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mercredi, 14 février 2018 06:00

Politique de change : Un grand écart entre le discours et la réalité

Écrit par Farid Messaoud
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Le dinar ne se fait pas rare, c’est plutôt sa valeur qui s’est beaucoup dépréciée. La monnaie nationale a été en fait dévaluée, non pas officiellement, mais par le biais de mécanismes qui ne sont pas connus par l’opinion publique. Cela permet au pays d’avoir une « inflation » de dinars dans son escarcelle.

Seulement, l’artifice fait que la masse monétaire augmente. Et son évolution est telle qu’elle provoque des soucis pour la Banque centrale dont le gouverneur semble imperturbable. Et, il l’a démontré lors de la présentation, devant l’APN, du rapport annuel sur la politique monétaire et financière pour 2016 et les perspectives pour 2017. Mohamed Loukal a défendu, et il est dans son rôle, la politique de change, évoquant une « stabilisation relative » du cours du dinar durant les 9 premiers mois de l’année 2017 par rapport à la même période de l’année 2016. Le dinar s’est déprécié seulement de 0,53% face au dollar et de 0,23% face à l’euro. En cours de fin de période, le dinar s’est déprécié de 4,74% par rapport au dollar et de 7,69% par rapport à l’euro. A cause de la pression de l’envolée de l’euro par rapport au dollar, la monnaie nationale a terminé l’année 2017 avec une baisse de 15,36% de sa valeur par rapport à la monnaie européenne. On voit bien que le gouverneur de la Banque d’Algérie a mis en avant des facteurs exogènes pour justifier le fait que la monnaie nationale ait perdu de sa valeur. C’est sur la base de la confiance, et le gouverneur le sait, que se forge la valeur d’une monnaie et que se forge aussi la solidité d’une économie. Loukal n’explique pas non plus cette corrélation entre un dinar en chute libre et une masse monétaire qui prend de l’épaisseur, même si cette corrélation ne doit pas être considérée comme le seul indicateur guidant l’action du gouvernement en matière de politique de change. Il a néanmoins rappelé qu’en 2017, la masse monétaire est restée quasi-stable, que les baisses du taux de change du dinar constatées depuis juillet 2017 ont eu un impact marginal sur l’inflation puisque les importations ne représentent que 25% dans le calcul de son taux alors que l’inflation dans les pays partenaires a été beaucoup plus faible qu’en Algérie. Et là, on parle de masse monétaire régulée qui se trouve dans les banques, fruits de dépôts, entre autres, celle de l’informel en étant exclue. Pour la première fois depuis fin 2014, la part de la monnaie fiduciaire dans la masse monétaire (M2) n’augmente pas et diminue même très légèrement, passant de 32,55 % de M2 à 32,36 % (-0,6 %). Pour mémoire, cette part est passée, en l’espace de deux années, de 26,73 % de M2 à fin 2014 à 32,55 % à fin 2016. De même, par secteur juridique, hors secteur des hydrocarbures dont les dépôts ont chuté de près de 10 %, la hausse des dépôts totaux dans les banques a concerné autant les dépôts du secteur économique public hors hydrocarbures (8,28 %) que les dépôts du secteur privé et ménages (3,66 %). En termes de structure, les parts du secteur économique public et du secteur privé et ménages dans les dépôts à vue dans les banques (3 952,5 milliards de dinars) sont quasiment égales (43,8 % et 43,6 %). Par contre, pour les dépôts à terme dans les banques (4 578,0 milliards de dinars), la part du secteur privé et ménages représente quasiment le triple de celle du secteur économique public (3 338,4 milliards contre 1 145,9 milliards de dinars). Ainsi, l’argent est là. Mais, il est devenu sans valeur… 

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