! Y en a marre ! » Le cordon sécuritaire s’étendait jusqu’au niveau du marché floral. Aucun dépassement ni débordement ni aucune tension perceptible. Les forces de l’ordre veillaient au grain, stoïques et les passants se faufilaient parmi les policiers pour gagner soit le métro, dont un seul accès, du côté du lycée Barberousse, était laissé ouvert, alors que la bouche du côté Grande-Poste était fermée. Pourtant, à partir de 11H30, la rampe Ben Boulaïd s’agite. Des médecins résidents ont surpris leur monde en s’appropriant la rue. Ils ont couru en direction de l’Assemblée nationale, où ils entendaient tenir un sit-in. Selon les témoignages recueillis auprès de plusieurs médecins qui participaient à la manifestation, le collectif des médecins résidents s’en était remis à l’improvisation. Aucun plan de départ en particulier. D’ailleurs, plusieurs grévistes se sont juste mêlés à la masse et ont suivi le mouvement, ignorant la direction à prendre. Bientôt midi, et les protestataires n’étaient pas encore sûrs de leur destination. L’un deux nous affirme ignorer la destination finale de cette marche pacifique alors qu’un autre, perplexe, nous confie : « Nous avons marché depuis la Grande-Poste et certains de nos confrères s’y trouvent toujours. » Mais entre 200 et 300 médecins, hommes et femmes, seuls et sans aucun cordon de sécurité, ont hâté le pas vers l’Assemblée, longeant la rampe Ben Boulaïd, de peur d’être rejoints par les forces de sécurité et arrêtés dans leur élan. Finalement, ils ont buté sur un dispositif sécuritaire au niveau de l’entrée de la rue Abane-Ramdane, au niveau du café la Rotonde, au moment où la circulation automobile était totalement à l’arrêt rue Asselah-Hocine. Là non plus, rien à signaler. Pas de brutalité ni de tension. Les forces de l’ordre semblaient même « tolérer » le mouvement de foule des médecins résidents, vu que certains ont réussi à arriver face à l’Assemblée nationale, où se déroulait une séance de débat en plénière. Là, les slogans ont repris :
« Ya wazir, Ma ranache khaifine » (ministre, nous n’avons pas peur) !


Direction l’APN…
Les résidents ont répondu massivement à l’appel du Collectif autonome des médecins résidents. Leur mouvement protestataire, qu’on disait s’essouffler et pourrissant, a repris de la vigueur ! Vers 16H, le président de l’APN, M. Bouhadja, quitte son perchoir pour rencontrer une délégation du Camra. Une vingtaine de minutes plus tard, fin de la rencontre. Les médecins résidents obtiennent de M. Bouhadja la promesse qu’il sera un intermédiaire entre eux et la tutelle. Il leur a demandé un rapport complet sur leurs préoccupations et revendications et le travail effectué avec le comité intersectoriel. Ils arrachent également un rendez-vous. Il leur a promis de les recevoir à nouveau jeudi prochain. Jusqu’à hier, les médecins grévistes dénonçaient l’interruption des négociations par la tutelle qui a exigé le gel de la grève illimitée. « Du chantage », disent-ils. Une condition que les résidents ont rejetée. Et ce, après plusieurs rounds de négociations que le Camra a fini par considérer comme « stériles ». Ils disent aussi refuser les « miettes » que leur a accordées la tutelle. Avec le refus de l’abrogation du caractère obligatoire du service civil, toutes spécialités confondues, pas de mutation possible, pas de remise de zones, pas de prime de location ni de prime d’installation de 20 000 DA pour 4 wilayas du Grand-Sud seulement. Sur 67 spécialités concernées par le service civil, la commission a proposé d’en retirer 18. Donc, ceux concernés par cette spécialité se retrouveront au chômage à la fin de leur cursus.
« C’est non », soutient le Camra. D’autres propositions émises par la tutelle existaient déjà en tant que droit, selon le Camra. Il cite le billet d’avion une fois par an offert par l’établissement hospitalier d’exercice. L’essentiel, ils ne le l’ont pas obtenu : service civil et service militaire maintenus alors qu’ils demandent leur retrait. Pour couronner le tout, le collectif des résidents dénonce « les mesures injustes et illégales des ponctions sur salaire par certains établissements ». 

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